‹ Contribution à l'étude des artères séniles normalesChapitre 14 sur 32 · ARTÈRES DU TYPE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ARTÈRES DU TYPE MUSCULAIRE

TYPE ADULTE NORMAL. — Parmi les artères musculaires, nous avons étudié plus particuliérement les radiales, pédieuses et coronaires ; comme les modifications que nous avons à signaler sont d'ailleurs identiques dans ces différentes artères et ne présentent que de légères variations en rapport avec l'épaisseur relative des tuniques, il nous suffira d'étudier l’une quelconque d’entre elles, la radiale par exemple.

Sur des coupes transversales de la radiale du jeune individu de vingt ans que nous considérons comme le iype normal adulte (fig. 3. PL. Il), nous trouvons, de dedans en dehors, 1° la tunique interne ou endartère, représentée par une couche de cellules endothéliales souvent desquammeées et reposant sur une mince couche élastico-connective, formation striée, ou couche juxta-musculaire de M. Vial-

leton, qui montre des noyaux légèrement allongés dans le sens transversal e (fig. 3. PI. Il) ; cette tunique est limitée par la lame élastique interne /5 (fig. 3).

2° La tunique moyenne, d'une épaisseur considérable, est constituée par les cellules musculaires coupées paral-lëlement à leur direction et réunies en petits groupes ou faisceaux serrés entre lesquels un mince stroma connectif leur sert de-cément d'union én (fig. 3. PI. ID) : de plus, des fibres élastiques minces, plus nombreuses à mesure qu'on s’avance vers l’'adventice, forment au sein de cette tunique un fin réseau en relation d'une part, avec la lame élastique interne et, d'autre part, avec les grosses fibres élastiques de la tunique externe. Sur des coupes longitudinales, il est encore plus facile de se rendre compte de la disposition relative des éléments musculaires et connectifs, les premiers, en effet, sont coupés transversalement et paraissent alors réunis en petits groupes que leur coloration plus intense rend nettement distincts des faisceaux conjonctifs qui les séparent.

3° La tunique externe fe (fig. 3. PI. Il) est formée par des faisceaux de tissu conjonctif à direction longitudinale et par de grosses fibres élastiques diversement contournées et d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche davantage de la tunique moyenne.

TYPE SÉNILE AVANCÉ SANS LÉSIONS PATHOLOGIQUES. — Nous prendrons encore comme sujet de notre description, les radiales du vieux sénile de quatre-vingt-huit ans qui nous a déjà fourni le type sénile normal des artérioles. Durant sa vie, il nous était impossible de sentir au doigt, la moindre induration dans ces vaisseaux : à l’autopsie, nous avons soigneusement isolé l’artère sur une certaine longueur et nous avons ensuite pratiqué des coupes à

différents niveaux. Nous avons constaté, en certains points, des zones de dégénérescence sous-endartérielle, paraissant débuter au niveau même de la membrane élastique interne, avec épaississement fibreux correspondant de l'endartère ; mais, en d’autres, ces vaisseaux ne montraient plus aucunes traces de lésions inflammatoires et nous avons pensé que c'était à ces points qu’il fallait s'adresser pour saisir les modifications dues exclusivement à la sénilité. Dans ces points, où la radiale nous a ainsi paru indemme de tout élément pathologique (fig. 4, PI. 11), nous avons observé : 1° un épaississement léger, constant et régulier de l'endartère e. (fig. 4) dû à l’hypertrophie de la zone connective normale sous-endothéliale, dont les couches profondes présentent un aspect fibrillaire avec des cellules plates à noyaux allongés. Get Cpaississement ne nous paraît pas devoir être considéré comme de l’endartérite pathologique, étant donné sa régularité, sa faible épaisseur, sa présence en tous les points de la longueur de l'artère et l'absence de noyaux embryonnaires, tous caractères bien différents de ceux des néolormations inflammatoires.

2° Dans la tunique moyenne, les cellules musculaires sont écartées et dissociées d'une façon égale et régulière par le stroma conjonctif qui présente un développement beaucoup plus considérable que chez l'adulte ; de sorte que ses fibrilles écartent les uns des autres, les éléments contractiles et les faisceaux qu'ils constituent, éme (fig. 4, PI. IT). mais sans jamais former de travées irrégulières désorganisant par places la tunique moyenne, comme cela s'observe dans les mésartérites pathologiques. Sur des coupes longitudinales, cet aspect apparaît encore mieux, car les éléments musculaires sont sectionnés transversale ment et tranchent nettement par leur coloration rouge sur le fond beaucoup plus pâle, constitué par le tissu

TN

fibreux. Si l'on compare alors avec l'état adulte, on voit facilement l'importance prise par l'élément conjonctif dans la tunique musculaire de lartère sénile, comme d'ailleurs Ranvier l'avait déjà vu et signalé dans son Traité d’Histologte.

Dans la tunique moyenne, les fibres élastiques ne paraissent pas plus abondantes qu'à l’état normal ; mais, vers la périphérie, elles se tassent en se disposant parallélement, formant ainsi une série de lames concentriques ondulées qui enserrent, de temps à autre, des cellules musculaires devenues plus rares /{ (fig. 4). Il en résulte, qu’à de faibles grossissements, la zone périphérique présente un aspect lamelliforme dont la coloration jaunâtre se confond, peu à peu vers l’intérieur, avec la couleur nettement rouge de la portion musculaire de la mésartère.

3° Dans la tunique externe, le tissu conjonctif est plus dense, plus fibrillaire que dans l’artére adulte ; il acquiert la prédominance par rapport aux éléments élastiques qui n'apparaissent plus ici comme des lames continues et diversement contournées, mais comme de petits points réfringents dispersés dans le tissu fibreux ; ce qui semble montrer que les fibres élastiques qui existent dans cette zone à l’état adulte, ont été fragmentées et dissociées par le tissu fibrillaire progressivement envahissant te (fig. 4, PI. Il). Quant aux petits vaisseaux de l'adventice, ils se montrent avec les mêmes modifications que nous avons signalées précédemment dans les artérioles séniles normales.

Chez d'autres séniles plus jeunes, d'âge variant entre soixante et quatre-vingts ans et n'ayant jamais présenté de symptomes manifestes d'artério-sclérose, nous avons toujours retrouvé ces mêmes modifications dans les tuniques des artères du type musculaire, mais à des degrés

variables selon l’âge. Ces modifications, sur lesquelles nous n'insistons pas davantage puisqu'elles ne sont que l'expression amoindrie de l’état sénile normal que nous venons de décrire en détail, auraient pu présenter cet avantage de ne s'accompagner chez les séniles peu âgés, d'aucune trace d'état pathologique avéré ; toutefois, nous avons préféré demander à la radiale du vieillard de quatre-vingt-huit ans, la description des modifications de la sénilité normale, parce qu'elles y étaient très évidentes et portées au plus haut degré, étant donné surtout, que nous avons pris la précaution d'étudier les coupes en des points indemnes d'artérite.

TYPES SÉNILES COMMUNS ARTÉRIO-SCLÉREUX. — Ce sont les artères athéromateuses si communes chez les vieillards. Sans nous occuper ici des questions de pathogénie encore controversées aujourd'hui, nous décrirons rapidement les principaux types de lésions de sclérose artérielle que nous ont montré les nombreuses coupes d'artères de séniles à différents âges, notre but étant seulement de rechercher les relations qu'elles présentent avec les types précédents. Bien que les coronaires et les thoraciques soient le plus fréquemment atteintes, nous avons examiné ici plus spécialement les radiales qui ont déjà fait l'objet des études précédentes chez l'adulte et le sénile normal.

Même chez des séniles au début, on peut rencontrer des radiales déjà fortement sclérosées dans lesquelles le processus pathologique a sans doute évolué rapidement ; 11 y a une endartérite considérable par prolifération des éléments conjonctifs de la tunique interne, qui forment là du tissu scléreux, fibrillaire, dans lequel se voient des cellules aplaties, fusiformes disposées par lits concentriques, de sorte que la tunique interne présente, en certains points de

Page 1