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à — WIN
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Fig. 4 — Chambre chaude à régulateur direct, montée sur un microscope. — À, chambre pleine d'eau; E, tube de verre dans lequel l’eau
monte pour déterminer une pression plus ou moins forte sur la membrane du régulateur; H'C, trou permettant le passage de l'objectif, B, porte d'entrée de la chambre dans laquelle on place la préparation; J, appendice de chauffe; G, tuyau d'arrivée du gaz; H, tuyau conduisant le gaz au régulateur (dans le modèle actuel le tuyau de caoutchouc est remplacé par un {tube de cuivre de sorte que le brûleur reste toujours au-dessous de l'appendice, quels que soient les déplacements de la chambre chaude).
Ces observations concordent avec ce qu'on sait de la division des grosses cellules végétales, mais elles sont bien moins complètes, nous n'avons jamais vu, comme du reste tous nos prédécesseurs, un noyau dans les cellules de ces bactéries. Cependant si nous tenons compte de la difficulté que présente l'observation de la division chez les bactéries,
on peut dire que leur mode de division est semblable à celui des autres cellules végétales.
B. Formation des spores. — On dit généralement que les spores ne commencent à apparaître dans les bacilles que lorsque le substratum nutritif est devenu impropre au développement, soit parce qu'il est épuisé, c’està-dire qu'il a perdu un ou plusieurs des éléments nécessaires à la vie de la bactérie, ou parce que les produits d'excrétion ou ceux de décomposition produits par la plante ont rendu le milieu défavorable à sa vie, c’est-à-dire à sa reproduction par division.
Cette manière d'envisager la formation des spores conduit à considérer la spore, comme une forme que prend le bacille pour conserver son espèce, jusqu’à ce que les circonstances le placent dans des conditions favorables pour végéter et se reproduire ; il me semble qu'il y a là une erreur, la spore se forme comme la graine de beaucoup de plantes non annuelles, simplement parce qu’elle est une forme de l’évolution de ces plantes.
Si elle est plus résistante aux divers agents que Le bacille, c’est que sa vie est moins active, et que, comme tous les êtres vivants, à l’état de vie latente elle présente plus de résistance que lorsqu'elle ne l'est pas. Les graines, en général, sont plus résistantes que les plantes d’où elles proviennent, les spores étant les graines des bacilles sont plus résistantes que ceux-ci, simplement parce que chez eux la vie est moins active. Je n'ai nul besoin d'insister sur ce point qui a été mis en lumière d’une façon magistrale par Claude Bernard (1) et qui est connu de tous.
Du reste la supposition qu'il faille que le milieu soit épuisé pour que les spores se forment à été démontrée inexacte par M. Van Tieghem. Ce savant, en effet, à vu que chez le bacillus amylobacter n'en était pas ainsi. Les spores se montraient dans quelques cellules tandis qu'il en existait un grand nombre d'autres qui continuaient à se reproduire par division.
Le bacille mesentericus vulqatus présente le même phé-
(1) CI. Bernard, Leçons sur les phénomènes de la vie commune aux animaux et aux végétaux, Paris, 1873.
nomène et je dirai même qu'il le présente d’une façon très marquée.
En effet, les spores commencent chez ce bacille à se
montrer dès Le 4° et le 5° jour de la culture alors qu’elle est
en pleine activité (à une
[ 5 f ! ! A 0 O température de 36°-38°)
RE CC DS Cu) Ci
Fig. 5. — Formation des spores dans le lorsque le milieu a subi bacille mesentericus vulgalus. — a, bà-
tonnet sans spore; b, la spore commence des modifications pro-
à apparaître sous la forme d’un petit fondes, que nous apprenpoint réfringent; c, elle est plus volumi-
neuse ; d,d,d,d, quatre bacilles contenant drons à connaitre, on des spores mûres ; ee’, deux spores hors retrouve des bacilles en
des bacilles. 3 M-
voie de division.
Les spores apparaissent dans ce bacille à peu près de Ja même façon que dans le bacille #regatherium décrit par M. de Bary, on voit apparaître dans les bacilles au milieu du protoplasmaun petit point très réfringent, le protoplasma du bacille ne change pas d'aspect, il se colore en entier par les couleurs d’aniline et la téinture diode. Ce point en quelques heures atteint son entier développement, il est alors légèrement ovoïde, très réfringent, a des contours très nets, à peu près la même largeur que le bacille, mais est plus court d'au moins un tiers.
Lorsque la spore formée est encore logée à l’intérieur du bacille, il est facile de s'assurer à l’aide des couleurs d'aniline ou de la teinture d’iode, que le protoplasma du bacille a disparu et que la membrane du bacille, outre la spore, ne contient qu'un liquide.
Si au lieu de rechercher l’état du protoplasma au moment où la spore est complètement formée, on le recherche pendant le temps que le point initial qui deviendra la spore grossit, on constate qu'à mesure qu’elle grandit le protoplasma se raréfie de plus en plus, cette raréfaction du protoplasma est générale, elle ne paraît pas ètre plus considérable autour de la spore que dans les autres points et Je n'ai Jamais observé dans ce bacille ce que Alf. Koch a observé chez le bacillus ventriculus (voir page 24).
Quelque temps après que la spore a achevé son développement (autant que j'en ai pu juger de 2 à 6 heures après) la membrane du bacille disparaît.
Lorsque la spore va se former dans le bacille mesentericus vulqatus, on nobserve aucun changement dans la forme du bacille, comme par exemple dans le bacille ventriculus, le bacille de l’œdème malin, etc., qui se renflent, soit au milieu, soit à une extrémité.
Il ne se forme qu’une seule spore par bacille, deux fois seulement j'ai vu apparaître deux spores, et encore dans un cas seulement, ces spores sont arrivées à leur maturité, les deux autres et le bacille qui les contenait disparurent sous mes yeux, sans qu'il me soit possible de décrire cette disparition autrement que comme une fonte assez rapide; en effet, elle se produisit en l’espace d’une dizaine de minutes. Le bacille et les spores devinrent troubles, ce trouble augmenta, si bien qu'on ne distinguait plus ni spores, ni bacille, puis tout disparut.
Les spores complètement mûres et libres se présentent sous la forme de petits corps ovoïdes, très réfringents, mesurant 1,2 y de long et 1 y de large, la paroi qui les enveloppe parait être, si on les examine non colorées, plus épaisse aux deux pôles que dans les autres points. Il est impossible de colorer les-spores, si on ne les tue pas, par un moyen quelconque, faire agir sur elles par exemple de l’alcool contenant du bichlorure de mercure, etc., mais le moyen le plus pratique est la chaleur, on peut les chauffer pendant 20 ou 30 minutes aux environs de 180°- 200°, mais ilest plus pratique de passer 7 à 8 fois le couvre-objet sur lequel on a fait sécher quelques spores dans la flamme d’un bec de Bunsen.
Après leur mort, les spores se laissent très bien colorer, quoiqu'un peu lentement, par les solutions aqueuses des couleurs d’aniline, la méthode de Gram permet d'obtenir de très belles préparations entièrement débarrassées de toutes les granulations étrangères.
Les spores simplement séchées à une basse température sur un couvre-objet, et mises dans une solution de couleur d'aniline, surtout de violet de gentiane, laissent leur enveloppe se colorer faiblement, mais le reste de la spore demeurant complètement incolore, cette coloration de la membrane externe de la spore permet de reconnaître que la plus grande épaisseur que la paroi de la spore paraît
présenter aux deux pôles est due à des phénomènes de réfringence.
Dans certaines conditions, les spores se forment plus facilement que dans d'autres, un moyen rapide d'en obtenir un grand nombre consiste à cultiver ce bacille sur des tranches de pommes de terre cuites, n'ayant pas plus d’un centimètre d'épaisseur. Cultivées sur ce milieu, les spores commencent à apparaître dès le huitième jour, vers le quatorzième on ne trouve que quelques rares bacilles, et ceux-ci ne tardent pas à disparaître complètement.
C. Germination des spores. — L'étude de la germination des spores est entourée de grandes difficultés; en effet, l’objet estexcessivement petit, puis l'observation est rendue difficile par le fait qu'il est nécessaire de suivre autant que possible pendant plusieurs heures la même spore.
Pour cette étude, j'ai employé deux moyens, dans le premier cas, je suivais au microscope, dans la chambre chaude, la germination d'une spore contenue dans une goutte de bouillon suspendue à un couvre-objet au-dessus d’une cellule. Pour contrôler les observations que je faisais ainsi, je plaçais des spores seules dans un tube de bouillon qui lui-même était placé à létuve à 36°, et tous les quarts d'heure je prélevais une goutte de ce bouillon, que j'étendais sur une lamelle et que je colorais; je crois être arrivé par ces deux procédés à connaitre d’une facon assez exacte, la germination des spores. Toutefois je dois dire que l’emploi de ces deux moyens combinés ne m'a pas permis de voir ce que d'autres auteurs décrivent d'une façon fort explicite, car le volume des spores de ce bacille est, comme nous l'avons vu, excessivement petit, Lu, de plus la spore est presque sphérique, de sorte qu'il est difficile de voir par quel point sort le jeune nàtonnet.
Mais avant d'exposer le résultat de mes observations. je dois signalerl’opinion des savants qui se sont occupés de cette question.
La germination des spores est encore assez obscure, l'accord est loin d'ètre encore fait sur ce point : ainsi de Bary dit que les spores du bacille megatherium (bacille qu'il a observé sur des feuilles de choux cuits), lorsqu'elles vont germer, commencent à perdre leurs contours som-
bres et leur forte réfringence, puis qu’elles augmentent de volume jusqu'à alteindre la largeur des bâtonnets. Lorsqu'elles ont atteint ces dimensions, le bacille sort hors de la spore par l’un des côtés.
Dans le bacille subilis, toujours d'après de Bary, la croissance du bacille dans la spore se fait dans le sens du grand diamètre de la spore, puis ce bourgeon initial, après avoir atteint une certaine longueur, fait brusquement un coude à 90° et sort à angle droit avec l'axe de la spore.
Prazmowski soutient un avis plus éclectique : le jeune bacille sort par une extrémité de la spore dans cer- 4 0 O0D @ 2 Le
taines espèces, par un des
chez le bacillus amylobacter au moment de la germina-
côtés dans d’autres. Ainsi f ( ï | 30 0 ù 7
tion, à l’une des extrémités Tig. pis A, germination des spores du bacille sublilis. — Stades suc-
des spores le double contour de la membrane disparaitrait, et le prolongement germinatif apparaîtrait dans
cessifs de la germination (figure empruntée à Prazmowski) (1), — B, germination des spores du bacille amylobacter, stades successifs de la germination (figure empruntée à Prazmowski, 1,020 diamètres).
ce point, de sorte que l’axe longitudinal du bacille coïnciderait avec l’axe longitudinal de la spore.
Tout autre est, d'après le même auteur, la germination du bacille subtilis. Les spores perdent d’abord leur aspect foncé, et dans Le milieu de la spore on voit apparaître une zone plus claire. Cette zone grandit peu à peu et on voit apparaître à l’un des côtés de la spore un prolongement à l'extrémité duquel se fait l'ouverture de la membrane, par laquelle passe le bourgeon. Le bourgeon sort, s’allonge en bâtonnet, son extrémité postérieure tient à la spore vidée qui y adhère sous forme de vésicule.
D'après Watson-Cheyne et Chesire (2), lorsque la spore du bacillus alvei va germer, il se produit un allongement progressif de la spore à l’un de ses deux pôles, de
(1) Prazmowski, Unters. üb. d. Entwicklungsgeschikte und Fermentwir-
kung einiger Bakterien. Leipzig, 1880.
(2) Chesire et Watson-Cheyne, Journal of Royal microscop. Soc: 1885.
sorte que le mode de germination de ce bacille se rattache à celui du bacille amylobacter.
Dans le courant de l’année dernière Alfred Koch (1) a publié un assez long mémoire, sur la manière dont les bacilles forment leurs spores et germent des spores. Il a étudié 6 espèces, le bacillus carotarum, le bacillus tumescens, le bacillus brassicæ, le bacillus inflatus, le bacillus ventriculus, le bacille alvei (Cheyne et Chesire). D'une façon générale, cet auteur accepte la manière de voir de de Bary, il la complète et entre dans plus de détails.
Lorsque la spore va apparaître, le bacille généralement se renfle à une extrémité ou au milieu, puis la spore apparaît sous la forme d’un
petit corps ovoïde 4 0 O0 C ( C b
très réfringent, et il 4
ce98 80 0
Fig. 7. — Deux cellules du Fig. 8. — Divers états de développement des
bacillus ventriculus ren- bacilles hors des spores. — A,B, différents flées avec des spores. Cha- états que présentent les bacilles en sortant que spore est entourée de deux spores du bacillus carotarum ; C, did'une zone claire, 2,400 vers états de développement d’un bacille grossissements (figure (bacillus tumescens) hors d’une spore (figures d'après Al. Koch). d'après Alf. Koch).
se forme autour d'elle un espace clair, il semble que le protoplasma s'est retiré de ce point. Ce phénomène, d'après AIf. Koch, s’observe très bien sur le bacillus ventriculus dont nous reproduisons la figure, ear chez lui Le renflement est exagéré.
Chez tous les micro-organismes observés par Alf. Koch le bacille sort de la spore par une ouverture située sur Le petit diamètre, dans les 6 espèces étudiées par cet auteur il n'y à pas eu une seule exception, du reste nous reproduisons ici une partie des figures données par cet auteur.
M. Balbiani, qui s’est occupé du développement des bacilles aux dépens des spores, a bien voulu me faire connaître les résultats de ses recherches et me permettre de les publier ici.
(1) Alfred Koch, Ueber Morphologie und Entwickelungsgeschirhte einiger endosporer Bacterienformen, Botanische Zeitung, n° 18, 19, 20, 21, 22, 1888.
bite hdi
En portant pendant quelque temps à l’ébullition une infusion de foin, comme on le recommande afin de détruire tous les germes que celui-ci contient, sauf les spores du bacille subtilis, il a reconnu des spores, donnant trois formes différentes de bacilles.
Ces trois sortes de spores sont ovales, elles donnent toutes les trois des bacilles qui sortent par un des pôles, jamais le savant professeur n’a vu unegermination latérale, comme celle décrite par Prazmowski pour le bacille swbtilès, de Bary, Alf. Koch, etc., les observations de M. Balbini se rapprochent donc de celles que Prazmowski a faites sur le bacille amylobacter.
La petitesse des spores du bacille mesentericus vulgatus rend fort difficile l'étude du développement du bacille et je dois avouer que quoique j'aie passé de longues heures à suivre le développement de ses spores, après les avoir suspendues dans une goutte de bouillon placée dans la chambre chaude, le résultat de ces observations a été entièrement négatif. La petitesse des spores, leur volume presque sphérique ne permettent pas de voir si la spore sort par le côté ou l'extrémité. M. Balbiani a bien voulu examiner des spores que je lui avais remises et pense avec moi que l'étude de leur germination est à peu près impossible.
L'examen de préparations séchées et colorées m'a donné de meilleurs résultats, cependant je ne puis être bien affirmatif et je ne les donne que sous les plus grandes réserves.
Si on place des spores ensemencées dans du bouillon nutritif à l’étuve à 36°, au bout de deux ou trois heures elles commencent à germer. Mais avant de le faire, les spores augmentent d’une façon notable de volume et elles deviennent moins réfringentes, dans cet état elles se colorent mal même après chauffage à une température élevée.
Il m'a semblé qu’à un des pôles on voit apparaître une petite proéminence, sous la forme d’une calotte, celle-ei se colore en bleu, tandis que le reste de la spore reste incolore, cette proéminence s'élève petit à petit en restant dans l'axe longitudinal de la spore jusqu’à ce qu’elle ait pris une forme bacillaire fort nette. Puis petit à petit le bacille s'élève dans la spore et la quitte en laissant une membrane vide.
La membrane vide de celle-ci reste assez souvent pen- Jant quelque temps fixée à l'extrémité du bâtonnet, même
a. sa ti OUR
Fig. 9. — Spores du bacille mesentericus vulgatus à divers états de germination.
— 4, spore; b, spore sur le point de germer; €, spore à l’un des pôles de laquelle apparaît le bacille sous forme d’une petite calotte; d, e, f, spore s’élevant de plus en plus dans Ja spore; 9, h,i, bâtonnet complètement développé mais auquel la membrane de la spore vide adhère encore.
lorsque celui-ci s’est divisé en deux pour donner naissance à deux bacilles.
Tel est le résultat de mes observations, il m'a toujours semblé, autant que la petitessedes spores m'a permis d'en juger, que le bacille sortait par un des pôles de la spore, jamais par une des extrémités.
D'après l'ensemble de ces caractères, direction du cloisonnement, forme, et de ses propriétés que nous ferons connaître plus loin, le bacille mesentericus vulgatus doit être classé, si nous adoptons la classification provisoire de M. Van Tieghem parmi les bacilles ferments endosporés. dans la classification de Bary il appartiendrait simplement à la famille des bactéries endosporées.