‹ Contribution à l'étude des Apocynacées toxiquesChapitre 28 sur 33 · FA0S · texte numérisé non relu

FA0S

Examinée au microscope dans une goutte d’eau, elle prend l'aspect d’aiguilles prismatiques se réunissant parfois en agglomérations sphériques. Lorsque le produit a été cris. tallisé à plusieurs reprises dans l'alcool ou dans l’acétone, les cristaux prennent une forme rappelant celle des cristaux d'acide urique dits «en pierre à aiguiser ».

Après dessiccation dans le vide sulfurique, la thévétine perd encore 4,5 °/, d'eau par séjour à l’étuve à 410°.

La thévétine est facilement soluble dans l’acétone et dans l'alcool fort. Sa solubilité à + 15° dans l'alcool à 95° nous a paru être de 20 ‘/, et beaucoup plus grande à chaud. Elle est assez soluble dans l'acide acétique concentré, 9 °/, environ à froid. Elle est insoluble dans l’éther privé d'alcool, dans l’éther de pétrole, dans le chloroforme et dans la benzine.

L'eau la dissout en petite quantité à froid, 1 pour 200 environ ; à chaud, il s’en dissout une plus forte proportion dont une parlie précipite par refroidissement. BLas avait indiqué une solubilité de 1 pour 122 à + 14° (1 pour 222 à froid d’après PLuG&E) (À).

Cette solution a une réaction neutre au tournesol et une saveur amère. Nous avons cru remarquer qu’elle s’effectuait plus facilement avec un produit récemment extrait qu'avec ce même produit retiré du tourteau depuis quelque temps.

En chauffant la thévétine entre deux verres de montre dans un bain d’air et en élevant progressivement la température, BLas avait constaté que ce corps fondait vers + 170° en donnant une masse visqueuse et jaunâtre. En déterminant le point de fusion au bloc de MAQUENNE par la méthode de fusion instantanée, nous avons trouvé un chifire notablement supérieur ; 182-183°, Ce point de fusion a toujours été constant, aussi bien pour le produit obtenu par extraction à l'alcool que pour celui provenant du traitement du tourteau par l’acétone.

Si on chauffe la thévétine au-dessus de son point de fusion elle se transforme en üne masse visqueuse qui brunit sans

(1) P. OC. Ptucur, — Beilrag zur Kenntnis des Cerberins, 4chiv der Pharm. Berlin, 1898, 31, p. 32,

CADIEES sé sublimer, puis brûle avec une flammé éclairante et uné odeur de caramel sans laisser de résidu fixe.

La thévétine possède un pouvoir rotatoire lévogyre. En l’observant en solution dans l'acide acétique, pe Vry (1) avait obtenu une déviation de — 9,75 pour 1 gr.,14 de glucoside dissous dans 10 em d'acide acétique glacial. il n'indique pas la longueur du tube, dont il s’est servi ; mais il s’agit probablement d’un tube de 10 em de long, car BLas, partant de cette expérience, dit que le pouvoir rotatoire de la thévétine est — 85°,5. IL est à remarquer que, d’après’ P LuGGr, l’observation de pe Vry et BLASs aurait été faite en présence de la raie J et non de la raie D.

En opérant dans l'alcool, en solution plus étendue, et à la lumière de la raie D nous avons obtenu un chiffre voisin, mais un peu moins élevé: 0 gr.,140 de thévétine séchée à 110° sont dissous dans 25 cm* d’alcoo! à 95° et la solution est examinée au polarimètre dans un tube de 2 décimètres de long. La déviation semble variable au cours de la première heure; puis elle se fixe à — 0',5#, chiffre observé encore le lende- -main.

Le pouvoir rotatoire, en solution alcoolique et pour la raie D, est donc : :

CADE Re re — 80°,35

Caractères chimiques. — La thévétine est un corps ternaire, composé de C, d'H et d'O. Elle ne contient pas d'azote, ainsi que le montre la réaction de LassaIGne (2) : on traite une petite quantité de thévétine dans un tube à essai par un fragment de sodium, en chauffant jusqu'à fusion, et le produit est dissous dans l'eau, Cette solution ne donne pas la réaction des cyanures par addition d'un sel terreux et d'un sel ferrique.

D'après Bras, la composition centésimale de la thévétine séchée à + 110° est la suivante :

Carbone == 58 0}. — Hydrogène — 7,4 0/4, — Oxygène = 34,4 0Jp.

(1) JE. pe Vny. — Contribution à l'étude du Thevetia nereifolia, Pharmac. Journal, London, 1881-82, (3) 42, p. 457.

(2) G. Berrranp et P. THOMas. — Guide pour les manipulalions de chimie biologique. 3e édit., Paris, 1919, p. 4,

DE 06 de

En tenant compte de la quantité de sucre formée par hydro: lyse (16 °/,), Bas pensait que cette composition correspondait à la formule CH$O%4 et à un poids moléculaire de 1116. Dans cette hypothèse, la perte en eau de 4,5 °/, devient sensiblement 54 pour 1116, soit trois molécules d’eau pour 1 molécule de glucoside.

Au cours de son travail sur le poids moléculaire de la digitaline et de la tanghinine (1), ARNAUD a été amené à penser, par analogie avec ce qu'il avait établi pour ces deux premiers corps, que la formule donnée par BL4s pour la thévétine « devra sans doute être dédoublée », mais il ne vérifie pas cette hypothèse par l'expérimentation.

Nous avons essayé de déterminer par cryoscopie la valeur du poids moléculaire de la thévétine. L’acide acétique que nous avons d'abord choisi comme solvant ne nous à pas fourni de bons résultats par suite de la rapidité avec laquelle il absorbe l'humidité atmosphérique, Nous avons alors employé le phénol cristallisé, en tenant compte du point de congélation du dissolvant, la constante K variant suivant le point de congélation, ainsi que le montre le tableau suivant :

Point de congélation Valeur de K

3900 80 Dupont, P. Freunprer et R. Marquis (2) 3996 77 A. F, HoLLeMan (3) 4000 72 Th. Wevyz (4)

Nous avons dissous 0 gr.,10 de thévétine dans 10 gr. de phénol de point de congélation + 40°,02. Les abaissements . de température successivement notés sont : 0,06, 0°,05, 0°,06. Soit pour la valeur moyenne de A, 0,06.

{1} ARNauD. — Recherches sur la digilaline sur la langhinine, €. R, Ac. Sc., Paris, 1889, 109, p. 701-703.

(2) Dupont, P. FREUNDLER et R. MARQUIS. — Manuel de travaux pratiques de chimie organique. 2e éd., Paris, 1908, p. 115.

(3) A. F. HOLLEMAN. — Chimie organique, éd. française, trad. M. BERNHEIM. Paris, 1911, p, 16.

(4) Th. Wevr. — Les méthodes de la chimie organique, trad. CORNU- BERT, Paris 1914, 1, p. 127.

Le poids moléculaire est donné par :

Ce poids moléculaire est donc sensiblement voisin de celui indiqué par BLas (1116) et notre résultat ne confirme pas l'hypothèse d’'ARNAUD.

La thévétine se dissout dans l'acide sulfurique concentré en donnant une coloration jaune ocre qui vire au rouge après quelques heures,mais qui disparaît par addition d’eau. Nous sommes ici d'accord avec de Vry, mais en désaccord avec BLas, ce dernier déclarant avoir obtenu une coloration rouge pourpre immédiate. Cependant BLas et DE Vry avaient opéré sur des portions de glucoside provenant de la même extraction. :

L'acide azotique concentré dissout la thévétine en prenant une coloration jaune vif, persistante. L’acide chlorhydrique pur, le perchlorure de fer dilué, Ile mélange de bi chromate de potasse et d'acide sulfurique, le chlorure de zine, l'ammoniaque ne produisent pas de changements de teinte signifi catifs.

La réaction furfurolique indiquée par M. le Professeur RicuauD (1) donne un résultat positif : avec une parcelle de la substance, de la résorcine et quelques gouttes d’acide chlorhydrique, on obtient au B.-M. une coloration rose qui persiste longtemps après refroidissement; cette réaction peut être obtenue nettement avec moins d'un milligramme de subslance.

En appliquant [a réaction glyoxylique de BrissemMoret- DerriEx (2), on observe seulement à la limite de séparation des deux liquides, un anneau jaune légèrement fluorescent, diffèrent peu de celui que l’on peut obtenir avec l'acide sulfurique seul au contact d’une solution de glucoside.

La solution de thévétine dans l'alcool ne précipite pas par addition d'une solution alcoolique d'acétate de plomb.

(1) A. Ricuaun. — Identification de l'Ouabaïne et de la Strophantine. Journ. de Pharm. et Chim. Paris, 1921, (7), 24, p. 161.

(2) BRrisseMORET et DERRIEN. — Sur la réaction digitalique de Kiliani, etc.... Bull. gén. de Thérapeulique, Paris, 1907, 153, p. 382-384.

Si onajoute de l'eau distillée à la solution alcoolique de thévétine, il se produit un trouble opalescent dans toute l'étendue du liquide, mais le glucoside ne précipite pas franchement, même au bout de plusieurs jours.

Enfin la solution aqueuse de thévétine ne précipite ni par addition d'un sel métallique (plomb, cuivre, argent, fer) ni par addition à froid d’un alcali ou d’un sel alcalin ou alcalinoterreux. Cependant la liqueur de Fenuin est réduite légèrement par une ébulition prolongée,

Essai d’hydrolyse du glucoside. — La nature glucosidique de la thévétine a été démontrée par BLas au moyen de l'hydrolyse par l'acide sulfurique à 5 ?/,. au B.-M. Le produit se dédouble en un corps insoluble dans l’eau, d’aspect résineux, appelé par BLas thépérésine, et la sclution surnageante réduit la liqueur cupro-potassique. Nous avons constaté que celte hydrolyse était totale au bout d’une heure de séjour au B.-M. bouillant en présence d'acide sulfurique à 20/,.

BLas ajoute que celte hydrolyse n'est pas produite par l'émulsine, sans préciser les conditions de l'expérience. Nous avons répété cet essai de la façon suivante : dans un tube A, nous avons placé 0 gr.,15 de glucoside dissous dans 25 em° d’eau en présence de 0 gr.,15 d'émulsine, En même temps, nous avons disposé trois tubes témoins : l'un B, contenant 0 gr.,15 d'amygdaline dissoute dans 25 em° d’eau et additionnée de 0 gr.,15 d'émulsine ; l’autre C, contenant la même quantité de thévétine que le tube À, mais sans ferment ; enfin le dernier D, renfermant 0 gr.,145 d’émulsine dans 25 cm d'eau, mais sans glucoside. Ces deux derniers tubes étaient destinés à s'assurer que les réactifs n'apportaient pas par eux-mêmes de corps réducteurs.

Après un séjour de 48 heures à l'étuve à + 35°, on constate que le contenu des tubes G et D ne présente pas de pouvoir réducteur et qu’il en est de même pour le liquide du tube A (contenant la thévétine), tandis que le témoin B contient un liquide réduisant la liqueur de FeuriNG et présentant l'odeur de l’essence d'amandes amères,

ie):

Il n’y a donc pas eu d'hydrolyse de la thévétine sous l’action de l’émulsine.

Pour identifier le sucre qui prend naissance par hydrolyse de la thévétine, nous avons eu recours à l’action de l'acide sulfurique à 2 ‘/, au B.-M. bouillant, pendant 1 heure. Le liquide incolore qui surnage le précipité de thévérésine est séparé par fillration et neutralisé par un excès de baryte. On filtre, on précipite l'excès de baryte par un courant de CO*?. Par nouvelle filtration, on obtient un liquide incolore qui réduit la liqueur de FEnurzinG à chaud avec facilité, dévie à droite la lumière polarisée et donne une üsazone par l’action de la phénylhydrazine à chaud. Il s'agit donc bien d'un sucre.

Ce sucre n'est pas un pentose; car, par l'orcine et l'acide chlorhydrique à chaud, il se développe non pas une coloration bleue, mais une coloration rouge orangé nette, caractéristique des méthyl-penloses ou des hexoses (1), Mais par la réaction de MAQUENNE (2), nous n'avons pas obtenu de coloration caractéristique du méthyl-furfurol : la distillation, en présence d'acide chlorhydrique concentré, d'une portion de la solution d'hydrolyse, nous a donné un distillat qui recueilli dans de l’alcoo! ne se colore pas en vert sous l'in: fluence de l'acide sulfurique.

Nous sommes donc en présence d'un hexose, et les réactions ci-dessus s'accordent avec les essais de BLas ; par évaporation de la solution sucrée, cet auteur avait obtenu un résidu blanc, insoluble dans l'alcool fort et l'éther, dont il avait pratiqué l'analyse élémentaire et auquelil avait attribué la formule CéH!20.

BLas pensait que cet hexose, dextrogyre et fermentant sous l'influence de la levure de bière, était du glucose.

Nature du sucre. - Le pouvoir rotatoire des solutions de ce sucre est bien dextrogyre, ainsi que l'avait reconnu BLas, mais si on le compare à leur pouvoir réducteur, ex primé en glucose, on constate que l'indice polarimétrique est bien inférieur à ce qu'il devrait être s'il s'agissait de glucose.

(1) G. BerTranD et P. THomas. — Loc cit., p. 64.

| (2) L. MAQUENNE. — Les sucres et leurs principaux dérivés. Paris, 1900, p. 308.

Le 9ÿ — Deux essais nous ont fourni en effet les résultats suivants :

= A) Solution d'hydrolyse présentant un pouvoir réducteur égal à 8 gr.16 de glucose par litre. La déviation observée devrait être égale à + 0°,86, en admettant que chaque degré d'arc corresponde à 9 gr.,50 de glucose par litre. Or elle n’est que de + 0°30.

B) Solution d'hydrolyse présentant un pouvoir réducteur égal à 12 gr.,84 de glucose par litre. La déviation observée qui devait êlre de + {°,35 n'est que de + (°,48.

L'impossibilité d'obtenir une hydrolyse par l'émulsine et la non concordance du pouvoir rotatoire exprimé en glucose et du pouvoir réducteur nous portent à penser qu'il ne s'agit pas de glucose, quoique par l'action de la phénylhydrazine à chaud on obticnne une osazone ayant Iles caractères de la phénylglycosazone : cristallisation en « branches de genêt », insolubilité dans l'alcool méthylique, point de fusion +- 228° au bloc de MAQUENNE.

Par contre, la comparaison du pouvoir rotatoire et du pouvoir réducteur montre qu'il s’agit d’un sucre ayant un pouvoir rotatoire inférieur à + 20°. C'est le cas du mannose qui possède un pouvoir rotatoire égal à + 149,36, donne un eosazone identique à celle du glucose et, d'après MAQUENNE (1), fermente sous l’action de la levure de bière, aussi facilement que le glucose. |

Nous avons essayé de caractériser ce sucre par formation de son hydrazone, insoluble dans l’eau. En suivant la technique indiquée par BerrRAND, nous avons en eflet vu se former à froid, au bout de quelques minutes un léger précipité sans avoir pu toutefois obtenir des cristaux bien nets de mannose-hydrazone. |

Noûs pensons cependant que la thévétine se dédouble par hydrolyse acide en thévérésnie et en mannose.

Dosage du sucre réducteur. — Nous avons dosé la proportion de ce sucre par la méthode de réduction, en tenant compte de la diflérence très légère de pouvoir réducteur du mannose par rapport au glucose.

(1) L. MaquenNe. — Loc. cit., p. 573,

0 gr.,300 de thévétine séchée à + 110° sont hydrolysés au B.-M. pendant 4 heure en présence de 25 cm* d'acide sulfurique à 2°}. Après refroidissement, on complète au volume total de 250 et on neutralise par le carbonate de baryum ; on filtre et on prélève 20 em de filtrat, correspondant à 0 gr.,240 de glucoside.

D'autre part, on titre 10 de solution de FEHLING à l’aide d’une solution de mannose à 0 gr.,005 par emÿ. Il faut 10°°,4 de cette solution-type pour amener la réduction totale des 10 em? de liqueur de FenziNG. On répète alors la même opération avee 40 cm° de réactif de FeuriNG auxquels on à ajouté au préalable les 20 em* de liquide d'hydrolyse. Il ne faut plus que 2,6 de solution titrée de mannose pour compléter la réduction.

Les 20 cm° de liquide d'hydrolyse, correspondant à 0 gr.,240 de glucoside contiennent done : (10,4-2,6) 0,005 — 0 gr.,039 de mannose. Soit pour 100 gr. de glucoside :

Goo == 16,25.

Ce chiffre concorde avec celui trouvé par BLas(et exprimé en glucose.)

Le poids moléculaire du mannose étant 180 et celui de la thévétine anhydre 1116, ce qui représente sensiblement . on peut en déduire qu'une molécule de thévétine se dédouble en une molécule de mannose et en thévérésine,

La thevérésine provenant du dédoublement du glucoside est dissoute dans l'alcool et précipitée en versant cette solution alcoolique dans un assez grand volume d'eau, Il se forme un précipité blanchâtre, floconneux qui par dessiccation donne une poudre amorphe, de goût amer assez prononcé, d'aspect résineux, très soluble dans l'alcool, insoluble dans l'eau, l’éther, l'éther de pétrole et le chloroforme. Pas plus que BLAs, nous n’avons pu l'obtenir à l'état cristallisé.

D'après Bras, la formule serait C‘$H740!,

L’acide sulfurique concentré colore cette substance en violet-rouge, l'acide azotique dissout avec dégagement

d'acide carbonique ; les alcalis caustiques en solution concentrée la dissolvent en prenant une coloration jaune.

La solution alcoolique de thévérésine ne donne pas de

coloration par addition d'une goutte de perchlorure de {er dilué, ni de précipité rouge à chaud par le réactif de Mir Lo.

Nous avons essayé également sur cette solution alcoolique les réactions des polyphénols indiquées par DENIGES (1), mais sans obtenir de résultats positifs.

Gette substance ne semble donc pas être un phénol. Bras, après fusion avec de la potasse, n'avait d’ailleurs obtenu ni les réactions de la phloroglucine ni celles de la pyrocatéchine.

Par contre, la solution de thévérésine dans l'alcool faible réduit à froid la solution ammoniacale d'argent et à chaud la solution neutre de ce même réactif. Elle réduit également la liqueur de FenzinG par ébullition prolongée.

Corps amer de Warden. — Au cours de l'extraction de la thévétine soit par l’alcool, soit par l'acétone, ces dis-

solvants entraînent un corps amorphe, de couleur jaune clair,

de saveur très amère,qui se concentre dansles eaux-mères de

cristallisation du glucoside. L'existence de ce corps à été. signalée pour la première fois par WARDEN (2) qui d’ailleurs

ne lui donna pas de nom. Pour l'isoler, il traitait les eaux.

mères du glucoside par une solution de tanin : ilse produi- :

sait un précipité blanc-jaunâtre volumineux. On l'isolait, on le mettait en suspension dans l’eau et on le traitait par de la. chaux. Nous avons employé ce procédé en ayant soin d'éli-.

miner l'excès de chaux par un courant de gaz carbonique. Après filtration, nous avons obtenu, par séparation de la

solution, une très petite quantité d’une poudre jaune foncée

amorphe, très amère, facilement soluble dans l'eau, dans

l'alcool, dans l'acétone et le chloroforme ; très peu soluble. dans l’éther privé d'alcool, insoluble dans l’éther de pétrole.

Cette substance n'existe qu’en petite proportion dans

(1) Denicès. — Précis de chimie analytique. 4e éd., Paris, 1913, p. 212. (2) WARDEN. — Sur la présence d'uz second principe toxique dans le Thevelia nereifolia. Pharm. Journ., London, 1882, (3), 13, p. 42 43.

l’amande du J'hevetia neriifolia. Les eaux-mères provenant de l'extraction de 8gr. de glucoside ne nous ont fourni que 0 gr.,085 de corps amer de WARDEN,

Les solutions aqueuses de ce corps ont une réaction neutre; elles se colorent en jaune intense par addition d’acide azotique ou d’acide sulfurique concentrés. L’acide chlorhydrique ne produit pas de changement de teinte, non plus que les corps oxydants. Le tanin en solution aqueuse produit un précipité jaune-blanchâtre ; les réactifs ordinaires des alcaloïdes (réactif de Mayer, r. de BaucHARDAT, r. de BERTRAND à l'acide silico-tungstique) ne donnent pas de précipité. Enfin l'hydrolyse acide n’amène pas la formation de corps réducteurs.

Certains caractères physico-chimiques de la thévétine la rapprochant quelque peu de la cerbérine, isolée du Cerbera Odollam Gaertn, par pe Vry, de la thévétosine, retirée du Thevetia Yccotli D.C. par HurrerA et de la tanghinine extraite du T'anghinia venenifera Poir. par ArNauD». Noùs avons réuni ces quatre corps dans le tableau suivant ;

EVE Cerbérine | Thévétosine! Tanghinine Thévétine 3 (PiuGce) | (HERRERA) | (ARNAUD) | LE Point de fusion. ......14+ 1820-1830 | + 102% | + 182° + 170 (BLas) Solubilité dans l'eau... 1/200 1/5555 nulle | 4/20.000 e S ; | — l'éther.| insoluble 1/178,5 | légèrement soluble : prie, RE Rad .|— 80035 — 80081 TS er Se A RS — 85°5(BLas) EGRUIO PES ne CH8#025 | CH O8 | C27114008

Page 1