‹ Contribution à l'étude des Apocynacées toxiquesChapitre 29 sur 33 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Etude pharmacologique du « Thevetia nerlifolia ».— Toxicité,

Les premiers auteurs qui ont décrit les « Ahouai » : Garcia DA OrrA, les frères BAUHIN, PisoN, signalent déjà la toxicité de l'amande et de l’écorce. Descourrizz (1) rapporte avec d'tuls l’'empoisonnement d’un jeune mulâtre après absorption d'une seule graine ; il donne comme symptômes principaux d’abondants vomissements et de violents mouvements convulsifs.

Kanxy Lorz Dey (2j a attiré l'attention sur l'emploi des graines du T’hevetia nertifolia comme poison au Bengale, et le D' Dumonriers a publié le récit de la mort d’un enfant de 3 ans avec convulsions tétaniques après l’ingestion d’une seule graine. On pourrait trouver des indications analogues dans les divers ouvrages traitant de la matière médicale des Indes et de Java. Toutes ces descriptions démontrent la toxicité de diverses parties de la plante, mais sans indiquer le produit qui en est la cause.

Certains auteurs attribuaient la toxicité de l'arbre à son latex : Ricorp MADiANNA, cité par BLas, soutient cette opinion et ajoute que l’émulsion d'une seule amande mêlée aux aliments d'un chien amène la moit au bout de 25 minutes, avec de violentes convulsions et finalement paralysie complète des membres. IL faut cependant ajouter que nous n'avons pu empoisonner des rats par ingestion de la pulpe

du péricarpe du fruit, qui contient une assez proportion de latex, mais sans glucoside. Il est probable que le latex n’est toxique que lorsqu'il contient de la thévétine.

D'autres auteurs ont rapporté le pouvoir toxique de l'amande à l'huile qu'elle contient. Kanny Loc DEy et Suonrr disent que cette huile possède une saveur âcre et amère, qu'elle agit comme émétique et purgatif et constitue un poison narcotico-âcre très actif. Cette assertion a été contredite par px Vry et nous avons montré que l'huile convenablement extraite n’a ni goût amer, ni action nuisible et qu'elle ne doit son pouvoir toxique qu'à de la thévétine ou à du corps amer de WARDEN, entraînés accidentellement.

Enfin, les propriétés médicinales qu'attribuaientle P.LABAT, pe Tussac et DEscourTizz à l'amande et à l'écorce ont été signalées plus haut, ainsi que leur emploi comme poison sagittaire ou criminel En particulier, la Pharmacopée de l'Inde, à la suite de Bipre et SnorTtr, considère l’écorce comme un fébrifuge de valeur.

Lorsqu'il eut isolé la thévétine, DE VRYy essaya son action toxique sur un chien de taille moyenne auquel il fit absorber 0 gr.,10 de ce glucoside, mais sans qu'il en résultât de dommages apparents pour l'animal. C'est BLas qui rapporta les propriés toxiques de la plante à la thévétine et à la thévérésine à la suite d'expériences qu'il fit avec ces deux produits : il donna à ingérer à des chiens, dans le premier cas, 0 gr.,50, dans le second cas, 0 gr.,05, et dans un troisième essai, 0 gr.,80 de thévétine. Contrairement à pe Vey et bien qu'il ait opéré avec du glucoside de même provenance, il oblünt, au bout de plusieurs heures, la mort de l'animal et nota de la salivalion, des vomissements et de la diarrhée, une certaine torpeur avec dyspnée et difliculté de la marche, L'autopsie lui permit de retrouver de la thévétine dans le foie ; il la caractérisa également dans les vomissements, mais non dans l'urine. Il renrarqua que le glucoside ne paraissait pas sètre dédoublé dans l'organisme.et que c'est à la thévétine elle-même et non aux produits de dédoublement qu'il faut rapporter les accidents observés,

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