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« Le rhumatisme blennorhagique lèche plusieurs arficulations, mais il en mord une particulièrement ».
De nombreux parallèles, dont le plus célèbre est celui de FOURNIER, ont été établis entre le rhumatisme articulaire aigü et cette polyarthrite. Mais, si complets qu’ils soient, ils ne peuvent établir une règle bien nette de discrimination et le diagnostic différentiel est laissé au sens clinique du praticien, car le rhumatisme gonococcique se présente parfois avec tous les signes du rhumatisme articulaire angine, herpès, complications cardiaques, etc...
Il y a donc lieu, dans ce cas, de vérifier l’intégrité des voies génito-urinaires, d'interroger le malade d’une façon très attentive et de relever tout antécédent susceptible de mettre sur la bonne piste, enfin de noter l’allure de l'affection. Le plus souvent, il s’agit d’un malade ayant présenté une atteinte des voies génito-urinaires quelques jours ou quelques semaines auparavant, qui se plaint de courbatures, fièvre, maux de tête. Brusquement, quelques douleurs apparaissent à une ou plusieurs articulations ; ces douleurs sont très mobiles ; mais il est à remarquer que, souvent, une articulation est plus spécialement atteinte. L’évolution peut très bien s’arrêter là, ou au contraire se compliquer d’hydarthrose, de pyarthrose, d’arthrite phlegmoneuse ou d’ostéo-arthrite.
On a souvent remarqué un certain balancement dans l’allure de ces polyarthrites : l’atteinte initiale a-t-elle été très aiguée, la mono-arthrite terminale
OM, die
est relativement bénigne ; au contraire, si la polyarthrite a été légère, les atteintes finales sont violentes, excessivement douloureuses et lentes à
disparaître.
c) Formes septicémiques :
Longtemps, le gonocoque a été considéré comme un microbe ne s’attaquant qu'aux voies génitourinaires et aux articulations. Mais, quand certaines arthrites, jusqu’alors rangées parmi les rhumatismes, ont été reconnues d’origine blennorhagique, il fallut bien se rendre à l’évidence et constater que ce germe atteignait également tous les tissus.
Dès 1894, HEWES découvrait la présence du gonocoque dans le sang ; depuis cette date, les examens se sont multipliés et l’on voit que le passage de ce microbe dans le torrent circulatoire est un phénomène assez fréquemment observé.
Mais la diffusion dans tout l’organisme peut se faire de différentes sortes; comme l'ont fait remarquer récemment S. Manu, D. JANNESCO, I.
CLAUDIAN et A. BRULL : « Généralement, on pourrait diviser les gonococcémies en deux grandes classes:
1°) Les bactériémies passagères théoriquement admises, au cours desquelles le microbe n’est qu’exceptionnellement isolé du sang, mais dont la présence dans la circulation est trahie par les localisations hématogènes de l'infection.
2°) Les septicémies proprement dites dans les-
NS or tes
quelles le germe se développe et pullule dans le sang en provoquant des symptômes cliniques plus ou moins bruyants d’infection générale. Cette dernière classe comprend deux catégories de cas de fréquence très inégale :
a) Les septicémies à métastases multiples, surtout articulaires et endocardiques, qui représentent l’immense majorité des cas.
b) Les septicémies pures où l'infection gonococcique se traduit exclusivement par des signes d'infection générale.
Presque toujours, cette septicémie se termine dès la localisation articulaire ; parfois, et surtout dans les cas où il y a endocardite, elle semble persister, mais alors il s’agit le plus souvent de véritables décharges microbiennes dans le sang, continuellement mis en contact avec un endocarde infecté. Cependant, on peut assister à un tableau complet d’infection généralisé, et FAURE-BEAULIEU
distingue trois formes principales :
1) Fièvre continue, forme typhique très rare.
2) Fièvre rémittente, souvent forme anémique avec décoloration de la peau et des muqueuses.
3) Fièvre intermittente : « La maladie évolue par poussées successives tout à fait comparables à