‹ Contribution à l'étude des artères séniles normalesChapitre 19 sur 32 · ER UE · texte numérisé non relu

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confondre avec tout autre élément histologique. Parfois on constate en quelques points des lamelles élastiques non encore fragmentées, de fines granulations qui pourraient être interprétées, comme le début du processus de fragmentation. La lame élastique interne n'échappe pas toujours à ce processus destrncteur, et la limite qu'elle constitue normalement entre l’endartère et la tunique moyenne, est beaucoup moins nette que dans les aortes jeunes et adultes.

Si l'on examine maintenant les éléments histologiques situés entre les lames élastiques, et que nous savons être représentés à l’état normal, par des cellules musculaires entourées d’un mince stroma connectif, nous verrons tout d'abord, que les noyaux indiquant la présence des éléments contractiles sont devenus plus rares et plus espacés, ce qui s'aperçoit facilement, surtout dans les espaces inter-lamellaires où la coupe a sectionné transversalement ces éléments. En analysant la coupe à de forts grossissements, on voit la prédominance prise par l'élément conjonctif sur l'élément contractile, lequel, suivant sans doute le même processus que dans les artères musculaires, s’est trouvé enserré, puis dissocié et étouffé par la prolifération du cément connectif qui lui sert de trame normalement chez l'adulte.

Tels sont les caractères de la mésartère de l’aorte sénile : 1° Fragmentation des lames élastiques qui conservent cependant leur direction générale ; 20 diminution des éléments contractiles et augmentation des éléments connectifs. Remarquons que nous n'avons signalé en aucun point de cette tunique, la présence de vaisseaux de néoformation plus ou moins récente, comme cela est si fréquent dans les aortites chroniques.

Tunique externe. — À mesure qu'on s'avance vers la tunique externe, les éléments conjonctifs deviennent de

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plus en plus prédominants, comme cela existe d'ailleurs chez l'adulte normal; la fragmentation des lames élastiques est aussi plus complète. Dans la tunique externe proprement dite, les petits vaisseaux nourriciers montrent les mêmes modifications que nous avons signalées dans les parenchymes. Les artérioles ne présentent point d’endartérite oblitérante ; le tissu conjonctif modelé est tassé tout autour d'elles, dans la zone de l’adventice, et, dans celles qui sont d’un calibre suffisant, on reconnaît la délamination de la tunique moyenne, résultant du processus évolutionnel sénile.

Telles sont les modifications histologiques que nous avons observées et que nous considérons comme caractéristiques de l'aorte sénile. Notre description a été faite d'aprés l'aorte de séniles normaux d’un âge très avancé ; en examinant ce même vaisseau chez des séniles moins vieux, nous avons trouvé les mêmes modifications, mais à des degrés d'autant moindres que l'individn considéré était plus jeune. Ainsi, chez un sénile normal de soixante ans, la bande claire commence à apparaître daus la formation striée de l’endartère, bien que cette couche soit encore a peu près intacte dans sa portion externe. Les lames élastiques ne sont que peu ou point fragmentées, mais elles présentent, en divers points, de fines granulations qui semblent devoir être interprétées comme un commencement de dégénérescence aboutissant à la fragmentation, à moins qu'on invoque simplement pour l'expliquer, l'action mécanique de l'hyperplasie conjonctive. Enfin, les éléments connectifs, bien qu'ayant déjà acquis un développement supérieur à la normale, sont loin d'être aussi nombreux que dans les aortes des séniles avancés que nous venons de décrire. ins

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TYPE SÉNILE COMMUN, ARTÉRIO-SCLÉREUX. — Notre intention n’est point d'entrer ici dans les descriptions longues et détaillées des différentes formes que revêtent les aortites chroniques, ce qui serait sortir du cadre que nous nous sommes tracé ; notre but est seulement ici, de rappeler en quelques lignes, les caractères principaux des altérations pathologiques de l’aorte sénile, pour mettre mieux en lumière les différences qui les séparent, des modifications que nous venons de décrire en détail et dont nous faisons les caractéristiques histologiques de la sénilité normale.

Nous n'avons donc en vue que les aortites chroniques dues à la manifestation sur l’aorte, de l'artério-sclérose généralisée. Choisissons l'aorte d’un vieillard artérioscléreux, en un point où elle ne présente pas encore de plaques d’athérome, et voyons sur une coupe, quels caractères différentiels généraux elle offre avec l’aorte sénile normale étudiée précédemment.

Il y a d’abord une endartérite manifeste, caractérisée par un épaississement srrégulier de l'endartère, énorme en certains points, très faible en d’autres. Ces épaississements sont dus au développement exagéré des éléments conjonctifs de la couche profonde de l’endartère, et c'est à ce niveau qu'apparaîtront bientôt les foyers de nécrobiose qui marquent le début de l’athérome.

Dans la tunique moyenne, les puissantes lames élastiques de l’aorte sont dissociées, désorganisées et même disparues en certains endroits; souvent, on ne voit plus traces d'éléments contractiles, étouffés par l'abondante production fibreuse. De grandes travées irrégulières de tissu conjonctif avec noyaux abondants et diversement ondulées, tantôt obliques, tantôt parallèles aux lames élastiques, sillonnent l'épaisseur de la mésartère, tranchant nettement, par leur

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coloration rouge, sur le fond jaunâtre des régions où prédomine l'élément élastique. De plus, il n’est pas rare de rencontrer, surtout dans la portion externe de cette tunique, des vaisseaux de néoformation issus de l’adventice et indiquant qu'un processus irritatif est venu s'ajouter au processus d'inflammation lente de l’artério-sclérose.

Dans la tunique adventice, on constate l'épaississement du tissu conjonctif, le tassement des fibres, l'apparition de néoformations vasculaires et surtout, une endo-périartérite des vaisseaux nourriciers (H. Martin) qui fait rarement défaut et qui amène en bien des points, leur oblitération complète. Nous devons faire remarquer, que dans l'aorte comme dans les autres points de l'arbre artériel, ainsi que nous l'avons vu pour les artérioles et les artères muscu— laires, les modifications qui caractérisent pour nous l'artère sénile, servent de substratum aux divers processus pathologiques classiques, surtout dans les cas où l’altération pathologique a eu un début tardif et une évolution assez lente pour permettre au sujet d'atteindre un âge avance.

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