DETTE
sieur qui n’a jamais eu de gonorrhée sans être pris de rhumatismes, et cela arriva plus d’une fois ».
En 1806, 1807, 1808, Sir Astley CoPprEr professait déjà l'origine gonococcique de ces affections, si nous en croyons ELLISTSON.
Jusqu’en 1833, nous rencontrons les noms de REuss et CALLISEN, du Baron YVAN, de HERNANDEZ qui signalent l’ankylose par soudure des pièces articulées, de même CLOQUET prétend que les articulations coxo-fémorales sont plus souvent attaquées chez les femmes que chez les hommes. En 1833, RicoRb décrit cette affection d’une façon tout à fait remarquable. Jusqu’en 1860 de nombreux auteurs, dont TEISSIER, ont touché à cette question. Cependant, tout le monde n’est pas convaincu et THiry écrit « qu’il est impossible de découvrir la moindre relation de cause à effet entre une uréthrite et une arthrite ; l’explication par une métastase est une échappatoire ; il n’y a aucune affinité anatomique entre le tissu muqueux des organes génito-urinaires et le tissu séreux et fibreux des articulations ».
PETER aborde le sujet de front, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, en posant nettement la question. « Il y a, dit-il, dans les accidents rhumatismaux, dans le cours de la blennorhagie, un point de fait et un point de doctrine. Le point de fait, c’est la concomitance, la succession ou l’alternance des accidents rhumatismaux et de la blennorhagie. Ce point de fait n’est pas discutable, les arthropathies surviennent fréquemment chez des individus blennorragiques. Le point de doctrine : y a-t-il coïnci-
RENE, |, Dore
dence ou corrélation. La corrélation peut s’entendre de deux manières : ou la blennorhagie crée de toutes pièces une espèce de rhumatisme spécifique, ou elle ne fait que prédisposer à l’explosion des accident rhumatismaux ; elle agit comme cause prédisposante, elle met l’organisme dans un état d’opportunité morbide ; il n’y a là qu’un rhumatisme ordipaire survenant dans le cours et par le fait d’une blennorhagie chez un individu qui, sans cette blennorhagie, aurait impunément ressenti l’influence du froid ».
« Ici la blennorhagie ne joue qu’un rôle étiologique, elle prédispose ».
« Il ne me répugne pas de croire à l’existence d’un rhumatisme spécifique, seulement jusqu’ici j’en trouve les caractères vagues, mal accusés. A la Société de déterminer et de résoudre ces questions. L’abondance des observations et la qualité des observateurs n’y font pas défaut ».
Pour FOURNIER : « 1° L’affection uréthrale est la cause efficiente, directe, nécessaire. S’il n’avait pas de blennorhagie, notre malade n’aurait pas le rhumatisme spécial dont il souffre aujourd’hui ; 2° les complications articulaires de la blennorhagie sont très différentes comme symptômes, comme localisation, comme évolution, comme complications possibles, comme conséquences d’avenir et d’hérédité.. d’où je crois que rhumatisme blennorhagique et rhumatisme simple sont deux maladies essentiellement distinctes. Le rhumatisme blennorhagique a, dans ses formes pures et complètes, une physiono-