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ARTÉRIOLES

TYPE ADULTE NORMAL. — Pour l'étude des artérioles du Myocarde nous avons pris comme type normal, le cœur de deux sujets de vingt et vingt-deux ans ayant succombé à des affections rapides nous donnant toute sécurité, au point de vue d'un état diathésique antérieur dont les conséquences auraient pu entacher l'observation. Sur des coupes pratiquées dans la base du gros pilier du cœur, on rencontre

RrHENERSE

de nombreuses artérioles de différents calibres et orientées parallélement à ce pilier, ce qui permet, selon la direction de la coupe, d'obtenir des sections assez rigoureusement tranversales ou longitudinales.

Si nous prenons, comme terme comparatif, une de ces artérioles de 80 à 100 » dé diamètre (PI. I, fig. 1), nous remarquons d'abord, en dedans de la limitante interne {x (fig. 1), l'absence de zone endartérielle, ce qui estconforme au type classique, puisque nous savons que, dans les artères de ce calibre, la tunique interne est réduite au seul endothélium dont les cellules sont en grande partie desquammées par la macération cadavérique. Seuls, quelques rares noyaux se voient de temps en temps sur le pourtour interne de la lame élastique, traces des éléments endothéliaux qui ont échappé à la destruction.

La tunique moyenne ém (fig. 1), constituée par plusieurs couches de fibres cellules (cellules musculaires lisses), forme autour de la limitante interne un anneau extrême ment net, aussi bien limité en dehors, du côté de l'adventice, qu'en dedans par la lame élastique elle-même; le picro-carmin la colore en rouge et les noyaux des cellules musculaires se montrent, à son intérieur, colorés en rouge plus foncé. Ces fibres cellules, qui, par leur réunion, formeut la tunique moyenne, sont compactes, étroitement appliquées les unes contre les autres et entre elles, il n'est pas possible, dans les petites artérioles qui nous occupent, de distinguer la présence d'autres éléments. La tunique moyenne, dans l’artériole considérée, présente une épaisseur d'environ une dizaine de nu.

En dehors de la tunique moyenne, vient la tunique adventice £e (fig. 1), constituée par des faisceaux conjoncüfs et encore dépourvue d'éléments élastiques qui n’apparaissent que sur les artères d'au moins 0" 22 de diamètre :

cette tunique se confond vers l'extérieur avec le tissu con— Jonctif ambiant, tandis qu’en dedans elle se sépare nettement de l'anneau musculaire par sa coloration extrêmement pâle. De ce tissu conjonctif périvasculaire partent de minces travées f (fig. 1), qui vont en s’irradiant et subdivisent le myocarde en une foule de petits champs granuleux dont chacun est l'expression optique de la coupe d’une fibre musculaire cardiaque m (fig. 1).

Remarquons, dès maintenant, l'épaisseur de la zone conjonctive qui entoure le vaisseau ainsi que l'extrême ténuité des travées du même tissu 4 (fig. 1) qui forment ce fin réseau intra-musculaire, car nous les verrons prendre progressivement plus d'importance à mesure que nous examinerons des cœurs de plus en plus vieux comme l’a démontré M. Sesqués dans son étude du Cœur sénile (!).

La même coupe n'est pas sans montrer des artérioles d'un plus petit calibre, dans lesquelles nous voyons la tunique musculaire diminuer progressivement d'épaisseur jusqu à n'être plus représentée que par une seule rangée de fibres cellules disposées en spirale, appliquées d'une part, sur la limitante interne et reposant d'autre part, sur le stroma conjonctif périartériel. C'est l'état qui précède immédiatement le capillaire dans lequel tout élément musculaire est disparu et où l'endothélium n'est plus séparé de la gaîne conjonctive que par la mince membrane anhiste que l’on a appelée la membrane vitrée Ge

Dans le Fore, si la coupe a rencontré un espace porte, nous aurons sous les veux des termes de comparaison fort importants rassemblés dans une zone conjonctive relative-

(1) F. Sesquès, Loc. cat.

(2) L. Vialleton, Contribution à l'étude de l'endartère, Thèse de Lyon, 1885.

ment restreinte : artérioles de différents calibres, veines et canaux biliaires ; ces derniers bien reconnaissables à leur épithélium à cellules cylindriques qui se colorent rapidement en formant une élégante collerette, et à leur paroi formée de tissu conjonctif et de fibres élastiques.

Les coupes effectuées dans la substance corticale du Rein montrent, la plupart du temps, voisine d’un glomérule, l’artériole, branche des artères inter-lobulaires, destinée à l'alimenter ; celle-ci est souvent accompagnée d’une autre artériole plus petite, située dans nn épaississement du tissu conjonctif qui sépare, de ses fines travées, les divers éléments constitutifs du rein. En somme, de même que dans le myocarde, les artérioles de différents calibres du foie et du rein sont toutes construites sur le même type et l'on peut remarquer que la zone moyenne 4m (fig. 1), d'épaisseur variable avec le diamètre du vaisseau, est toujours constituée par des fibres cellules musculaires accolées les unes aux autres si intimement, quelles ne laissent pas percevoir la substance interfibrillaire qui leur sert de cément d'union; de plus, que l'endartère n’est représentée que par quelques cellules endothéliales déjà extrêmement rares dans les artérioles d’un certain calibre, plus nombreuses dans les tout petits vaisseaux où, bien que dissociées par l'état cadavérique, elles ont pu cependant rester en place à cause de l’étroitesse de la lumière du tube. Enfin la tunique adventice £e (fig. 1), nettement délimitée en dedans par l'anneau musculaire, est non moins nettement accusée à sa limite externe, où l'on voit les éléments nobles de l'organe considéré (fibres du myocarde, cellules hépatiques, etc.) entourer la zone conjonctive. De la limite externe de cette zone, partent de fines trabécules £ (fig. 1), bien perceptibles seulement à un fort grossissement et constituant le stroma interfibrillaire (dans le myocarde)

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tandis que quelques travées plus épaisses T (fig. 1), représentent le point de départ des lames conjonctives interfasciculaires.

TYPE SÉNILE NORMAL AU DÉBUT. — Nous allons maintenant reprendre les mêmes coupes chez un individu de soixante ans, emporté rapidement par une pneumonie, dans e service de Sainte-Marguerite, et dont les antécédents personnels ne nous ont accusé aucune affection susceptible de retentir apparemment sur le système artériel. Nous croyons pouvoir considérer cet individu, comme représentant un tvpe de sénilité normale encore peu avancé, puisque son cycle évolutif s'était effectué régulièrement jusque là sans entraves pathologiques, et que l’affection aiguë qui l’a tué n'a laissé sur son systéme vasculaire aucune trace d’un processus inflammatoire rapide.

Les coupes destinées à être comparées avec les précédentes, ont été effectuées exactement dans les mêmes points organiques, base du gros pilier du cœur, foie et espaces portes, substance corticale du rein, et, pour que la comparaison soit aussi exacte que possible, nous avons choisi, dans la coupe du myocarde, une artériole de même dimension que celle observée dans l'individu jeune.

Si l’on examine cette artériole de dedans en dehors, on remarque d’abord que la zone située en dedans de la limitante interne ne présente rien de nouveau ; pas traces d’endartérite, quelques rares cellules altérées attestent seules la présence de la couche maintenant desquammée qui constituait l’endothélium du vaisseau pendant la vie. En dehors de la limitante interne, le premier caractère diffé rentiel qui se manifeste est un léger épaississement de la tunique moyenne qui se colore moins fortement que chez le jeune, et dont la limite externe commence à se confondre avec le bord interne de la tunique adventice.

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En examinant la coupe à un plus fort grossissement (oc. comp. 12; obj. F, Zeëss) et sur des sections transversales et longitudinales, il est possible de se rendre compte de la cause de l’épaississement de la tunique moyenne. En effet, les fibres cellules sont non pas aungmentées de nombre ou de volume, maïs séparées par l'interposition de substance connective finement fibrillaire qui les écarte et les dissocie légèrement et qui, à la limite externe de la zone musculaire, se confond avec les éléments connectifs de la tunique adventice. De là, épaississement de la tunique moyenne, sa plus faible coloration et moindre netteté dans sa limite externe. La tunique adventice est augmentée en épaisseur, ce qui fait que le champ conjonctif qui entoure le vaisseau est plus grand que dans le numéro 1, les rapports réciproques des éléments constituants étant les mêmes ; la limite du tissu noble, en effet, reste toujours nette à la périphérie de la zone conjonctive qui, de plus, ne montre pas de noyaux embryonnaires, ni aucune trace de processus inflammatoire.

La même observation peut se faire sur des artérioles de plus petit calibre où l’épaississement de la tunique moyenne, toujours minime, se montre à peu près proportionné au calibre du vaisseau. Enfin, dans les petits vais— seaux, où l'on ne distingue plus de zone musculaire, par conséquent à la limite de l’artériole et du capillaire, on peut constater encore l'épaississement de la zone conjonctive qui les entoure, sans que la présence de noyaux plus nombreux vienne faire supposer qu'on se trouve en présence soit d'un début, soit d’un reliquat de travail inflammatoire.

Dans les coupes du /ote, on conslatera les mêmes modifications dans les artérioles ; elles nous ont même paru plus prononcées dans cet organe et, de plus, l'examen des conduits biliaires montre un épaississement notable de la

zone conjonctive qui forme la paroi la plus externe de ces canaux. Dans le r'ezn, même observation, mais l'épaississement de la zone externe conjonctive est toujours bien moins considérable que dans le myocarde.

En somme, au début d'une sénilité normale, on constate que, dans les artérioles, l’endartère reste indemne, que la tunique moyenne est légèrement et régulièrement épaissie par la présence de la trame connective qui apparaît entre les éléments contractiles et les dissocie faiblement, enfin que l’adventice est régulièrement hypertrophiée, sans qu’il y ait traces de processus irritatif ni production de travées irrégulières de tissu scléreux.

TYPE SÉNILE AVANCÉ SANS LÉSIONS PATHOLOGIQUES. — Ce type, comme nous l’avons déjà fait remarquer. est d'autant plus rare que l'on a affaire à des vieillards plus avancés en âge; cependant, nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs fois, au cours de nos observations à l'hospice des vieillards de Sainte-Marguerite, des séniles avancés, d'age variant entre soixante-dix et quatre-vingt-quatorze ans, dont les artérioles, dans les différents organes. n'étaient nullementatteintes d’endo-périartérite pathologique, expression de l’artério-sclérose généralisée. C'est un de ceux-là, vieillard de quatre-vingt-huit ans, pensionnaire de Sainte- Marguerite depuis de longues années durant lesquelles il nous avait présenté toutes les apparences d’une vieillesse parfaitement équilibrée sans aucun signe appréciable ni aucune manifestation d'artério-sclérose, qui va faire le sujet de notre description. Ce vieillard s’est éteint subitement, à la suite d'une indisposition peu caractérisée, qu'aucun diagnostic clinique n'avait permis de préciser, et sans que l'autopsie faite avec le plus grand soin, ne soit venue nous éclairer sur la nature de la mort.

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Nous avons d’abord pratiqué, dans la base du gros pilier du cœur, des coupes que nous avons comparées avec celles faites par M. Sesquès pour son étude du cœur sénile et avec plusieurs autres faites par nous sur différents vieillards répondant bien entendu au type sénile normal. Toutes ces coupes nous ont présenté les mêmes modifications, bien particulières et assez différentes de l’état adulte. et des lésions de l’artério-sclérose décritesjusqu'ici chezles séniles communs, pour que nous nous croyions autorisés à les considérer comme véritablement caractéristiques du type sénile normal, dépourvu de toute tare pathologique.

Pour bien se rendre compte des modifications éprouvées par les petits vaisseaux dans le myocarde sénile, il faut rechercher un point de la coupe où une artériole se trouve sectionnée bien perpendiculairement à sa direction, et le comparer avec un point semblable de la coupe du myocarde de l'adulte (fig. 2 et 3, PI. [.) Si on examine alors attentivement de dedans en dehors les différentes zones de la coupe transversale de l'artère, on est frappé de la concordance bien exacte des modifications qu'elle présente, avec celles que nous avons signalées dans notre sénile au début.

L'endartère en effet, n'est pas modifiée et en dedans de la membrane limitante interne {x (fig. 2 et 3, PI. L.), il n existe pas de néoformation appréciable pouvant être assimilée à une production endartéritique ; seules, quelques cellules endothéliales plus ou moins altérées, sont restées attachées à la membrane élastique et représentent les traces de l'endothélium en partie desquammé. La membrane élastique n'est pas sensiblement modifiée ; cependant, chez les très vieux séniles, elle peut présenter de temps à autre, de légers épaississements accompagnés de plissements irréguliers qui indiquent sans doute des commencements de dégénérescence, parfois assez avancée en quelques points où ces

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