CHAPITRE HI
Le glucoside du « Thevetia neriifolia ».
Le glucoside contenu dans le Thevelia nerüfolia à été retiré pour la première fois de l'amande et de l'écorce de la tige en 1863 par DE Vry qui lui donna le nom de thévétine. Nous avons vu que ce glucoside existe également dans la racine.
De Vry employait le procédé suivant :le tourteau obtenu par expression était traité par l’éther pour dissoudre les dernières portions d'huile, nuis lavé avec une petite quantité d’eau froide et la poudre ainsi purifiée était traitée par l'alcool bouillant (1). Par refroidissement, la plus grande partie du glucoside se séparait sous forme d'une poudre cristalline, et la portion restée dans les eaux-mères en était retirée par distillation de l’alcool.
C’est à ce mode opératoire que nous nous sommes adressé tout d’abord pour obtenir de la thévétine, mais nous avons dû reconnaître qu'il présente divers inconvénients. En premier lieu, le lavage préalable du tourteau à l’eau froide est absolument nécessaire ; ils’y trouve en effet d’autres corps solubles dans l'alcool : le corps amer de WaARDEN, le pseudoindican et un tanin dont nous avons parlé plus haut. Sous l'influence de la chaleur, ce dernier se dédouble au cours de l'extraction et enrobe le glucoside dans un coagulum visqueux et noirâtre d’où il est difficile de le retirer. Or, ce traitement préalable par l'eau froide est très lent en raison des matières mucilagineuses que contient le tourteau. En outre,
(1) Sur la thévétine, glucoside nouveau. N. Jahrb, {. Pharm.; Speyer, 1869, 31, p. 1 à 9 et 65 à 73,
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il nous a paru nécessaire, pour éliminer complètement les autres corps solubles dans l'alcool, de le pousser plus à fond que ne l'indique pe Vry, d'où une certaine perte de thévétine, ce corps élant légèrement soluble dans l’eau.
Enfin, si l’on veut extraire la portion de glucoside restée en solution dans les eaux-mères, il est nécessaire, même en prenant auparavant la précaution de laver à fond le tourtcau dans l’eau froide, de distiller l'alcool sous pression réduite pour éviter un dédoublement du glucoside.
Pour obvier à ces inconvénients, nous avons cherché à utiliser d’autres dissolvants : l’éther acétique, anhydre ou hydraté, ne nous a pas donné de résultats satisfaisants : par distillation, même sous pression réduite, il se produit une mise en liberté d'acide acétique et, par suite, une hydrolyse du glucoside.
Par contre, l’acétone anhydre nous a fourni un moyen simple d'extraction ; l'opération se fait à chaud, au Soxurer, le ballon de l'appareil étant placé au B.-M. chauffé vers 60. On la prolonge pendant une ou deux heures, suivant la quantité de tourteau. Par refroidissement, le glucose cristallise dans l’acétone.
Ce procédé, qui emploie un dissolvant neutre, présente de plus l'avantage de permettre l'extraction et au besoin la distillation consécutive à basse température sans emploi du vide, l’acétone bouillant vers 56°. Enfin, il supprime le lavage préalable du tourteau à l'eau froide, car seuls le glucoside et le corps amer de WARDEN sont solubles dans l’acétone.
Le glucosiile ayant été retiré soit par refroidissement du liquide d'extraction, soit par distillation de ce solvant, on le lave avec une pelite quantité d'eau froide pour éliminer le corps amer de WARDEN, et on le fait cristalliser soit dans l'acétone, soit dans l’alcoo! à 95°.
Caractères physiques. — Le produit ainsi obtenu se présente sous la forme d’une poudre blanche d'aspect microcristallin, sans odeur, de saveur très amère.
Lorsqu'on la manipule, elle irrite assez fortement la gorge et: la muqueuse nasale, provoque l’éternuement et cause sur les lèvres une sensation d'engourdissement,