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interstitielle. — Sur les 11 cas de Clutton, 9 malades avaient de la kératite interstitielle en évolution et un des deux autres portait sur sa cornée des traces indélébiles d’une kératite antérieure ; 5 avaient les dents caractéristiques de la syphilis héréditaire, 4 avaient des nodosités sur les tibias, 2 étaient atteints d’une surdité absolue d’origine récente.
En somme, chacun des 11 malades présentait des signes importants de syphilis héréditaire ; cependant il faut bien avouer que dans 2 des cas seulement du mémoire de Clutton la syphilis était notée d’une façon positive chez les parents ; elle est des plus nettes dans le cas que nous rapportons.
Mais Clutton insiste sur ce fait qu'avec l’hydarthrose double, plus qu'avec les autres formes d’arthropathie hérédo-syphilitique, coïncide presque toujours une kératite interstitielle ; c’est le cas pour notre malade. La réciproque n’est pas vraie, c'est-à-dire que sur tous les cas de kératite interstitielle il y a rarement coïncidence de l'hydarthrose double ; c’est ce qui résulte des statistiques que Gaudar publie dans sa thèse (Lyon 1893). Sur 102 cas de cette kératite, il n’a trouvé qu’un cas d'hydarthrose double des 2 genoux ; la malade, une fillette de 12 ans, avait les 2 yeux atteints de kératite parenchymateuse, cette lésion, ainsi que celle des genoux (indolente et chronique) avait guéri par le traitement spécifique ; quant aux parents c’étaient des syphilitiques avérés et il y avait eu de ia polyléthalité infantile dans la famille. L'observation n’ayant pas été prise dans le sens de l’arthropatie, nous ne la mettrons pas au nombre de celles que nous rap-
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portons; mais d’après ce simple aperçu, elle semble bien rentrer dans le cadre de la double hydarthrose syphilitique héréditaire. — Il n'y aurait donc, d’après la statistique de Gaudar, qu’un cas d’hydarthrose double pour 100 cas de kératite parenchymateuse, tandis que sur le groupe de 14 hydarthroses doubles connues (le cas de Gaudar compris), 13 fois-cœxistait Ja lésion cornéenne. Nous ferons remarquer à ce propos, qu’outre leur coïncidence, ces deux manifestations de l’hérédo-syphilis ont une grande analogie au point
de vue clinique : même âge des malades, bilatéralité
ordinaire des lésions, guérison rapide par le traitement spécifique. :
Nous terminerons l'étude de l’hydarthrose double en disant que la marche de l'affection est ordinairement tellement chronique, que dans dix des cas dé Clutton, le gonflement persista sans modification notable pendant un temps qui varia de 3 à 12 mois; chez notre malade, la durée est encore plus longue, si l’on tient compte des récidives, fréquentes aussi dans cette forme.
3° forme. — Ostéo-arthropathie déformante. — Elle n’a été observée que deux fois seulement dans la syphilis héréditaire : une fois par Duménil (de Rouen), une fois par Méricamp, c’est le type le plus indécis, pour nous il n’a pas sa raison d'être en tant qu’arthropathie, nous dirons tout à l’heure pourquoi. Fournier en donne letableau résumé suivant : c’est une « déformation générale ou partielle de la jointure, saillies anormales des extrémités articulaires qui présentent uho déformation massive, ou bien des tubérosités isolées, en forme d’apophyses surnuméraires ou d’os-
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