SYMPTOMES
Les symptômes n'ont rien de bien spécial qui puisse, dès l'abord, faire pressentir la nature pneumococeique de l'arthrite.
Le début, d’ailleurs, en est souvent dissimulé par une pyrexie tconcomitante, dont laffection articulaire n’est qu'une complication. Décrire Parthrite pneumococecique reviendrait done à indiquer lallure clinique de larthrite aiguë en général; nous ne nous y atlarderons guère el nous nous contenterons d'indiquer les principaux symptômes que l’on y retrouve, en soulignant, chemin faisant, les particularités que peut présenter la maladie qui nous intéresse.
Voyons d'abord les symplômes locaux.
C'est, d'ordinaire, la douleur qui marque le début de l'arthrite, Elle apparait, le plus souvent, au niveau d’une seule articulation: lelest le cas, parmi lant d’autres, de ce malade de Galliard et Morély, qui au 10° jour de sa pneumonie éveille lattention sur son poignet droit où venait de se révéler une douleur très vive : tous les SYmptümes de Parthrile ne lardèrent pas à apparaitre. La
localisation monoarticulaire, en effet, est la règle dans
larthrile pneumococeique sauf dans les cas où la prédis-
position appelle linfection en plusieurs points,
La douleur, assez vive au début, dans la phase d'acuité, existe même au repos, mais elle est exaspérée par les mouvements el par Pexploration. Toutefois, il semble que linfeelion articulaire due au pneumocoque S'accompagne d'une réaction moins douloureuse que l'arthrite due à tout autre agent, soitque la maladie générale, au cours de laquelle elle survient souvent, en masque les symptômes fonctionnels, soit que les douleurs de Parthrite pneumococcique restent toujours modérées de par leur nature même. En tous cas, les souffrances ne tardent guère à se calmer après les premiers jours et, à ce moment, c'est surtout l'exploration qui permettra de découvrir Farthrite. Les mouvements imprimés à l'articulation malade, les pressions exercées au point atteint, réveilleront des souffrances parfois fort vives; limpotence sera bientôt complète et le membre prendra une attitude qui est à peu près toujours la même pour une même jointure. Bonnet en a fait une étude particulière et il arrive à cette conclusion que l'attitude prise par chaque articulation est due à l’'épanchement qui se fait à l'intérieur de la synoviale et telle que la cavité articulaire puisse contenir le maximum de liquide.
C'est ainsi qu'à la hanche, pour ne citer que Particulation où se localise avec un maximum de fréquence Parthrite pneumococcique, on observe la flexion avee un certain degré d’abduetion. C’est bien la position qu'affectait le membre inférieur de notre petit malade, et lon peut voir dans lPobservalion que la cuisse aurait été définitivement fixée dans cette position si M. le professeur Estor n'avait pris la précaution, après avoir guéri Parthrite, d'appliquer un appareil inamovible pour corriger Pattitude vicreuse en
voie de devenir permanente.
Les symptômes physiques n'ont rien de bien caractéristique ; ils traduisent l'inflammation et lépanchement articulaires, mais ne peuvent en indiquer la nature. On note, dès le début, une rougeureltune hyperthermie locales de la peau, qui apparaissent en même temps que la douleur et l'élévation de la température générale. Le gonflement de la région suit de près ; 1l peut atteindre de grandes proportionset amener la disparition des saillies osseuses. Il est dû en partie à l'épanchement intra-articulaire de liquide séreux ou purulent, et cet épanchement est souvent considérable; en partie, à lædème de la peau et des tissus périarticulaires. On a cru remarquer que cet œdème était très marqué dans larthrite pneumococcique, de même que dans la pleurésie pneumococcique. I devient blanc après la période inflammatoire du début et s'accompagnè de la dilatation du réseau veineux sous-cutané. La palpation révèle au début l'empâtement de la région ; au bout, de quelques jours, l'on pourra percevoir la fluctualion, au moins quand il s'agit d'articulations superficielles. Nous n'avons pas à insister ici sur les procédés à employer pour la rechercher dans les différentes articulations. énlin, signalons les alrophies musculaires quelquefois précoces qui, d'ordinaire, ont une prédilection pour cer- Lains groupes musculaires et qui sont d'observation commune dans là plupart des arthropathies.
Les symplômes généraux sont d'ordinaire assez marqués et bien souvent ils donnent Féveil. Rappelons toutefois que l’envahissement des jointures par le pneumocoque est bien souvent précédé ou accompagné d’une autre localisation de ce mierobe et qu'il devient alors difficile de faire la part de ce qui revient à l’arthrite et de ce qui doit être mis sur le compte de l'affection primitive. En
tout cas, même au cours d'une pneumonie, en même temps qu'apparaissent les signes locaux précédemment signalés, on note une aggravation de la dépression générale en même temps qu'une exacerbation de la fièvre. Encore celte élévation delatempérature traduit-elle plutôt, semble-t-il, la phase de généralisation que l'apparition de l'arthrite.
Dans le cas de Galliard et Morély, le pneumonique, qui avait fait une chute de température, présente 385 le huitième Jour, en même temps qu'apparait lParthrite du poignet droit; le surlendemain, la température était à 4072.
Dans les cas peu nombreux où la localisation articulaire est primitive, elle s'annonce souvent par un accès de fièvre avec frisson, comme au début de la pneumonie. MM. Vidal et Lesné rapportentle cas d'un malade, ancien rhumatisant, qui présente, au moment où son articulation sterno-claviculaire gauche elsa gaine synoviale de Pavantbras sont envahies par le pneumocoque, le frisson et laspect général d'un pneumonique,sans que le poumon soil en cause à aucun moment. De même, dans le cas d'Ausset, la température du pneumonique s'était abaissée, quand, tout à coup, elle remonta à 413, avec petitesse et rapidité du pouls ; la tuméfaction des genoux et la rougeur de la peau à ce niveau suivirent de peu l'apparition de ces symptômes généraux el permirent de diagnostiquer la double arthrite pneumococcique.
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