‹ Contribution à l'étude: Des arthropathies de la syphilis héréditaire tardiveChapitre 35 sur 38 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement étant essentiellement lié à l'étude clinique, au diagnostic de l’arthropathie syphilitique héréditaire, nous avons eu l’occasion, dans le cours de notre étude, d’exposer les notions générales qui le concernent et sa valeur seméiologique ; nous n’y revenons pas : qu’on se souvienne seulement de ce principe applicable à la grande majorité deslésions syphilitiques, c'est que toute lésion prise à temps aura les plus grandes chances de guérir.

Quel est donc le traitement ? Il doit être avant tout médical. On l’a pourtant vu échouer, dans certains cas, bien que parfaitement dirigé et appliqué à temps ; dans ces circonstances, ou bien lorsqu'un traitement efficace se sera fait attendre, faudra-t-il conseiller une intervention chirurgicale ? Les interventions de ce genre ont surtout été pratiquées en Allemagne, mais leurs résultats en sont encore assez mal connus pour qu'il soit permis d’insister sur l'importance et l'efficacité du traitement médical et sur la nécessité de l’appliquer de bonne heure.

Si le traitement local est moins important que pour

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les autres sortes d’arthropathie, le malade doit néanmoins en bénéficier dans une certaine mesure : le repos, avec ou sans gouttière, la révulsion, l’emploi des ememplâtres de Vigo, pourront donc être conseillés. Mais le traitement général peut se passer ces adjuvants.

Il pourra être mixte, c’est-à-dire iodo-mercuriel ou simplement mercuriel.

Dans le premier cas, l’iodure sera prescrit à des doses qui varieront, suivant l’âge du sujet, dè 0 gr. 90 centig. à 5 gr.; le mercure sera administré sous forme de frictions faites avec l’onguent mercuriel, de bains de sublimé, on pourra aussi donner le bi-iodure à l’intérieur ; enfin, on emploiera d’emblée, dans les cas graves, ou après l'échec du traitement ordinaire dans les autres cas, les injections sous-cutanées ou moins intra-musculaires des différents sels insolubles de mercure et, en particulier, du calomel, quiréalisent le mode d'emploi le plus efficace du mercure comme antidote spécifique. Cette dernière méthode, même employée seule, peut suffire et réussir à merveille, sans l’administration simultanée de l’iodure ; c’est la médication la plus rapide et la plus sûre; notre malade en est un exemple : à son premier séjour à la Charité le traitement mixte (iodure et frictions) dut être prolongé plus longtemps que le traitement par les injections calaméliques, seul employé par son deuxième séjour.

Nous donnerons donc la technique de cette médication héroïque telle qu’elle a été employée chez notre malade. La méthode est celle de MM. Michelet Roche, de Marseille (Presse Méd, 1898, p. 313).

La préparation employée est la suivante :

Calamel porphyrisé (lavé à l'alcool, stérilisé à l’étuve) 0,05 centigr. ;

Huile de vaseline (additionnée de vaseline jusqu’à consistance sirupeuse) : 1 centimètre cube.

Elle doit être renouvelée chaque fois (les solutions vieilles prédisposent aux nodosités); on en injecte chaque fois de 1/2 à 2 centimètres cubes ; tous les dix jours environ, en se servant soit d’une seringue de Roux de 2 c/m cubes, soit d’une seringue de Pravaz armée d’une aiguille de 5 centimètres; après asepsie de l'instrument et de la région (partie supérieure de la fesse à trois travers de doigt au-dessous de la crête iliaque, à l’union du tiers externe et des 2/3 internes) on enfonce franchement et perpendiculairement l’aiguille en pleine masse musculaire; l'injection est poussée avec lenteur; l'orifice de la ponction est obturé au collodion. È

Mais les inconvénients de la méthode, relativement rares, ne sont pas pour cela négligeables: voici le bilan des accidents qui se sont produits sur 1242 injections pratiquées par MM. Michel et Roche.

La douleur existe, souvent tolérables, mais quelquefois assez vive.

4 abcès sont survenus, dont deux imputables, d’après eux à des fatigues ; stomatite, 1 cas ; gingivite, 5 cas; accidents généraux 0.

Les nodosités sont un inconvénients sérieux ; survenant au bout de 8 jours, elles sont peu douloureuses, mais généralement longues à disparaître.

D'autre part, si l’on consulte la statistique de F.

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