‹ Contribution À L'Étude Des Arthropathies HémophiliquesChapitre 10 sur 33 · I. — Hémarthrose · texte numérisé non relu

I. — Hémarthrose

L'hémarthrose débute brusquement. Un choc léger, une chute sans gravité ont précédé parfois de quelques jours ou de quelques heures lapparition des accidents. Dans l’immense majorité des cas, l'épanchement paraît spontané. Le malade s’est couché bien portant. Au cours de la nuit, ilest éveillé par une douleur vive dans une articulation, le genou en général. La douleur est lancinante, tantôt continue, tantôt entrecoupée de pauses, exagérée par les mouvements, par les pressions même légères. Le genou déjà est augmenté de volume.

L’épanchement continue de s’accroître pendant 36 ou 48 heures. La douleur, accompagnée parfois de paresthésies, suit la même progression. Elle entraîne une insomnie et une anorexie absolues, ainsi qu’une impotence fonctionnelle complète. La température s’élève et peut atteindre 39°,tandis que le pouls s’accélère parallèlement. On observe dans certains cas de la pollakiurie nocturne sans polyurie ni hématurie (Nové-Josserand, Piollet). |

Le genou est alors immobilisé en flexion légère, dans la position de relachement maximum décrite par Bonnet. Globuleux, souvent énorme, il est recouvert d’une peau blanche où se dessine un lacis veineux dû à la circulation collatérale. La température locale est augmentée. La palpation est le plus souvent douloureuse sur toute la surface de Particle. Quand la douleur commence à s’atténuer, trois ou quatre jours après le début de l’hémarthrose, on apprécie la tension des culs-de-sac qui sont

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fluctuants ou rénitents, et l’on recherche le choc rotulien qui est parfois impossible à percevoir, tant est forte la pression intraarticulaire. Sauf le cas d’hématome souscutané périarticulaire, la palpation ne détermine pas de crépitation sanguine. ; |

La température générale redevient normale après quelques jours. .La douleur disparait au fur et à mesure que lépanchement se résorbe. L’articulation recouvre peu à peu son jeu norinal ; et quinze ou vingt jours après le début des accidents, la marche redévient possible progressivement,sans limitation appréciable des mouvements. L’articulation a repris son aspect ordinaire.

Dans quelques cas, il se produit une rapide atrophie du quadriceps, qui persiste après la diparition de l’hémarthrose.

Cruet a noté de lanesthésie sur certains territoires nerveux.

Tout peut en rester là ; mais généralement l’hémarthrose se répète, tantôt dans la même articulation, tantôt parcourant un grand nombre de jointures. Ces poussées se produisent à intervalles variables, mais dans lesquels on peut trouver, sinon un caractère cyclique net, du moins une périodicité relative. Les intervalles sont d’autant plus courts que la diathèse est plus grave.

Un malade de 8 ans, observé par Gocht, présenta 40 hémarthroses du genou en moins d’une année ; celui de Manteifel 50 poussées en un an.

Si les poussées sont rares et bénignes, l’épanchement se résorbe sans laisser de lésions permanentes.

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