Puech. Thèse de Montpellier
EtTD
exemples qui démontrent l'influence de l'hérédité dans les malformations sontassez nombreux (1). Certains même sont de notion vulgaire. Nous n’insisterons pas Sur eux.
On! doit aussi faire intervenir la disproportion d’âge entre les deux conjoints, la primiparité tardive. Une statistique de Devay nous dit que sur 121 unions consanguines, 31 ont donné lieu à des anomalies. Nous mentionnerons aussi l'influence fâcheuse des grossesses répétées, se succédant à des intervalles trop rapprochés et signalerons enfin le rôle de l’imagination chez les femmes enceintes. Ce rôle est loin d’être insignifiant : il se trouve au contraire bien confirmé par quelques faits où les impressions maternelles ont nettement joué un rôle pathologique.
L’explication embryologique de ces malformations est des plus difliciles. On peut bien invoquer des troubles survenus dans la coalescence des bourgeons génitaux, mais il est à remarquer qu’à aucun moment l'intestin ne communique avec les canaux de Müller. Pour certains auteurs, il n’y aurait même pas d’explication embryologique et il ne saurait être question que de troubles profonds dans l’évolution de ces régions, troubles dont on ne pourrait connaître ni les causes, ni le mécanisme.
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1. Périer. « Sur l'hérédité des anomalies ». Bulletin de la Société d'anthropologie, 186x, p. 19.
Puech reconnaît que ces notions embryologiques sont particulièrement obscures. Il en donne cependant une longue explication qu’il nous paraît intéressant de résumer.
De bonne heure dans la vie embryonnaire, la partie inférieure du pédicule de l’allantoïde et l’extrémité inférieure de l'intestin s'ouvrent dans un cul-desac commun :le cloaque. A la partie supérieure de ce cloaque, proémine l’éperon périnéal, saillie mésodermique interposée entre ces deux orifices.
A l'opposé de ce repli mésodermique, on rencontre l’intestin post-anal, une partie du tractus intestinal située en arrière du point où se formera l’anus.
Des replis latéraux s’avancent à la rencontre l’un de l’autre et se soudent sur la ligne médiane, de haut en bas, formant ainsi une membrane qui divise ce cloaque en deux conduits : en avant le sinus urogénital, en arrière le conduit rectal.
Si pour une'cause ou pour une autre, la soudure des replis génitaux s’effectue avant que n’ait lieu l’arrivée du bord inférieur de la cloison urétro-rectale, si de plus, la soudure médiane s'effectue très en arrière ; ne laissant pas d'espace suffisant entre les replis pré et post-anal pour l’anus, ce dernier se trouvera oblitéré, bien que sa dépression puisse exister et qu’il y eût même un sphincter.
La cloison cloacale continue sa descente. Elle rencontre un périnée formé, mais sans ouverture anale. Son bord inférieur, qui doit être le bord antérieur de l’orifice anal, ne peut alors s’unir au repli pré-
anal et c’est à la partie postérieure du sillon clocal qu’il viendra. C’est là que plus tard viendront déboucher les canaux de Muller et ainsi se trouvera constitué l’anus anormal.