‹ Contribution à l'étude des bactériacées (Le bacille mesentericus vulgatus)Chapitre 12 sur 34 · LA 7” E] L · texte numérisé non relu

LA 7” E] L

; Cat gg mr: SYSTÈME NERVEUX CÉRÉBRO-SPINAL.

de long, qui correspond comme développement à celle d’un fœtus humain de 5 mois et demi, offre sur une coupe transversale d’une pièce, qui aura été traitée par le mélange d’acide osmique et d'alcool, un aspect si caractéristique qu’il est toujours facile de la reconnaitre une fois qu’on l’a vue (pl. VE, fig. 3).

Son volume, d’abord, est devenu, surtout dans le sens transversal, beaucoup plus considérable ; en effet, elle mesure dans ce sens plus de 2°",6, tandis que dans l'embryon de brebis de 4 mois et demi que nous avons étudié précédemment, elle n’a que 1"",80, en même temps que son aspect se rapproche beaucoup plus de celui de l'adulte, car, par suite du développement considérable qu'ont pris les faisceaux antérieurs, le canal de l’'épendyme est situé moins antérieurement que précédemment; 1l occupe presque sa position définitive. Les faisceaux latéraux ont aussi crû et la corne latérale commence nettement à se dessiner. Le canal de l’épendyme, toujours ovalaire, occupe un espace relativement peu considérable ; il possède toujours à sa partie antérieure le cône de cellules épithéliales à longs prolongements, que la méthode employée pour fixer la moelle met si magnifiquement en relief, qu'il masque presque les fibres commissurales antérieures, qu'on ne distingue qu’en portant avec soin son attention sur ce point.

Les scissures sont complètement formées, et la pie-mère envoie dans la substance blanche des septa qu’on y voit fort nettement.

Les deux cornes sont devenues très distinctes l’une de l'autre, la corne postérieure possède des éléments bien développés, au milieu desquels les cellules nerveuses tranchent d’une façon fort nette, par la façon intense dont elles se colorent. Les cellules nerveuses situées au voisinage du canal de l’épendyme et qui formeront la colonne de Clarke sont devenues, à cette époque, très visibles.

La corne postérieure a subi une évolution considérable, car seule sa portion la plus antérieure est encore composée d'éléments embryonnaires qui se détachent fort clairement, grâce à la façon intense dont ils se colorent, tandis que la portion antérieure de cette corne est formée d'éléments

bien développés, au milieu desquels on aperçoit quelques petites cellules nerveuses d’un aspect plus jeune que celles des cornes antérieures.

La substance blanche renferme un nombre considérable de fibres à myéline, surtout dans les faisceaux antérieurs et latéraux ; quelques-unes même se voient dans la corne antérieure, si pour les mettre en relief on a fixé un tronçon minime de moelle par une solution pure d'acide osmique.

Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses qu’on rencontre dans la dissociation d’une moelle de cet âge sont presque toutes très grandes; elles ont de nombreux prolongements, elles renferment un noyau volumineux, dans lequel se montre toujours fort nettement un nucléole très brillant ; leur forme est tout à fait celle des cellules adultes, mais elles n’en n’ont pas encore la constitution, car le protoplasma qui les compose offre deux aspects principaux: dans l’un, évidemment celui des cellules les moins avancées, il renferme de nombreuses granulations assez volumineuses, réfringentes, qui diminuent de volume dans les prolongements ; dans l’autre, qui est certainement celui des cellules se rapprochant le plus de l’état adulte, les granulations protoplasmiques sont moins réfringentes et en même temps on commence à apercevoir dans l’intérieur du protoplasma, mais surtout à sa surface, une striation vague, encore mal définie, qui se montre soit dans toute la cellule, soit seulement dans quelques points. Cette striation semble être due à ce que quelques-unes des granulations ont une tendance à se fusionner les unes avec les autres.

Le prolongement de Deiters se distingue nettement des autres prolongements par son homogénéité et sur des coupes d’un fragment de moelle traité par l’acide osmique pur, on voit qu'il se couvre, à une certaine distance de son point d’émergence hors de la cellule, d’une couche de myéline (pl. IV, fig. Let 5).

Les cellules des cornes postérieures sont moins développées; on les distingue généralement assez facilement des autres, grâce à leur forme qui se rapproche presque toujours plus ou moins du fuseau ; elles sont semblables, au point de vue de la structure, à celles des cornes antérieures de la moelle d’un embryon de mouton de 17 centimètres. Ce fait

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n’a rien d'étonnant, car nous avons toujours vu que les cornes postérieures se développaient moins rapidement que les antérieures.

Jusqu'ici nous avons décrit presque uniquement l'aspect qu'offre la moelle et les cellules nerveuses dans des embryons de brebis, car les fœtus humains âgés de moins de 6 mois que nous avons pu nous procurer étaient trop rares et nullement assez frais, pour que nous pussions les prendre comme objet d'étude; mais à partir du sixième mois jusqu'à la naissance, il nous a été relativement facile de nous procurer des embryons humains offrant les conditions nécessaires à cet ordre de recherches. Aussi, maintenant que nous sommes arrivés à avoir à décrire ce qu'on observe chez des embryons de brebis, correspondant comme âge à des fœtus humains de 6, 7, 8 et 9 mois, nous les abandonnerons, pour ne faire nos descriptions que d’après les préparations de moelle d'embryons humains.

MOELLE D'UN EMBRYON HUMAIN AGÉ DE 6 MoIs.

La plus jeune moelle d’un embryon humain, que nous ayons eu suffisamment fraiche pour qu'il fût possible de considérer les éléments comme n'ayant pas encore subi d'altérations cadavériques, est une moelle d’un embryon humain de 6 mois.

Sur une coupe transversale, elle ne présente pas un aspect notablement différent de celui d’une moelle d’un embryon de brebis, long de 24 centimètres, sauf en ce que les cornes paraissent occuper relativement un espace moins considérable, ce qui est dû au développement des faisceaux de substance blanche et à ce que la corne latérale est moins marquée; aussi, après avoir signalé cette légère différence, pensons-nous qu'il est inutile de décrire l’aspect d’une coupe de la moelle de cet embryon.

Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses sont, surtout dans les cornes antérieures, bien développées, elles ont de longs prolongements parmi lesquels on reconnait toujours facilement le prolongement de Deiters ; elles ne montrent généralement qu'un vague indice de striation, et encore cet aspect n'existe généralement pas dans toute la

cellule, mais seulement dans une partie. Cette striation est due à l’arrangement des granules qui se trouvent dans leur protoplasma et non pas à de véritables fibrilles (pl. V, fig. 2 et 3). Les cellules des cornes postérieures sont moins développées, leur protoplasma est plus mou, elles sont semblables dans leur constitution intime aux cellules que nous avons décrites dans la moelle de l'embryon de mouton long de 17 centimètres.

MOELLE D'UN EMBRYON HUMAIN DE 7 Mois.

L'aspect général, sur une coupe transversale de la moelle d'un embryon humain âgé de 7 mois, ne diffère pas sensiblement de celui que présente une moelle d’adulte; en effet, les scissures sont nettement développées et elles paraissent avoir atteint toute leur profondeur, la forme de la substance grise, sauf en ce que la corne latérale est à peine marquée, et qu'il serait diflicile de la reconnaître, si sa place n’était indiquée par un groupe de cellules nerveuses (pl. V, fig. 7), est semblable à celle de l'adulte. La colonne de Clarke que, jusqu’à cet âge, il n’était possible de reconnaître que par les cellules qui se trouvaient à sa place, est à présent nettement dessinée par la disposition et le trajet des fibres nerveuses qui entrent dans sa structure. Dans la corne postérieure, on voit très distinctement les cellules sensitives: elles paraissent bien moins développées que celles des autres groupes, car non seulement leur volume est toujours plus petit que celui des cellules de la corne postérieure, mais leur protoplasma paraît plus mou.

Les deux commissures, l’antérieure et la postérieure, sont nettement marquées. Les longues fibres qui, dans les moelles précédemment examinées, partaient des cellules épithéliales situées à la partie inférieure du canal de l'épendyme, pour aller s’insérer sur le repli de la pie-mère, qui se trouve logé dans la scissure antérieure, ont disparu et les fibres commissurales se voient avec la plus grande netteté.

La commissure postérieure renferme de nombreuses cellules de la névroglie, au milieu desquelles on aperçoit quelques fibres nerveuses. Lorsqu'on examine la formation de cette commissure dans une série de jeunes embryons

compris entre le deuxième et le septième mois, on se rend facilement compte, comme du reste nous l’avons déjà dit plus haut, qu’elle se forme par la transformation des cellules épithéliales bordant la partie supérieure du canal de l’'épendyme en cellules de la névroglie. On observe relativement à la constitution de cette substance chez les batraciens anoures les faits suivants :

La commissure antérieure est formée uniquement, sauf dans un point très limité de sa partie supérieure, par des cellules de la névroglie sans aucune fibre ou élément nerveux, et la partie supérieure du canal {de l’épendyme est bordée par elles; les cellules épithéliales qui couvrent les côtés et le bas de ce canal s’arrètent brusquement lorsqu’elles arrivent à la commissure antérieure (pl. VII, fig. 7).

Le canal de l’épendyme de l'embryon humain de 7 mois est devenu relativement très petit ; il est cependant encore d’un volume considérable, si on le compare à celui de la moelle adulte. Il est bordé d’une rangée fort régulière de cellules épithéliales à cils vibratiles. La substance blanche paraît bien développée, surtout dans les cordons antérieurs; dans les latéraux et les postérieurs, elle l’est beaucoup moins et renferme un grand nombre de fibres sans myéline.

Si on traite pendant vingt-quatre heures une tranche peu épaisse d’une moelle de cet âge par une solution d'acide osmique à 1 p. 100 et qu'on en fasse des coupes très minces, on verra qu'il existe, dans la substance grise de la corne antérieure, un grand nombre de fines fibres à myéline, qui paraissent partir des groupes de cellules de cette corne pour se diriger vers la substance blanche, dans la direction des racines antérieures ; ce sont les prolongements de Deiters des cellules nerveuses, qui se recouvrent de myéline pour aller se perdre dans les racines antérieures.

Cellules nerveuses. — Les cellules des cornes antérieures ont pris beaucoup de développement ; leurs prolongements se ramifient souvent et leur protoplasma présente un aspect ferme et solide; les granulations qui se trouvent dans le protoplasma formant le corps de la cellule et celui des prolongements sont devenues beaucoup plus petites et plus réfringentes ; elles sont dans la grande majorité des cellules

disposées en longues chaines fibrillaires, qui s'étendent presque toujours dans le corps cellulaire et dans les prolongements eux-mêmes. Entre ces rangées de granulations, on voit, dans la grande majorité des cellules, se développer, soit par places, soit dans tout le corps de la cellule, de fines fibrilles qui ne s’étendent cependant jamais dans les prolongements.

Le prolongement de Deiters est plus homogène que les autres; cependant son aspect n’est pas aussi tranché que dans les cellules adultes.

Le noyau de ces cellules est volumineux, sombre, ab-

sorbe vivement les matières colorantes qui se fixent admirablement sur lui ; il renferme généralement un assez grand

nombre de granulations parmi lesquelles on distingue tou-

jours un nucléole brillant; rarement ce nucléole possède un nucléolule, comme c’est le cas ordinaire pour les cellules de la moelle adulte.

Les cellules des cornes postérieures, sauf leur forme qui est différente, ressemblent tout à fait, dans leur stucture intime, aux cellules que nous avons décrites dans les cornes postérieures de la moelle d’un embryon de brebis long de- 25 centimètres, c’est-à-dire qu’elles sont formées par un protoplasma renfermant de grosses granulations peu réfringentes, et que ces granulations montrent une tendance manifeste à se disposer en séries longitudinales.

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