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lésions osseuses, ce n’est pas notre avis, car si l’on
consulte une autre statistique du même auteur, on LS
trouve :
Le tibia intéressé... .... ER 91 fois Le cubitus intéressé.....,..... VE) Le radius » MR 15 25 L'humérus DR ren 0 9 Le fémur LS CON PRE ENCRES Le péroné DRE rer La clavicule » eue PES CS
Les orteils, doigts intéressés... 20 »
Or, les articulations le plus souvent frappées par l'hérédo-syphilis sont précisément les grandes articulations, celles qui correspondent aux os qui sont le plus souvent atteints par cette maladie ; ce sont en effet, par ordre décroissant, le genou, le coude, la hanche, l'épaule, la clavicule. [Il semble donc bien y avoir une certaine relation entre les arthropathies et les ostéopathies syphilitiques ; elles siègent donc au niveau des jointures qui avoisinent les segments osseux où le développement est le plus intense, et par là elle vérifient une fois de plus cette loi émise par M le professeur Ollier : « l’extrémité d'élection pour l’accroissement de l’os est aussi l’extrémité d'élection pour les lésions pathologiques ».
On peut expliquer le siège de prédilection de l’inflammation des os dans l’enfance, parce qu’il existe une différence fondamentale entre le mode de développement des os et celui des autres parties de l'organisme. Ces dernières, en effet, se développent par une véritable prolifération et une expansion de toutes les parties qui
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les constituent. Dans les os, au contraire, l’augmentation de volume se fait par le dépôt de couches nouvelles qui viennent se déposer sur des couches déjà formées et dures (développement par apposition). La distribution des vaisseaux destinés à la nutrition de l'os en voie de développement doit donc présenter des caractères tout particuliers et se porter surtout vers des points limités, en voie de développement. Il résulte de là que si, pendant la période de développement, un sujet est soumis à une cause capable d’enflammer les parois vasculaires et les tissus traversés par ces vaisseaux, le processus inflammatoire se portera de préférence vers les extrémités osseuses, au niveau desquelles le développement est le plus intense. Le virus syphilitique semble Jouer ce rôle et, entraîné dans le sang du fœtus ou de l'enfant, provoque au niveau des extrémités osseuses des phénomènes d’irritation. Il est analogue à en cela à toutes les causes inflammatoires en général, et en particulier à celle qui produit les lésions rachitiques ; cela ne veut pas dire néanmoins que syphilis et rachitisme sont une seule et même chose, comme l'a soutenu Parrot. Nous avons donc l’explication de la fréquence des lésions osseuses périostiques et jJuxta-articulaires surtout, Il paraît en outre naturel que le processus pathologique, au lieu de s’en tenir à l’os seul, ait un retentissement de voisinage sur l'articulation contiguë. Du reste « les arthropathies, dit M. Fournier, ne sont guère que des épiphénomènes des lésions osseuses des épiphyses ou . d'autres lésions juxta-arliculaires ». Nous verrons qu'il n’en est pas toujours ainsi. Et alors l’auteur
expliqué la différence énorme qui existe entre le chiffre des affections osseuses (82), et celui des arthropathies (), dans sa statistique ; il dit : « entreprendre aujourd’hui une description didactique des affections articulaires que réalise la syphilis héréditaire tardive serait faire œuvre.stérile et prématurée, vu le petit nombre de documents précis, authentiques, absolument irréfutables, dont nous disposons encore ». |
b) Age. — Les notions étiologiques tirées de l’âge découlent en quelque sorte de ce que nous venons de dire : c’est à l’époque de la croissance que se montrent le plus souvent l’arthrosiphilose héréditaire ; c’est vers 12 ans; c’est à ce moment, semble-t-il que l’élément infectieux a le plus de prise sur des tissus en voie de développement rapide. L’enfant sain ressent en effet souvent à cette époque des douleurs articulaires et ses jointures, par simple hyperheinie nutritive et fonctionnelle, peuvent même être atteintes d’hydarthrose: à plus forte raison, chez un svphilitique héréditaire, estil naturel de voir,tout au moins à l’époque de la suractivité plupiologique de son développement, des manifestatations articulaires, du virus syphilitique. La rareté du fait est même surprenante, étant donnée l’histogénèse surabondante qui se développe maxima dans les régions juxta-articulaires ; car à la moindre résistance, probable chez un sujet normal, de cellules en voie de développement rapide, vient s’ajouter, chez un hérédosyphilitique l'influence dystrophique certaine du virus dont il est porteur. Et la preuve que ces arthropathies sont bien dues à la croissance, c’est qu’à partir de l’âge où celle-ci est terminée, on n’en cite aucune observa-
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tion, ou des observations plus que douteuses. De plus on sait que dans le jeune âge, les membres, surtout les membres inférieurs, sont peu développés par rapport au reste de l’organisme et fournissent peu de travail ; or,les statistique prouvent que tant que les membres sont pour ainsi dire dans cet état de sommeil hystogénétique et fonctionnel, les arthropathies hérédosyphilitiques sont très rares. On a donc bien fait de rattacher ces manifestations articulaires à la syphilis héréditaire tardive, autrement dit à « l’ensemble des accidents sphilitiques qui, dérivant d’une infection héréditaire, se produisent à un âge plus ou moins avancé de la vie, c’est-à-dire généralement au cours de la deuxième enfance ». (Fournier : la syphilis héréditaire tardive). Pour préciser, d’après les statistiques de Fournier, l'invasion des accidents se fait surtout de 6 à 12 ans; à partir de 18 ans, la fréquence diminue subitement et même il s’agit ordinairement d'accidents récidivants. Noüs verrons plus loin que les arthropathies précoses de la syphilis héréditaire, celles qui surviennent plus ou moins rapidement après la naissance, sont souvent des lésions suppuratives, dûes à des infections associées, et par conséquent sont des lésions entachées de complications et non purement syphilitiques.
c) Sexe. — Il paraît avoir une importance minime, et si les garçons, d’après les statistiques, sont un peu plus exposés, c’est probablement grâce à leur turbu- Jence etaux traumatismes généralement plus nombreux auxouels ils sont sujets.
B. -- Causes délerminantes. — Elles sont assez
obscures, mais d’après ce que nous venons de dire, le traumatisme, la falique prolongée n’y seraient peutêtre pas étrangers ; pourquoi, d’ailleurs n’agirait-il pas comme dans les ostéo-myélites et les arthrites tuberculeuses ? (voir son rôle dans l’obs. I, de Dureuil, pour la formation de l'hyperostose). L'action de l’humidité, des mauvaises conditions hygiéniques sur l’organisme tout entier doivent également le placer dans un état de résistance moindre vis-à-vis de la syphilis, comme vis-à-vis des influences pathologiques si nombreuses qui peuvent l’assaillir.
3° Multiplicité. — Un fait à signaler c’est que, chez le même sujet, plusieurs articulations se trouvent souvent atteintes -(par exemple, chez notre malade . (obs. XXT), les 2 genoux, le coude droit étaient hydarthrosés, et la tibiotarsienne gauche était douloureuse).
4 Indolence fonctionnelle. — C’est là un des signes les plus caractéristiques et les plus constants. Si la région malade est quelquefois un peu douloureuse à la palpation, il peut exister aussi des douleurs spontanées qui ne sont pas rares mais, qui ne sont pas à proprement parler, des douleurs ostéocopes nocturnes véritables ; elles peuvent bien présenter une certaine exacerbation nocturne, mais au lieu desillonner en traits de feu les os des jambes, au lieu d’être térébrantes, elles sont beaucoup moins intenses, plus sourdes, elles existent en permanence, restent mal délimitées et n’ont qu'un caractère vague, indéterminé, que le malade ne sait définir ; en revanche, la douleur fonctionnelle est nulle ou a peu près. L'indolence a été signalée dans l’arthropathie acquise par tous ceux qui se sont occupés
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de cette affection et, bien avant la description de Richet (Acad. de Méd. 1853. t. XVII p. 37), Chomel écrivait qu’il existe une arthropathie syphilitique qui se distingue du rhumathisme chronique « par la conservation des mouvements et leur exécution sans douleur appréciable ». La plupart des auteurs qui ont étudié les arthropathies héréditaires signalent également cesigne. Si c’est le membre inférieur qui est pris, le malade se présente généralement à la consultation avec une légère boiterie, mais il marche et court même sans douleur. Dans l’observation I (de Dureuil), l'enfant continue à marcher et à jouer, malgré l’augmentation de volume de son genou. Dans lobservation XII, de Kirmisson, l’enfant marchait et jouait sans douleur, une claudication légère était le seul signe appréciable, ‘Ainsi se passent les choses chez notre malade (obs. XXI) et dans la plupart des cas que nous relatons. Sonnenburg raconte qu’il a soigné les enfants d’anciens soldats d'Algérie qui avaient eu la syphilis et que ces enfants présentaient souvent des arthropathies indolentes au point que le diagnostic de syphilis était parfois fait grâce à ce signe (Berliner médic. Gesell. 25 juin 1884. — Berl. Klin Wochenschr. 1884). Si l’on fait mouvoir le membre du malade, on constate que tous les mouvements sont possibles sans douleur.
> Absence de phénomènes généraux. — L’arthropathie hérédo-syphilitique non compliquée évolue toujours sans peine et sans phénomènes généraux. Peut-être s’en produit-il au début de l'affection, avant que l'attention soit attirée sur la lésion articulaire, mais la chose n’a pas-été signalée.
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6° Evolution. — De l'exposé qui précède, il résulte que l’arthropathie débute la plupart du temps d’une facon insidieuse. La marche générale de l'affection a été nettement mise en relief par M. Kirmisson dans exemple général suivant : « Si l'affection siège au genou (cas habituel) le premier symptôme est ordinairement la claudication. Parfois celle-ci est précédée ou accompagnée de douleurs nocturnes paroxystiques. On examine la Jointure et on la trouve gonfiée. On amène alors le petit malade à un médecin qui ordonne, suivant le cas, le repos, les frictions, le salicylate ou l'immobilisation dans un plâtre. Mais l’arthropathie a peu de tendance à guérir spontanément, même par le repos : aussi le malade ne retire-t-il du traitement prescrit aucun bénéfice où seulement une amélioration transitoire. Alors, ou bien il renonce à faire soigner sa jointure dont il ne souffre pas et l’arthropathie reste le plussouvent stationnaire,ou bienil continue à consulter; alors presque toujours on finit par faire le diagnostic de tumeur blanche et le malade est soumis à une immobilisation prolongée, aux pointes de feu profondes, quand il a le bonheur de ne pas rencontrer un chirurgien audacieux qui propose une intervention chirurgicale ».
7° Influence du traitement spécifique. — Si au contraire, la nature, de la maladie est soupçonnée et que l'on soumet le malade au traitement antisvphilitique, on voit, comme par enchantement, et mieux que dans n'importe quelle autre manifestation de l’hérédosyphilis, les signes fonctionnels et physiques disparaître et survenir la guérison complète. Les observa-
BD tions de Dureuil, Güterbock, Robinson, Clutton, Kirmisson et les nôtres démontrent avec la plus grande évidence cette heureuse influence du traitement. D'où il résulte que les cas où le traitement est sans aucune influence (obs. XIX, de Rauguedat), doivent être considérés comme n'étant peut-être pas denature syphilitique; nous y reviendrons là propos du diagnostic.
8 Durée. — La durée de l’affection est donc essen-. tiellement liée à l'application du traitement; mais nous devons dire dès à | résent que celui-ci, pour avoir une action compléte, doit-être appliqué à temps, surtout pour les formes osseuses. Si la médication appropriée fait défaut, par le fait d'une erreur de diagnostic, l’arthropathie risque d’avoir une durée indéterminée qui sera toujours de plusieurs mois ou de plusieurs années; malgré cette marche chronique avant tout, certains auteurs soutiennent qu’elle peut-guérir spontanément, mais ce n'est probiblement vrai que dans les cas où elle revêt la forme d’hydarthrose pure : car alors il n’y a pas de lésions organiques; du reste, nous l'avons dit plus haut, les autres variétés de date trop ancienne, ne cèdeni même que très difficilement au traitement.
9 Pronostic. — Terminaison. — Le pronostic est en général bénin, puisque le médecin est puissamment armé contre des lésions paraissant souvent énormes.
La terminaison’ peut en effet être la résolution complète à condition de ne pas se tromper de diagnostie, par conséquent de traitement. L’ankylose, fréquente, suivant les uns, exceptionnelle suivant les autres, dans