‹ Contribution à l'Étude des Bactéracées. (Le bacille mesentericus vulgatus.)Chapitre 15 sur 41 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Respiration.

Afin d'arriver à doser la quantité d'acide carbonique que ce micro-organisme dégageait pendant son développement et son évolution et la quantité d'oxygène qu'il fixait, j'ai disposé l’appareil suivant : dans un ballon de 2 litres à 2 litres et demi de capacité environ, j'introduisais du bouillon neutralisé et peptonisé dans lequel il se développe avec une grande vigueur, comme nous l'avons vu; ce bouillon, qui avait été au préalable stérilisé à l’autoclave, était de nouveau, après son introduction dans le ballon, stérilisé par 2 ébullitions successives de quelques minutes faites à un jour d'intervalle.

À travers le tampon de coton flambé, plongeait presque jusqu’à la surface du liquide un tube de verre, qui amenait l’air humide sortant à travers un tampon de coton; cet air avait au préalable passé dans un appareil à boules de Liebig rempli d’une solution de potasse caustique, afin de le priver de toutes traces d'acide carbonique.

Je faisais barboter l'air se rendant dans le ballon dans lequel se faisait la culture, dans l’eau d’un premier ballon dans le double but de la débarrasser de toutes traces de soluton alcaline, qu'il aurait pu entraîner et afin qu'il se chargeât de vapeur d’eau, de sorte que j'évitais ainsi que l'air sortant du ballon de culture ne se chargeat d'humidité aux dépens de l’eau du bouillon de culture, qui serait ainsi concentré.

Au ballon de culture était adapté un tube à boule deshiné à retenir la vapeur d’eau qui pourrait se condenser à sa sortie du ballon de culture. Après lui, venaient deux appareils à boules de Liebig, remplis de solution de potasse caustique, destinée à absorber l’acide carbonique dégagé par la culture; enfin, leur faisant suite, venait un tube

en U dont une des branches renfermait de la pierre ponce imbibée de potasse caustique, l’autre du chlorure de calcium, pour arrêter toute trace d'humidité et d'acide carbonique venant d’un flacon de Mariotte, qui par son aspiration faisait circuler l'air dans tout l'appareil; de plus, pour éviter autant que possible l'absorption des gaz par l’eau de ce flacon, je l'avais recouverte d’une couche d'huile.

Get appareil, comme on le voit, n’est somme toute que l'appareil employé pour le dosage de l'acide carbonique dégagé par les animaux, modifié pour les conditions spéciales dans lesquelles je devais et voulais opérer.

Aussi ai-je été obligé de porter une attention spéciale sur les voies de l’arrivée de l’air. Un instant j'ai eu l’intention de stériliser l’air dès son entrée dans l'appareil en faisant précéder le premier tube de Liebig par un autre appareil de Liebig rempli d'acide sulfurique, ou en faisant d'abord passer l’air dans un long tube de verre rempli de coton flambé afin de le filtrer; mais j'ai dù renoncer à cette disposition, car j'aurais eu une trop grande longueur d’appareil à stériliser; j'ai donc stérilisé l’air à son entrée dans les ballons en le forçant à traverser trois tampons de ouate flambée, le premier placé sur Le tube de l’arrivée de l'air du premier ballon, le second dans le col de ce dernier, enfin le troisième dans le col du ballon de culture; ces trois tampons avaient été flambés avec les ballons eux-mêmes; puis, lorsque les liquides de ces ballons avaient été stérilisés, avant de placer les bouchons de caoutchouc, qui avaient été stérilisés dans une solution chaude de bichlorure de mercure, je brülais le haut de tous ces tampons, afin de détruire les germes qui auraient pu se trouver à leur surface. Quant aux tubes de verre et de caoutchouc qui réunissaient les deux ballons, je les sortais seulement au moment de leur mise en place d’un ballon plein d’eau où je les avais stérilisés à 120°. Ces précautions ont été suffisantes, car j'ai fait marcher un appareil ainsi monté pendant huit jours à blanc, et le bouillon ne s'est pas troublé. Les ballons à eau et à culture étaient les seules parties de l'appareil placé dans l’intérieur de l’étuve, toutes les autres étaient placées en dehors; je faisais passer une quantité d'air assez considérable dans le ballon de

culture, en moyenne 10 litres par 24 heures; j'effectuais le dosage de l’acide carbonique par la décomposition du carbonate de potasse formé dans les appareils de Liebig.

J'ai préféré ce procédé à ceux plus précis des méthodes alcalimétriques, car j'étais plus habitué à ce premier qu'aux derniers.

Voiei comment j'opérais. Chacun des appareils de Liebig contenait au début 20 centimètres cubes d’une solution de potasse, soit en tout 40 centimètres cubes. Lorsque l’expérience était achevée, le contenu des appareils de Liebig était placé dans un vase gradué, et avec de l’eau servant à laver Les appareils de Liebig, on étendait ce contenu jusqu'à 100 centimètres cubes. Ces 100 centimètres cubes étaient par fractions de 5 centimètres cubes décomposés dans un tube gradué et sous la cuve à mercure à l’aide de l'acide chlorhydrique, et les chiffres obtenus par chaque analyse partielle étaient ensuite additionnés ensemble.

Le volume réel du gaz à 0°et à la pression de 760 était obtenu à l’aide de la formule

Be NILP DER) 160 ( Hat

Comme il est fort difficile d'obtenir de la potasse caustique exempte de carbonate, j'ai employé une solution de potasse contenant une quantité de carbonate dont j'avais à l'avance déterminé avec soin la teneur en acide carbonique; il me suffisait alors, lorsque j’analysais le contenu des appareils de Liebig, de retrancher de la quantité d'acide carbonique obtenue celle qui se trouvait dans la potasse introduite dans les appareils avant leur mise en marche : c'était une correction de plus à ajouter à celles de la température, de la pression et de la tension de la vapeur d’eau, car quoique l'analyse fût faite sous le mercure, le tube à analyse contenait des solutions aqueuses qu'en pratique je considérais comme de l'eau pure, quoique cela ne fût pas rigoureusement exact.

(1) Dans cette formule, V signifie le volume véritable; V', le volume trouvé ; P, la pression barométrique au moment de l'analyse; T, la température au même moment, la tension de la vapeur d'eau à £ degré et & la dilatation de l’acide carbonique ou 0,00371,

Quant au dosage de l'oxygène, je le faisais en analysant chaque jour l'air contenu dans le flacon de Mariotte, de la quantité d'azote obtenue je calculais l'oxygène en considérant que 190 cubes d'azote équivalaient à 209 d'oxygène (1).

Dans les conditions que je viens de décrire j'ai fait trois expériences; dans la première j'avais introduit dans le ballon un litre de bouillon ; elle dura quarante jours ; au bout de ce temps, il n’y avait plus de membrane à la surface du bouillon. Les matières nutritives qu’il renfermait paraissaient complètement épuisées. Dans la seconde, qui dura trois semaines, j'avais introduit un demi-litre de bouillon ; enfin dans la troisième, qui dura seulement quinze jours, je n'avais introduit que 200 grammes de bouillon.

La première expérience me donna les chiffres suivants :

de ue { 1 goutte

Quantité" de’ fa planté.introduite 2.5 Me clins Poids des matériaux brülables du bouillon (2)..... 285,94 Poids de la plante à la fin de l'expérience, séchée

US Ne. 18,435 Volume d’acide carbonique fixé par la potasse

CAUSÉFQUERE ee UM a M infos 91,744 Volume d'azote ayant passé par l'appareil de

MARIO Eee ee tune er eme Lt Ce 2921,300 Volume d'oxygène ayant passé par l'appareil, cal-

culétdiapres a quantitémiazoLe sr CRT 171,441 Volume d'oxygène trouvé dans le flacon de Mariotte. 661,270

Donc :

Oxygène fixé par la plante... ........,........... 11,427 et Oxygène ayant servi à la combustion des matériaux

dun ton PRE ads er on 91744

(1) En réalité, au lieu de 190 volumes d'azote, je devrais calculer 790,7; mais il m'était impossible d'arriver à cette précision, j'effectuais en effet l'analyse dans un tube avec lequel je ne pouvais apprécier avec certitude que le 10e de degré ; de même, au lieu de 209 d'oxygène, j'aurais dû calculer 209,3. ,

(2) Le poids des matériaux brûlables du bouillon était obtenu en pesant le résidu sec d’un échantillon de bouillon, en le calcinant et en défalquant le poids des sels du poids de résidu sec.

(3) Nous considérons qu'un volume d'oxygène correspond, comme la

chimie l'apprend, à un volume d'acide carbonique.

La seconde expérience donna les chiffres suivants :

Quantité de la plante introduite.................

Poids des matériaux brülables du bouillon........ Poids de la plante à la fin de l'expérience, séchée D: A000S PT ARR RSR PER TEL CU Volume d'acide carbonique fixé par la potasse Caustique Ne RER TMS er PROC Volume d'azote ayant passé par l'appareil, et trouvé danse flacon de MAarIDIte PC RC PE EEE Volume d'oxygène ayant passé par l'appareil, calculé d’après la quantité d’azote................ Volume d'oxygène trouvé dans le flacon de Mariotte.

Donc:

Oxygène fixé. par la plantes Ne. DRE

et

Oxygène ayant servi à la combustion des matériaux RDA EEE Eee us 0 cr re ee Ce

{ 1 goutte | d’une culture.

La troisième expérience me donna les chiffres suivants :

Quantité de la plante introduite

Poids des matériaux brülables du bouillon Poids de la plante à la fin de l’expérience........ Volume d'acide carbonique fixé par la potasse CAUSTIQUE ME EN re ER TE LE EL ETES RE Volume d'azote ayant passé par l'appareil, et trouvé dans'lesflacon de Mario te RE Re Rene Volume d'oxygène ayant passé par l'appareil, caleulérdapres lAQUANTTENTAZO IE RER E RE Volume d'oxygène trouvé dans le flacon de Mariotte,

Donc :

OSSI ÉDATAAIDIANIC RER et

Oxygène ayant servi à la combustion des matériaux QU DOTUIOD METRE PE PR EC RER ë

( 1 goutte t d’une culture.

Si nous rapportons à 1000 grammes de bouillon les chiffres obtenus dans les trois expériences afin de pouvoir faire plus facilement la comparaison, nous trouvons :

1rexp.

Poids des matériaux solides brülables du k boillont ee CET NIET REA 285,94 Poids dela plante "SERRE 15,435 Oxygène’fixé par la plantes: CT. 11,427

Oxygène transformé en acide carbonique, 91,744

2° exp. 3e exp.

# | se 2 2

LE BAQILLE MESENTERICQUS VULGATUS. 99

Afin de pouvoir comparer plus facilement encore ces chiffres, nous prendrons une unité du poids de la plante comme base. Nous trouvons, en représentant par 1 le poids de la plante,

Poids des matériaux solides brûlables du

bouillon nhrtetennereesereeeteneee. 208,16 218,09 206,95 Volume d'oxygène fixé par la plante.... 01,995 01,990 41,035 Volume d'oxygène transformé par la

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