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La mobilisation active, sur laquelle insiste beaucoup son auteur, a pour but d’évacuer tout le liquide de la cavité par l’expression provoquée par le frottement des surfaces articulaires et les contractions des muscles voisins. Son application correcte est extrêmement difficile, car le malade comprend rarement l'intérêt des mouvements qu’on lui impose et qui lui provoquent des douleurs assez vives. Aussi, WiLLEMS insiste sur l’éducation du personnel infirmier qui doit bien connaître la méthode, avoir foi en elle et qui, à toute heure du jour, doit être au chevet du malade et l’encourager à persévérer dans ses efforts.
« Enfin, ajoute-t-il, il faut savoir que, lorsqu’au cours d’une mobilisation qui s'exécute régulièrement, apparaît tout à coup une impotence fonctionnelle avec douleur et fièvre, c’est qu’il s’est produit de la rétention, souvent minime d’ailleurs, et que pour faire rentrer tout dans l’ordre et amener la reprise des mouvements, il suffit de faire cesser la rétention par une mobilisation plus complète ou plus fréquente ».
Un autre point sur lequel il faut également insister, c’est le danger de la mobilisation passive : celle-ci n’exprime bien que le liquide articulaire, le pus contenu dans les tissus avoisinants, n’en peut être chassé correctement, car les contractions musculaires sont alors sans énergie, donc sans efficacité.
Toutefois, les arthrites gonococciques ayant nécessité l’arthrotomie, sont en général « atroce-
En BOL
ment douloureuses » et la mobilisation active est à peu près impossible. On se verra donc obligé parfois de pratiquer une ou deux séances de mobilisation passive sous anesthésie.
Quelques auteurs divergent cependant sur un certain point : ils préfèrent suturer tout de suite les lèvres de la plaie ; « si des signes de rétention surviennent, il suffira de ponctionner une fois, deux fois, trois fois si c’est nécessaire ». C’est là une légère divergence de technique, mais l’idée même n’est pas modifiée.
À l’arthrotomie, on peut joindre la sérothérapie ou la vaccinothérapie ; « il est désirable, dit RouvirLois, que l’une et l’autre soient appliquées d’une façon aussi précoce que possible, car elles sont, l’une et l’autre, inefficace s’il existe des lésions constituées ». Dans son rapport au Congrès de Chirurgie, Monpor fait confiance à la méthode mixte : arthrotomie et vaccinothérapie.
Les résultats obtenus sont très variables ; les uns semblent affirmer des succès en série, tandis que d’autres avouent des succès partiels ou même des échecs absolus.
L’arthrotomie avec mobilisation immédiate est la méthode adoptée par notre maître, le Professeur HAMANT, dans son service chirurgical des Hôpitaux de Nancy. Nous citerons un cas où cette technique a donné des résultats excessivement bons : il s’agit d’un malade soigné par le Docteur DomBRray, à l’amabilité de qui nous devons l’observation, et opéré en collaboration avec le Professeur HAMANT.