‹ Contribution à l'étude des artères séniles normalesChapitre 12 sur 32 · NN ES · texte numérisé non relu

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pas d’endartérite, les quelques cellules endothéliales respectées par la coupe reposant directement sur la lame élastique interne {x (fig. 6, PI. I) ; nous tenons d'antant plus à signaler cette absence de manifestation pathologique sur la tunique des artérioles rénales de ce vieillard, que, presque toujours, dans l’âge avancé, même lorsqu'on n’a pas affaire à un cas d'artério-sclérose confirmée, ces vaisseaux présentent des formations endartéritiques d’un caractère particulier. On voit, en effet, dans ces cas fréquents de rein sénile, en dedans de la lame élastique interne, une néoformation conjonètive mince, tapissant d’une couche à peu près uniforme, la surface interne de la limitante et paraissant composée de lamelles concentriques de structure fibrillaire souvent déchiquetées, disjointes, entre lesquelles on apercoit quelques noyaux aplatis, indiquant la présence de cellules fixes. En même temps, la lame élastique elle-même a subi les altérations que nous avons déjà signalées dans le myocarde ; épaississement irrégulier, plissements et commencement de dégénérescence granuleuse. Nous sommes évidemment là, en présence des résultats d’un processus pathologique qui a dû s'effectuer très lentement et qu’il ne faut pas confondre avec les simples modifications évolutionnelles dues à la sénilité, mais différent aussi des lésions d’endo-périartérite commune des reins scléreux dont les caractères histologi— ques sont tout autres. On peut invoquer, pour expliquer la pathogénie de ces lésions, lintoxication lente due à des causes diverses parmi lesquelles le ralentissement sénile de toutes les fonctions et en particulier de celies de nutrition, doit tenir le premier rang.

La tunique moyenne se présente dans le rein sénile, avec les mêmes caractères que dans les autres organes ; c'est-àdire dissociation et délamination des éléments musculaires lisses par des fibrilles connectives. Comme dans le foie

sémile, la tunique externe conjonctive est épaissie, des fibrilles connectives enserrent le vaisseau de leurs lacis concentriques, et finalement, le champ conjonctif péri-vasculaire est agrandi ; les capillaires sanguins présentent les mêmes modifications que dans le foie et le cœur ; enfin les minces travées connectives qui servent de cément d'union aux éléments glandulaires du rein, sont légèrement épaissies, mais d'une façon égale et régulière et sans qu'on puisse, jamais rencontrer de ces grandes travées conjonctives irrégulères suivant la direction des vaisseaux, comme cela s'observe dans les reins scléreux dont les artîres sont toujours en même temps, pathologiquement lésées.

En résumé, et à part quelques modifications inhérentes à la structure des organes qu'elles sont chargées d'irriguer, les artérioles, quel que soit leur calibre, montrent toujours chez les séniles normaux d'un âge avancé, des modifications générales de structure, pouvant toutes être ramenées à un même schéma qui n'est en quelque sorte que l'exagération de ce que nous avons déjà constaté dans les artérioles du type de début de la sènihité, à savoir : Absence d'endar-— térite proliférante ou oblitérante; épaississement, plissement irrégulier et quelquefois dégénérescence par places, de la membrane limitante interne; dissociation des fibres cellules contractiles de la tunique moyenne par les éléments connectifs hyperplasiés, amenant en même temps que l’épaississement de cette tunique, l’atrophie des éléments contractiles étouffés par cette production; épaississement de la tunique adventice dont le tissu conjonctif devient plus fibrillaire sans apparition de noyaux jeunes.

En dehors de la zone vasculaire proprement dite, nous avons constaté en même temps, l’agrandissement régulier du champ conjonctif périartériel qui conserve la même forme et les mêmes proportions que chez l'adulte ; un léger

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épaississement des trabécules connectives élémentaires et des travées normales interfasciculaires qui conservent de même, leur disposition normale relativement aux éléments

nobles, sans que jamais il n'apparaisse de travées irrégu-

lières et dissociantes, caractéristiques de la sclérose.

Tels sont les caractères histologiques généraux des artérioles, chez ces rares vieillards qui ont réussi à atteindre un âge avancé sans qu'aucune affection quelconque ne soit venue altérer, au bout d'un temps plus ou moins long leur système vasculaire, et détruire la parfaite harmonie de leurs fonctions. Nous allons maintenant jeter un rapide coup d'œil sur l’état de ces mêmes vaisseaux, chez les vieillards com— muns, plus ou moins entachés d’artério-sclérose généralisée et chez lesquels nous allons retrouver les formes classiques de la sclérose-vasculaire considérée actuellement comme le caractère de la sénilité du système circulatoire. Une courte étude comparative de ces deux états, nous permettra ensuite, de distinguer histologiquement dans un système vasculaire sénile quelconque, la part d’altération qui revient au processus évolutionnel normal, contre lequel toute intervention thérapeutique estau moins Imutile, et celle qui relève du processus pathologique, souvent au contraire justiciable d'un traitement approprié.

TYPES SÉNILES COMMUNS ARTÉRIO-SCLÉREUX.— Ces types se rencontrent à chaque instant dans les services hospitaliers et il nous a été facile de recueillir des pièces d'étude, provenant de sujets artério-scléreux d'âges différents, depuis la période de début de la sénilité, jusqu'à une vieillesse assez avancée, ce qui nous a permis d'effectuer quelques comparaisons entre l’état normal et pathologique, aux différentes périodes de l’évolution. Sans entrer ici dans les nombreuses distinctions que l'on a faites dans l'anatomie pathologique

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des scléroses viscérales qui n’intéressent notre question qu'à un titre tout à fait secondaire. nous aurons seulement en vue ici les altérations pathologiques des petites artères si fréquentes dans la vieillesse et qui constituent les caractéres anatomo-pathologiques de l'artério-sciérose.

Nous avons pratiqué nos coupes dans différents organes (cœur, foie, rein, etc.), chez des artério-scléreux encore peu avancés en âge (cinquante à soixante ans) et chez plusieurs autres beaucoup plus vieux, variant entre soixante-dix et quatre-vingt-dix ans. Chez le jeune comme chez le vieux, nous avons toujours trouvé dans les artérioles, les lésions classiques de l’artério-sclérose, mais avec des degrés et des formes variables selon l’âge et suivant la rapidité avec laquelle a évolué le processus pathologique, à savoir :

1° Une endartérite constante, caractérisée par un épais-— sissement de la tunique interne quelquefois assez régulier et formant nne zone qui, en augmentant progressivement, peut finir par oblitérer complétement le vaisseau (endar— térite oblitérante progressive), mais, plus souvent, produisant des bourgeonnements irréguliers riches en novaux jeunes, faisant saillie dans la lumière de l’artériole (endartérite proliférante) e, (fig. 4. PI. I). Ces néoformations sont constituées par des éléments fusiformes quise transforment promptement en tissu fibreux. La membrane élastique est fréquemment dégénérée.

20 La tunique moyenne présente des lésions essentiellement subordonnées à l’âge des sujets et à la rapidité du processus, il est donc extrêmement intéressant de les ana— lyser, puisque nous savons déjà, que c'estsurtont dans son intérieur, que se produisent les modifications dues à la sénilité pure.

Chez les artério-scléreux relativement jeunes où au débnt de la sénilité, chez lesquels le processus pathologique, de

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