D) MÉDICAMENTS
En action locale, à peu près tous les médicaments ont été essayés ; le seul résultat que l’on puisse en attendre est une sédation rapide de la douleur.
Pour le traitement général, les iodures, les arsenicaux, le salycylate, les métaux colloïdaux ont eu, tour à tour, leurs moments de faveur et tous comptent un certain nombre de succès. En résumé, le nombre de médicaments vantés par les praticiens s’élève au moins à une cinquantaine ; tous ont leurs partisans et leurs détracteurs. Ces faits montrent bien qu’il n’y a aucune thérapeutique vraiment spécifique et sûrement efficace.
E) SÉROTHÉRAPIE
Un mot d’abord sur lautosérothérapie, cette
méthode pratiquée de trois façons
autohémothérapie,
autosérothérapie,
exsudothérapie, ne paraît pas donner de résultats bien satisfaisants. Malgré quelques succès, la plupart des cas traités de cette manière n’ont donné que des améliorations temporaires et peu considérables,
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Déjà, depuis 1897, DE CHRISTMAS avait présenté l’action anti-toxique et neutralisante du sérum d'animaux immunisés contre le gonocoque. Mais ce n’est qu’en 1906 que les premiers essais de sérothérapie chez l’homme furent entrepris. Comme pour les autres traitements, les résultats sont très contradictoires. Toutefois, le nombre des succès thérapeutiques est assez encourageant. De nombreuses sortes de sérum ont été employées, nous n’en citerons que les principales :
Deux sérums spécifiques : le sérum de NICOLLE, utilisé par voie sous-cutanée intra-musculaire, intra-articulaire, intra-veineuse, n’a pas grande efficacité.
Le sérum de STERIAN, « polymicrobien antigonococcique préparé à l’aide d’un antigène récolté directement dans son milieu naturel, le pus blennorhagique ». Cependant, son efficacité est à peu près nulle, et la commission des sérums disant « qu’il est impossible de faire une différence visà-vis du gonocoque ou d’un microbe quelconque entre un sérum équin normal et le sérum de STE- RIAN » a strictement limité son emploi à l’oculistique.
Les sérums antigonococciques étant d’une préparation excessivement difficile, on s’est adressé à d’autres germes.
En premier lieu, nous citerons le sérum antiméningonococcique qui a donné d'excellents résultats en injections sous-Cutanées. Toutefois, comme pour tous les traitements, les échecs sont nombreux
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et certains auteurs tels que BERNARD (1921) prétendent « qu’il peut y avoir des accidents précoces, graves ; on a signalé des cas de mort subite, les accidents tardifs seraient assez fréquents, consistant surtout en accidents septiques ».
On a essayé également les sérums diphtériques, streptococciques, polyvalents (gonocoques et bacilles typhiques), mais les observations sont trop peu nombreuses pour qu’on puisse leur conférer une certaine efficacité.
Deux modes d’emploi sont surtout efficaces dans le traitement des arthrites : L’injection intraarticulaire ; sa technique est facile ; après avoir évacué par ponction une certaine quantité de liquide, on introduit dans l’articulation une quantité de sérum égale ou inférieure à celle du liquide retiré.
Il est utile cependant de joindre au traitement intra-articulaire quelques injections intra-musculaires de sérum.
L’injection intra-veineuse paraît la meilleure méthode thérapeutique dans les formes septicémiques de la blennorhagie. « Dans le traitement des arthrites anciennes, surtout si celles-ci sont le siège de poussées inflammatoires discrètes, elle donnera parfois des résultats inespérés. Ges effets thérapeutiques ont été constants, dans tous les cas traités Jusqu'à ce jour. La sérothérapie intra-veineuse ne présente pas d’inconvénients à condition d’observer toutes les précautions nécessaires » (Monpon).
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F) VACCINOTHÉRAPIE
Il existe actuellement de très nombreux vaccins spécifiques, non spécifiques, mixtes, stock-vaccins mono ou polyvalents, auto-vaccins mono ou polymicrobiens. Ils se caractérisent également par leur mode de préparation : vaccins aqueux, antiseptiques, à l’alcool-éther, huileux, etc. Les plus employés dans la pratique courante sont
Le vaccin de l’Institut Pasteur de NicozLe et BLAIZOT.
Le Néo-Dmégon.
Le vaccin Bruschettini.
Le mode d'emploi le plus en usage est la voie sous-cutanée ; mais la vaccinothérapie n’est pas sans danger, elle exige une surveillance clairvoyante. Cette méthode se montre parfois très efficace, et c’est ainsi que nous avons sous les yeux une observation qui montre l’action évidente de ce traitement. |
« Jeune fille de 20 ans, tisseuse de profession, entrée au service de M. le Professeur VAUTRIN le 31 Décembre 1920.
Réglée régulièrement depuis l’âge de 17 ans.
Depuis un mois environ, elle accuse des pertes blanches tachant le linge.
Il y a trois semaines environ que la malade se plaint de douleurs dans l'épaule droite et, de ce fait, les mouvements du bras sont à peu près impossibles. À son entrée, la malade a une température légèrement fébrile,.
Le bras est en légère abduction ; l'articulation scapulo-humérale est très peu tuméfiée.
Les palpations éveillent des douleurs en divers points ; de plus, les mouvements sont limités et douloureux et, à chaque mouvement du bras, l’omoplate est entraînée.
On constate un écoulement vaginal et l'examen pratiqué au spéculum indique une vaginité blennorhagique avec endométrite cervicale.
La malade est soumise à un traitement au Néo- Dmégon et, vers le 15 Janvier, sort guérie de son arthrite. »
Les résultats ainsi obtenus, quoique souvent contradictoires, méritent cependant qu’on y attache
une valeur réelle.
G) PROTÉINOTHÉRAPIE
On a employé tour à tour la peptone, le lait, la caséine, le lait peptoné, la cibalbumine. Cette méthode est basée sur le choc protéinique ; quelques succès ont pu être obtenus, mais ce procédé est actuellement très peu employé.
H) PHYSIOTHÉRAPIE
L’hypérémie active ou passive obtenue par la chaleur, le bain ou la douche d’air sont des adjuvants qui rendent parfois d’excellents services. Il en est de même pour la radiumthérapie et l’électrothérapie.