‹ Contribution à l'étude des bactériacées (Le bacille mesentericus vulgatus)Chapitre 17 sur 34 · HISTORIQUE DU DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DU DÉVELOPPEMENT

Autant que nous avons pu nous en assurer, le premier histologiste qui se soit occupé du développement des cellules de la névroglie est Besser (2). D’après lui, les cellules de la névroglie constitueraient presque seules, au moment de la naissance le cerveau et le cervelet; elles seraient formées alors par un noyau de la périphérie duquel parti-

(1) Ranvier, De la névroglie (Arch. de physiologie norm. et path., 1883, Dit) (2) Besser, loc. cit.

raient de nombreux prolongements fibrillaires, et comme nous l’avons vu plus haut (Hist. cellules nerveuses), pour lui une partie des cellules névrogliques se transformeraient en cellules nerveuses.

Boll (1), ainsi que nous l'avons déjà dit (Hist.), prétend que dans le cerveau de l'embryon de poule, Îles cellules de la névroglie, au commencement de l’incubation, forment une masse unique contenant de nombreux noyaux, et que cette masse renferme les cellules nerveuses. Ce n’est que plus tard qu’elles s’individualisent. La substance qui renfermerait, d'après cet auteur, tous ces noyaux, serait vers le quatrième jour de l’incubation légèrement granuleuse. Entre le quatrième et le quinzième jour, les granules augmenteraient en nombre, et la masse prendrait un volume plus considérable. Enfin, dans les jours suivants le quinzième, les granulations se rangeraient en séries linéaires, puis les séries linéaires formeraient de véritables fibrilles en se soudant les unes aux autres. Chaque série de fibrilles partirait d’un noyau, de sorte que ceux-ci formeraient une série de centres, et la masse fondamentale se trouverait divisée en autant de centres qu’il y a de noyaux. Entre les fibrilles, il resterait une certaine quantité de granulations qui ressemblerait au « givre ».

La cellule de la névroglie ou de Deiters se trouverait ainsi constituée. Cette cellule ne serait qu’une forme de celluleconjonctiveembryonnaire persistant pendant toute la vie.

D’après Eichhorst, il n'existe pas encore, vers la fin du troisième mois, de cellules de la névroglie dans la substance blanche ; elles n'apparaissent que pendant le quatrième mois; du moins à ce moment on trouve dans la substance interfbrillaire des corpuscules blancs, et comme il n’est pas probable que ce soit des cellules de la partie centrale de la moelle qui soient devenues mobiles et aient pénétré dans la substance blanche, comme on ne peut pas admettre non plus une division, il ne reste donc qu’à supposer, dit cet auteur, que ce sont des cellules lymphatiques embryonnaires, qui ont pénétré dans la substance blanche par les vaisseaux et s’y transforment.

(1) Boll, Loc. cit.

Hensen, dans un mémoire que nous avons analysé plus haut (p. 59), s'élève contre le rôle que quelques histologistes font jouer aux cellules errantes. Quoique nous ne puissions pas nous associer complètement au mépris avec lequel il traite « cet enfant tordu des histologistes modernes », nous comprenons parfaitement l’indignation qui l’a saisi en lisant des suppositions aussi dénuées de preuves que celles qu'avance Eichhorst ; mais nous n’essayerons pas de démontrer à présent combien est grande l'erreur de cet auteur, et nous décrirons la transformation qu'il assigne aux Corpuscules lymphatiques, qui se trouvent logés au milieu des fibres de la substance blanche.

Cette pénétration des corpuscules lymphatiques, « Embryonale Neurogliazellen », commence aussitôt que les vaisseaux ont pénétré dans la moelle et se continue jusqu'à la naissance ; mais cette pénétration est surtout considérable pendant le quatrième mois. Vers le cinquième, il en à émigré un si grand nombre, que les cellules sont pressées et serrées les unes contre les autres.

Pendant le cinquième mois, on leur voit émettre un ou plusieurs prolongements. Ceux-ci se montrent, tantôt à un seul pôle, tantôt aux deux, ou bien sur une moitié de la circonférence, ou bien sur toute sa surface. Quelques-unes ont un seul long prolongement à un pôle, tandis que le pôle opposé est couvert d’un grand nombre de fines fibrilles, elles ressemblent alors assez à un pinceau et sont similaires à celles que Boll a décrites sous le nom de « Pinselzellen ». Ces prolongements pénètrent entre les fibres nerveuses et les enserrent dans un lacis fort compliqué.

La substance molléculaire qui se trouvait entre les fibres nerveuses reste entre les prolongements de ces cellules et forme avec elles la névroglie. Il faut, d’après cet auteur, considérer comme n'étant que des produits artificiels, les formes de névroglie spongieuse, granuleuse, ete., décrites par certains auteurs; ce ne sont que des aspects produits par l’action des réactifs.

Eichhorst fait remarquer qu'il n’a pas pu trouver trace de la substance élastique que Gerlach a décrite dans la moelle. ;

D'après Kælliker, on voit apparaître vers le vingt-troi-

sième jour dans la substance blanche et la substance grise de la moelle, des masses abondantes de petits noyaux ronds et allongés avec les cellules y attenantes.

Ces éléments ne viennent pas des vaisseaux et représentent, d’après cet auteur, la première ébauche de la substance connective cellulaire des cordons. On ne peut, d’après lui, admettre à cette substance d'autre origine, que de supposer qu’elle s’est propagée le long des vaisseaux. Cette substance connective existe en plus grande abondance . dans les cordons antérieurs que dans les autres points de la substance blanche.

M. Ranvier, dans son mémoire sur la névroglie, ne s’est pas horné à examiner seulement les cellules de la névroglie de l'adulte, il les à aussi étudiées chez les embryons, et cette partie de son travail nous intéresse spécialement.

Ce savant a vu que chez un embryon de bœuf de 14 centimètres de Jong, toutes les cellules de la névroglie se montraient semblables à celles qu’il a décrites dans la rétine sous le nom de cellules basales. Chez des embryons de bœuf de 75 centimètres et de 95 centimètres, beaucoup de cellules de la névroglie étaient étoilées et présentaient de longs prolongements ayant toujours la constitution du protoplasma. Ce type serait celui qui reste persistant pendant toute la vie dans le cerveau.

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