‹ Contribution à l'Étude des Bactéracées. (Le bacille mesentericus vulgatus.)Chapitre 13 sur 41 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Action de la chaleur et des substances dites antiseptiques.

Le bacille mesentericus vulgatus sous la forme bacillaire se développe relativement assez bien à la température du laboratoire, c’est-à-dire entre + 16° et + 20°; à une température inférieure à + 10° il se développe très peu, quoique je l’aie gardé ainsi pendant quinze jours; entre + 10° et + 16°, il se développe, mais très lentement.

De + 20° à + 41° il se développe excessivement rapidement, la température optimum paraît être comprise entre + 34e et + 4e. À partir de + 41° jusqu'à + 49°, il se développe de plus en plus lentement, à + 49° la culture met 5 à 6 jours pour prendre l'aspect d'un voile mince.

A partir de + 50° jusqu à 88°, il ne se développe pas.

De + 50° à 75°, si on le place ensuite à une température inférieure il se développe ; donc il n’était pas tué à ces températures, mais sa vie était simplement suspendue.

Entre + 75° et + 88°, suivant qu'il a été maintenu un temps plus ou moins long à cette température, il se développe ou ne se développe pas; généralement, pour empécher qu'il ne se développe, il faut le chauffer au moins pendant 3 heures; à + 58° il se développe, chauffé pendant 4 heure ; à + 65° il ne se développe pas.

Chauffé à + 90° pendant 20 minutes, il ne se développe pas; si le chauffage dure seulement 10 minutes souvent il se développe, la moitié des cas environ.

Si on chaufle les bacilles hors de la présence de l'air, il faut élever la température jusqu'à — 92° pour les luer.

Quant aux spores humides, il faut au moins une température de Æ 115° pour les tuer en 10 minutes; en pré-

sence de l'air, on est absolument sûr de leur mort après 15 minutes.

Pour les spores humides, hors de la présence de Pair, il faut élever, pour les tuer, la température j jusqu'à + 125° et la prolonger pendant 15 minutes; si la température est

maintenue moins longtemps, pendant 40 minutes, il n’est pas rare de les voir se développer (6 fois sur 10).

Les spores sèches, chauffées en présence de l'air, nécessitent une température de + 150° pendant 20 minutes pour être tuées.

Quant aux spores june hors de la présence de l’air, il faut élever la température à + 160° pour les tuer.

Comme on le voit, ce micro-organisme sous la forme de bacille ou de spore est un des plus résistants que nous connaissions; l’oxygène de l'air joint à la chaleur parait jouer un certain rôle sur sa vitalité; l’action de la chaleur en présence de ce corps n’est donc pas due à une simple coagulation du protoplasma.

Ces résultats sont d'accord avec ceux que M. Roux a obtenus avec la bactéridie charbonneuse (1).

Il me paraît nécessaire de dire quelques mots du dispositif expérimental que j'ai employé pour étudier l’action de la chaleur, car des erreurs sont facilement commises dans ce genre d'expérience.

Pour les températures. inférieures à + 10°, je me contentais de placer un tube à culture renfermant du bouillon nutritif dans une cuve dans laquelle je mettais de temps en temps un bloc de glace, les températures maxima et minima étaient notées à l’aide de deux thermomètres à index.

Pour les températures comprises entre + 10° et + 16°, mon tube à culture nageait dans une grande cuve dans laquelle coulait constamment un filet d'eau de Seine; les maxima et les minima étaient également notés à l’aide de thermomètres à index.

Pour les températures de + 16° à + 20°, les tubes à cultures étaient simplement placés dans la chambre, les températures extrèmes notées à l’aide des thermomètres à index.

()) Roux, Annales de l'Institut Pasteur, 1888.

Les températures de + 20° à + 41° étaient facilement

Fig. 11. — Pipetterenflée en ampoule pour l’étude de l'action de la chaleur sur le bacille nesentericus vulgatus et ses spores.

obtenues à l’aide de l’étuve de d’Arsonval.

Pour les températures comprises entre + Al°et + 70°, je me suis servi d’une étuve à eau, dont la température était maintenue fixe à l’aide d’un régulateur de Bunsen plus grand que ceux qui sont d’un usage courant et dont la chambre à air était remplie de vapeur d’un mélange d’alcool et d’éther.

Pour les températures comprises entre + 70° et + 100°, je me,servais du régulateur électrique de M. Regnard (1) et lorsqu'il s’agissait de déterminer la température amenant la mort du bacille après un temps très court, au lieu de Le placer dans un tube à culture ordinaire, pour que toutes les portions du liquide fussent chauffées également et amenées de suite à la température essayée, j'aspirais un peu de liquide contenant le bacille dans de petites ampoules de verre soufflées ayant la forme ci-jointe. Pour étudier l’action de la privation de l'air jointe à la température, au lieu de laisser une certaine quantité d'air.

dans l’ampoule et de la laisser ouverte, je fermais à la lampe le tube au point a.

Pour les températures supérieures à + 100°, je me suis servi d'un bain de chlorure

(1) Je n'ai eu qu'à me louer pour ces expériences du réoulateur de Regnard; j'y avais apporté une modification légère, mais assez utile. Son principal défaut est qu'à la longue, sous l'influence de l’étincelle électrique qui se produit à l'ouverture et à la fermeture du courant, le mercure se couvre d'une couche d'oxyde qui empêche souvent le passage du courant au moment précis : j'ai alors fait construire un gros thermomètre ouvert comme ceux de M. Regnard, mais sans graduation, j'appréciai la température à l'aide d’un second thermomètre placé dans le

bain et j'enfoncai dans le premier ma tige de platine jusqu'au contact de la colonne de mercure, lorsque la température voulue était atteinte. L'avanage de cette disposition est que la profondeur à laquelle il faut enfoncer la tige de platine est indépendante de la température vraie, et qu'il est facile d'enlever l'oxyde de mercure et même un peu de mercure sans dérégler

l'instrument.

de calcium dont la température était réglée à l’aide d'un régulateur électrique de Regnard, et pour les essais humides, j'étais naturellement obligé de fermer à la lampe mes ampoules; et quant aux essais secs, après avoir introduit dans mes pipettes-ampoules un peu de liquide chargé de spores, je desséchais le liquide dans le vide en présence de l’acide sulfurique. Pour les essais en présence de l'air, il suffisait d'introduire les pipettes dans le bain, mais pour les essais sans air, je chassais celui-ci en faisant passer à travers le coton un courant d'hydrogène, puis en fermant d'abord l’extrémité c, puis en étirant le tube en 0. Pour les essais humides à des températures supérieures à + 100°, il est nécessaire de ne pas faire les ampoules trop minces, surtout de ne pas trop étirer les tubes les terminant, mais de leur laisser au contraire une certaine épaisseur, sans cela sous l'influence de la tension extérieure ils se brisent.

Afin d'assurer la complète immersion des ampoules dans le bain, je les lestais avec du plomb avant de les y plonger. Tous ces essais ont été faits avec les bacilles développés dans des milieux neutres, les milieux dans lesquels on prenait les spores étaient devenus alcalins, par suite de la culture.

Cette bactérie ne présente pas seulement une résistance très grande à la chaleur, elle exige, pour être détruite par les substances dites antiseptiques, une dose de ces substances généralement plus élevée que celle qui produit le même effet sur les autres bactéries.

Les substances essayées ont toutes été introduites dans un milieu identique, car la composition du substratum nutritif peut faire varier, dans une certaine mesure, l'action de ces substances.

Mon milieu était composé de 1,000 grammes de bouillon de veau préparé à chaud, de 10 grammes de peptone, de 3 grammes de chlorure de sodium, de 5 grammes de phosphate tribasique de potasse et d’une quantité x de carbonate de soude, juste suffisante pour en amener la neutralisation. Il renfermait 2,37 de matières séchées à 100° pour 100 grammes; il était stérilisé à 115° pendant 20 minutes ayant l'introduction des substances antiseptiques.

Pour connaître quelles étaient les doses qui empêchaient et retardaient le développement, voici comment Je procédai : après avoir introduit dans mes ballons la substance dont je voulais étudier l'action, je les ensemençai à l’aide d'une goutte d’une culture âgée de vingt-quatre heures et faite dans du bouillon neutralisé et peptonisé.

Pour connaître la dose qui arrètait le développement, j'ensemençai mes ballons de la même facon : huit heures après, j'ajoutai les substances. Ce laps de temps de huit heures était suffisant pour que le bouillon fût devenu très trouble, indice certain qu’une culture débutait.

Aussitôt après leur ensemencement, les ballons étaient placés dans une étuve à 36°-38° et y étaient maintenus pendant toute la durée de l'expérience.

Lorsque les substances étaient très volatiles, comme l'alcool, l'essence de moutarde, le brome, je plaçais pardessus le tampon de coton fermant le ballon une capsule de caoutchouc, afin d'éviter la volatilisation d’une partie de la substance.

Tableau I.

EMPÈCHE RETARDE LE DEVELOPPEMENT CONSIDERABLEMENT d’une façon le développement à et en diminue shsètue l'intensité.

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