‹ Contribution à l'étude des artères séniles normalesChapitre 11 sur 32 · SEANCES · texte numérisé non relu

SEANCES

épaississements semblent se résoudre en un certain nombre de fines granulations jaunâtres et réfringentes.

Dans la tunique moyenne, les fibres cellules contractiles sont encore moins compactes qu’au début de la sénilité ; les minces expansions connectives qui ont commencé à les dissocier à cette période, prennent ici plus d'importance et la dissociation des fibres lisses est plus avancée. Le tissu connectif émané de la zone interne de la tunique adventice, et sans doute aussi la fine trame connective qui sert à l'état normal de cément d'union entre les fibres cellules, ont pris un développement assez considérable et étouffent en les dissociant, les éléments contractiles qu’ils enserrent. A la limite externe de la mésartère, ilest facile de voir en effet, les fibres connectives de la zone interne de la tunique adventice, pénétrer comme des coins entre les fibres cellules périphériques qui sont désagrégées et atrophiées par compression. Il en résulte une dislocation généraie de la zone contractile mésartérique, qui, à de faibles grossissements, paraît plus large que chez l'adulte, mais aussi bien moins nettement délimitée, plus vague et d’une coloration beaucoup plus faible et plus irréguliére ; de plus forts grossissements montrent alors cette tunique composée de deux éléments distincts : les uns colorés en rouge /r (fig. 2 et 3, PI. L.) et représentant les fibres cellules, les autres formant des bandes intercalaires de tissu lamineux #7 (fig. 2 et3), à peine colorés en rose pâle. C'est cet état que nons proposons de caractériser par le mot de délamination de la tunique moyenne, état que nous avons représenté à des degrés différents dans les figures 2 et 3, PI. LE.

Dans la tunique externe, le premier caractère apparent est un agrandissement du champ conjonctif péri-vasculaire. Cet accroissement s’est fait régulièrement, c'est-à-dire en conservantles mêmes proportions relatives que chez l'adulte

DENOMER

on le sénile débutant : les fibres musculaires du myocarde conservent leur disposition régulière à la limite externe de la zone conjonctive, fait très important et qui différencie cet état sénile normal, de l’état scléreux pathologique comme nous le verrons bientôt. De plus, les trabécules de tissu conjonctif que nous avons vu chez l'adulte, former un fin réseau à peine perceptible, entre les fibres musculaires du cœur, # (fig. 1, PI. [.), sont épaissies et les noyaux des cellules fixes, plus nombreux, sont bien visibles surtout aux angles des mailles du réseau. é (fig. 2 et 3, PI. I.) Ce réseau de tissu conjonctif hyperplasié, ainsi répandu entre les fibres musculaires, se continue à la périphérie du faisceau avec le tissu des espaces péri-fasciculaires. Formant des travées d'épaisseur toujours constante, il sépare également les fibres centrales et marginales du faisceau dont la dissociation est identique dans tous les points considérés (!). Le même accroissement proportionnel du tissu conjonctif se retrouve dans les grandes travées interfasciculaires TV, T. (fig. 2et 3, PI. L.), normales qui ont subi un épaississement progressif comme on peut le voir en comparant les figures 1, 2 et 3 de la planche 1 ; épaississement qu'il ne faut pas confondre, comme le fait remarquer M. Sesquès avec des travées scléreuses au premier stade de leur déve loppement, ces dernières faciles à distinguer par leur épaisseur inégale, leur direction souvent unique et sans rapport avec les contours des faisceaux musculaires qu'elles dissocient ou détruisent lorsque ceux-ci gênent leur marche en avant.

Dans cette hypergenèse de tissu conjonctif, on observe très peu d'éléments migrateurs et de noyaux embryonnaires, quelle que soit la période de la sénilité considérée ;

(1) F. Sesquès, loc. cit,

les éléments prédominants sont les fibrilles connectives qui, tassées et enchevêtrées, forment un lacis concentrique à la lumière du vaisseau.

La même coupe du myocarde sénile représentée à la figure 3, PL. I, a rencontré un tout petit vaisseau que l’on peut considérer comme un capillaire, car ilne montre pas, autour de son endothélium, de fibres cellules contractiles. Nous ferons remarquer que la lumière de ce capillaire, bien qu'extrêmement étroite, n’est nullement oblitérée, malgré l’âge avancé du sujet, et que la seule modification à constater, est une faible réduction de sa lumière, due au tassement des fibrilles connectives résultant de l’épaississement de la gaine conjonctive qui constitue la paroi externe de ce petit vaisseau, et non à des productions endovasculaires. L'examen de différentes coupes du myocarde, provenant des mêmes sujets et dans lesquelles des artérioles se trouvent coupées parallélement à leur direction, permet d'étudier les modifications que nous venons de signaler, sur des sections longitudinales. L'étude de ces coupes vient en tous points, confirmer les observations que nous venons de présenter sur les coupes transversales, et, en certains endroits, il est facile de voir, entre les fibres cellules de la tunique moyenne, sectionnées transversalement, le developpement considérable de la substance connective qui souvent s'avance jusqu'à la limitante interne et rejoint vers l'exterieur, la tunique externe après avoir formé dans la mésartère des mailles qui compriment et étouffent les fibres musculaires.

Dans tous les myocardes séniles non pathologiques que nous avons examinés, nous avons toujours rencontré ces modifications de structure des artérioles, mais à des degrés difiérents et en général, d'autant plus prononcées que l'âge du sujet est plus avancé. Ainsi, nous avons représenté à la

LT

(fig. 2, PL. I), la coupe d’une artériole d'un cœur sénile non pathologique de soixante-douze ans, dans laquelle on constate l'absence d'endartérite, lamême délamination de la mésartère et l'hypertrophie réguliére de la tunique adventice ; ces deux derniers caractères beaucoup moins prononcés que dans la figure 3 qui appartient au vieillard de quatrevingt-huit ans. Sur des coupes pratiquées dans le force et passant par un espace porte, on rencontrera desartérioles et des capillaires offrant exactement les mêmes modifications, souvent même plus prononcées que celles que nous venons de signaler dans le myocarde (fig. 5, PI. I)..Souvent, en effet, la membrane élastique est épaissie, plissée, et a subi sur tout son pourtour un commencement de dégénérescence; en certains points de la tunique moyenne, les fibres cellules sont presque complètement ensevelies et disparues sous la production fibrillaire connective, et, malgré cela, l’endothelium ne présente pas de traces manifestes d'épaississement inflammatoire (A, fig. 5, PI. I). Dans la zone externe ou adventice, le tissu conjonctif est fortement tassé et ses fibrilles forment un lacis serré, concentrique autour du vaisseau. D'ailleurs, le tissu conjonctif formant la gangue qui relie entre eux les divers éléments de l'espace porte est hyperplasié d'une façon générale, sans apparition d'éléments embryonnaires et tout en conservant ses rapports normaux avec le tissu hépatique; de plus, les fines trabécules qu'il envoie entre les éléments cellulaires du foie, sont faiblement et régulièrement épaissies, ce qui reproduit exactement ce que nous avons décrit précédemment pour les éléments musculaires du cœur (é, fig. 5, PI. [).

Dans les parois de la veine porte. on observe de même, l'hypergénèse du tissu conjonctif dans les endroits où il existe normalement chez l'adulte, et surtout dans la tunique externe, où ses faisceaux ondulés acquièrent une pré-

dominance telle sur les fibres musculaires lisses circulaires et longitudinales, que souvent ces éléments contractiles deviennent difficilement visibles. {V, fig. 5, PL. 1).

Autour des canaux biliaires cb (fig. 5, PI. I) on peut voir un épaississement réguliérement circulaire de la tunique externe, avec tassement des fibrilles connectives, identique à celui que nous avons observé autour des vaisseaux, et souvent même, plus prononcé. En outre, nous avons plusieurs fois rencontré dans cette zone conjonctive péri-canaliculaire, une assez grande quantité de noyaux, paraissant appartenir à des éléments embryonnaires dont nous ne nous expliquons pas bien l'origine. Quant aux cellules épithéliales : des canaux biliaires, elles sont absolument intactes.

Parmi les coupes du rein que nous avons pratiquées sur un assez grand nombre de séniles très avancés, nous n'en avons trouvé que très peu ne présentant pas des traces manifestes d'artério-sclérose, ce qui montre que, chez les vieillards, les lésions pathologiques des artérioles sont beaucoup plus fréquentes dans le rein que dans les autres organes considérés. Notre but étant ici de rechercher les modifications dues à la seule influence de la sénilité, nous avons étudié les coupes de rein du sénile de quatre-vingt-huit ans dont les artères ne présentaient aucune des lésions particulières de l’artérite chronique.

Des coupes pratiquées dans la zone moyenne de la substance corticale, montrent des glomérules avec leurs artérioles, des tubes contournés et des branches ascendantes et descendantes de l’anse de Henle. En comparant ces coupes avec celles du rein de l'individu adulte et du sénile au début, on peut se rendre compte des modifications subies par les différents éléments.

Les artérioles, dans ce cas de sémilité avancée et normale que nous considérons comme exceptionnel, ne présentent

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