‹ Contribution à l'étude: Des arthropathies de la syphilis héréditaire tardiveChapitre 30 sur 38 · PO · texte numérisé non relu

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téophytes....., sorte de végétation qui bourgeonne à l’aventure en donnant naissance à des saillies, à des mamelons, des apophyses osseuses dont le volume et la forme sont susceptibles de toutes les bizarreries possibles. De là des anomalies d’aspect, des originalités et même des excentrités de configuration ».

” La symptomatologie des ostéo-arthropathies déformantes n’est pour ainsi dire pas autre que celle des ostéo-périostites hyperostosantes ; il n'ya pas d’autre signe articulaire que la limitation plus ou moins grande des mouvements, qui résulte de la rencontre des saillies osseuses, mais on ne signale ni craquements articulaires, ni épanchement synovial; parfois existe un peu de douleur à la pression, mais sur l'os hypertrophié; malgré le voisinage de l hyperostose, pas le moindre retentissement articulaire ; pourquoi donc ne pas ranger simplement ces faits dans le cadre des ostéopathies pures, puisque les signes articulaires proprement dits, sont nuls : si l'articulation est indemne, pourquoi qualifier différemment une simple hyperostose d’ostéopathie lorsqu'elle siège sur la diaphyse et d’arthropathie quand elle siège sur l’épiphyse ou même sur les deux parties de l’os en même temps; c'est, à notre avis, créer une distinction inutile et nous n'en parlons qu’en nous appuyant sur l’autorité de Fournier et de Méricamp.

L’indolence est encore, dans cette forme, un signe significatif, mais elle est peut être moins franche que dans les deux formes précédentes, si elle existe parfois au début, elle s’acquiert surtout par le temps. La douleur, s'il y en à, est un symptôme lié au dévelop-

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pement de l’hyperostose et sur la valeur duquel M. Fournier insiste beaucoup; alors elle est souvent la première à se faire sentir, précédant l’apparition de l’hyperostose; tant que celle-ci est en voie de développement, elle persiste avec une intensité variable, ordinairement faible, quelquefois insignifiante ; l’hyperostose, une fois complète, la douleur cesse, Ces arthropathies entraînent généralement des troubles fonctionnels importants : difficulté et limitation mécanique des mouvements, attitudes vicieuses, atrophies musculaires, arrêt de développement des membres. Le développement de l'hyperostose peut s'effectuer d’une façon assez rapide, se constituant en quatre ou cinq mois, ou affecter un développement. chronique à durée presque indéterminée. L'absence de suppuration est importante à noter. L’âge des malades de Duménil et Méricamp, est 17 et 28 ans; c’est donc la forme la plus tardive, chez tous les deux c’est le coude qui est atteint. D'ailleurs les recherches de Parrot sur la syphilis infantile ont montré qu'après la région crânienne, les ostéophytes ont une préférence marquée pour l’extrémité inférieure de l’humérus.

En résumé, cette soi-disant arthropathie a pour caractère essentiel d’être déformante ; elle rappelle, au premier abord, un peu l'arthrite nerveuse, un peu l’arthrite sèche. Mais outre son apparition chez des individus entachés de la diathèse, les recherches de Parrot, citées plus haut, sont en faveur de sa nature syphilitique. En somme, il est difficile de créer une variété bien distincte en se basant seulement sur deux observations, mais il ne semble pas douteux que la

syphilis héréditaire puisse entraîner des osthéopathies à prédominance épiphysaire que l’on peut à la rigueur qualifier d’arthropathies et dont le type doit être, Jusqu'à nouvel ordre, considéré comme conforme à la description minutieuse qu’en a donnée Méricamp.

Quoi qu’il en soit, maintenant que, pour jeter dans notre description toute la clarté désirable, nous avons, dans les arthropathies hérédo-syphilitiques, établi des divisions théoriquement distinctes, nous devons, pour rester daus la réalité clinique, avouer l'inconvénient de ces descriptions schématiques toujours trop absolues. Comme dit Lagrange : «les formes se mélangent entre elles, à l’arthropathie peut se joindre la gomme syno- viale: l'hydarthrose venue subitement peut, en distendant la séreuse, occasionner des douleurs capables de dérouter le diagnostic. Enfin on peut rencontrer dans une même arthropathie l'accumulation simultanée de lésions péri-synoviales, osseuses et articulaires ». Mais u’oublions pas que tout rentre dans l’ordre sous l’influence d’un traitement approprié ; ce dernier caractère - constitue, avec l’indolence du mal et la notion étiologique, le trépied sur lequel il faut asseoir le diagnostic (nous allons y revenir dans le chapitre suivant); tous les autres caractères sont accessoires et de seconde valeur. Cèsnotions devront toujours être bien présentes à l’esprit, surtout dans les cas mixtes et complexes, d’une appréciation difficile,

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