THÉORIE DE FISHER ET RACE
FIisHER examinant les diverses réactions produites par les quatre antisérums Rh’, Rh”, Rh°, Hr”, remarqua que lorsqu'un sang n’est pas agglutiné par le sérum anti Rh’, il est nécessairement agglutiné par le sérum anti Hr’. Cela caractérise des gènes allèles. Certains sangs cependant peu-
(23) Rev. d'Hématol., 1946, n° 1, p. 16. Nature, 1945, 5 : DS AS Anticorps Rh et Hfr.
; (24) RACE et TAYLOR : Découverte d'un sérum qui permet de reconnaître le génctype de certaines personnes Rh positif : Nature, 1943, 11 sept., p. 500,
vent posséder en même temps les deux facteurs. Il s’agit alors de sujets héterozygotes.
Appelant sérum anti C le sérum anti Rh’ de WIENER, il donna le nom de anti e au nouveau sérum anti Hr qu’il avait découvert.
Le sérum anti C avait done un homologue exactement opposable, le sérum anti €.
FISHER émit en outre l'hypothèse, qu'aux :
Antisérums anti Rh° — anti D.
Antisérums anti Rh” — anti E, devraient corres- pondre deux nouveaux antisérums anti Hr° — anti d. - anti Rh7— anti e, eux aussi homologues et de réactions opposées.
Antisérums anti Rh” — anti e, eux aussi homologues
et de réactions opposées.
Ces constatations permirent à FISHER d’élaborer une nouvelle théorie génétique différente de celle de WIENER connue sous le nom de théorie de FISHER et RACE.
Les bases théoriques de cet important travail sont exposées dans un article de RACE, MOURANT et Mac Fak- LANE (Revue d’hématologie, n° 1, page 16). Nous allons essayer de le résumer.
Pour FISCHER un sang est déterminé par ses réactions aux six antisérums (découverts ou supposés) :
antrhhe "ant CG ant” Hr”,=-anti e anti Rh° —=-anti D anti Hr° — anti d ant2Rh”="antr E anti Hr:— anti ©
Chacune de ces réactions est déterminée par trois facteurs géniques occupant trois loci très voisins sur un même chromosome et tels que :
Le premier locus portera obligatoirement C ou € ;
Le second locus portera obligatoirement D ou d ;
Le troisième locus portéra obligatoirement E ou e. / :
Il y a donc opposition réciproque entre C et e, D et d, #E ete, l'absence de C par exemple déterminant obligatoirement l’apparition de petit c.
Nous sommes donc en présence de trois séries allélique et plusieurs combinaisons sont alors possibles. Ces combinaisons sont au nombre de huit :
cde, Cde, CdE, cDe EDE, CDée' DE :CdE
el correspondant à huit types de chromosomes qui déterminent les réactions suivantes :
Antiséums Nom des complexes géniques CDE-CDe Cde -cDe cDE cd ICdE cde
Anti C + -
Anti D + + | !
Anti E : - +
Anti c TE Ai
Anti d | | |
Anti € - L + | - L
Ainsi à la théorie de WIENER, théorie des huit gènes allélomorphes multiples portés sur un seul locus chromosomique, FISHER substitue la notion de trois séries alléHques portées par trois locus extrêmement voisins, le voisinage de ces loci étant démontré par le fait que chacune des combinaisons d’agglutinogènes était héritée intacte sans aucun remaniement.
CHROMOSOME RHÉSUS
Pour WIENER Pour FISHER + — ei D ou d RAOU RMOURMOUNRZ etc Be C ou € E ou e 1 seul locus : 8 allélomorphes 3 loci, 3 paires
d'allélomorphes
Toutefois partant de points de vue entièrement différents au point de vue génétique, ces deux théories aboutissent aux mêmes résultats : 6 anti sérums déterminant huit types de sangs, tels que :
Re Cde RÉ CDE R° — cDe RC DE Ra cie RAR CDE He Cde RICE
Mais le sang de tout individu est formé par l’union de deux chromosomes ; constituant son gémotype, l’un palernel, l’autre maternel.
On peut ainsi former trente-six génotypes.
Les théories de WIiENER et de FISHER bien que différentes, produisent exactement les mêmes phénotypes.
Notons que la théorié de FISHER reposait, lorsqu'elle fut énoncée par Son auteur sur une hypothèse.
Cette hypothèse prévoyait la découverte de deux antisérums nouveaux : anti det anti e.
Elle fut brillamment confirmée par la découverte de MouranT, en 1945 (25), qui individualisa anti e et de DrAMONT qui, à son tour, mit en évidence l’anticorps anti d. Ces antisérums une fois isolés donnèrent entièrement les réactions prévues par FISHER.
Il est en outre certain que la nomenclature de FISHER est encore rendue plus séduisante par sa valeur didactique qui renseigne immédiatement sur la composition génique et antigénique des différentes combinaisons. De plus des points de vue sérologiques et génétiques la théorie de FISCHER est infiniment plus vraisemblable que celle de WIENER.
Cette notion de clarté a toute sa valeur dans une étude aussi complexe que celle du système Rhésus, complexité qui allait encore être augmentée par la découverte des nouveaux antigènes Cw, Du, Cu et cv.
LE FACTEUR ANTIGÉNIQUE Cw
En septembre 1944, les analyses de RACE, MOURANT et CALLENDER (26) décélèrent dans le sérum d’un malade ayant fait un ghoc transfusionnel un anticorps inattendu.
Ce malade avait été transfusé avec le sang du donneur Wizuis, pourtant du même groupe.
Ils découvrirent que l’antigène correspondant à ce nouvel anticorps perturbateur avait quelques rapports avec Pantigène C, ce facteur fut appelé Cw en raison du nom du donneur Wiczis. Il était absent de tous les sangs dépourvus de lantigène C. II faut done ajouter un troisième allèle au locus C, ce, du chromosome de FISHER, ce locus pouvant porter indifféremment C ou Cw, leur ‘absence déterminant obligatoirement la présence de c.
Pour être complet nous signalerons, sans nous y arrêter, les derniers nés parmi les antigènes Rhésus : les fac-
(25) Un nouvel anticorps Rhésus. Nature, 5 mai 1945, p. 542. (26) Ann. Eugémes, 1946, 13: 102.