CHAPITRE HI
I. — Valeur morphologique des artères hépatiques accessoires.
De la description que nous venons de donner des principales anomalies de l'artère hépatique, chez l'homme, il résulte qu elles consistent, soit dans la variation de naissance de cette artère (l'artère normale étant remplacée par une collatérale de la mé-
sentérique supérieure), soit, surtout, dans une multiplicité de
ses origines : il s’agit ici des cas dans lesquels, à côté de l'hépatique normale, existent des branches naissant de la coronaire ou de la mésentérique supérieure (hépatiques doubles), ou de ces deux vaisseaux à la fois (triplicité). 1 s'ensuit donc que la circulation artérielle du foie, tout en multiphant ses origines, peut être plus ou moins dépendante des territoires artériels voisins, et par conséquent commune avec celle d' autres organes (estomac, intestin.…..).
Chez la plupart des vertébrés on ne AR aucune disposition qui rappelle celle des anomalies que nous venons de signaler chez l’homme, bien que le foie présente une lobation plus marquée.
Chez les poissons, les amphibiens, les reptiles, la circulation du foie est assurée par un tronc commun à toutes les artères des viscères abdominaux. .
Chez les oiseaux, cependant, on rencontre une double circulation hépatique. Chez eux, le tronc cœliaque émet une collatérale splénique et se divise en trois branches :
L'une, droite, qui se ramifie dans le lobe droit du foie:
Une seconde, gauche, qui envoie immédiatement après sa
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naissance une artère au lobe correspondant, puis se bifurque en deux rameaux d’égale grosseur pour le proventricule et le gésier musculaire;
La troisième branche du tronc cœliaque constitue la mésentérique supérieure.
Cette disposition normale des oiseaux semble correspondre assez bien au double système artériel de l’homme, lorsque la duplicité provient de l'existence d’une hépatique accessoire née de la coronaire stomachique:
Les faits tirés des recherches sur le développement du tronc cœliaque paraissent susceptibles d'expliquer les variations et la
multiplicité des origines des artères hépatiques. = D’après Tandler, le tronc cœliaque se constitue aux dépens de l'artère omphalo-mésentérique, qui dérive elle-même de quatre racines : 10e, 11e, 12e, 13e artères intestinales primitives, réunies par une anastomose longitudinale antérieure, de laquelle vont se détacher ultérieurement : la coronaire, la splénique et l'hépatique. è RS
Le tronc cœliaque proviendrait de la 1re racine; la mésentérique supérieure, de la 4e.
D’après ces données, le fait d'observer une hépatique à origine normale serait déterminé par l'effacement complet du canal longitudinal et des deux racines moyennes.
Anormalement, la partie inférieure de l’anastomose antérieure pourrait persister jusqu'à la naissance de la splénique, tandis que les deux racines moyennes ont disparu : on trouve alors une hépatique née d’un trone commun avec la coronaire, la splénique venant de la mésentérique supérieure. l
De même, l’atrophie d’une seule racine (la 3°) accompagnée de l’effacement du canal longitudinal expliquerait l’existence d’un tronc hépato-splénique, la coronaire naissant isolément au-dessus de ce tronc. Lorsqu'il y a une coronaire double, on pourrait admettre que l’omphalo-mésentérique possédait une racine supplémentaire (la 9 intestinale).
Parfois, l’évolution serait telle que les trois premières racines disparaissent, la racine inférieure persistant avec l’anas-
6 r * z tomose antérieure: l'artère hépatique se détache bien d'un tronc cœliaque complet, mais ce tronc vient de la mésentéri-
Fic. 5. — Schémas explicalifs des anomalies du développement de l'artère hépalique :
a. Développement de l’artère omphalo-mésentérique ;
b. Artère hépatique branche de la mésentérique supérieure;
c. Artère hépatique normale et artère hépatique branche de la Épenteee supérieure (duplicité);
d. Dispositif fœtal ; ‘ e. Artère hépatique normale et branches accessoires de la coronaire et de la mésentérique (triplicité).
h., hépatique. — c. $., a. coronaire stomachique.— s., splénique. — m.s ,a. mésen Ce supérieure. — La, Lg, lobes droit et gauche du foie.
(En partie d'après Tandler.)
que supérieure (tronc cœliaco-mésentérique : disposition toujours observée par Tandler chez la taupe).
Que le canal longitudinal soit seul à s’atrophier, et l’on ob-