‹ Contribution à l'étude des bactériacées (Le bacille mesentericus vulgatus)Chapitre 7 sur 34 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Accroissement en longueur des tubes nerveux, par la formation des segments intercalaires.

Dans le chapitre précédent, nous avons étudié le développement en général des tubes nerveux à moelle, mais les processus que nous avons vus ne sont pas suffisants pour expliquer tous les phénomènes qui se produisent dans les nerfs pendant la période de croissance. En outre, ilsn’expliquent pas le développement ou plutôt l’élongation du nerf sans déplacement de ces diverses parties.

Jusqu'à ce que M. Ranvier fit connaître, en 1871, la structure des tubes nerveux, il était naturel qu'on supposât que leur accroissement en longueur se faisait par une élongation interstitielle qui portait sur tous les points des fibres nerveuses, lorsque celles-ci avaient leurs organes terminaux formés; à cette époque, il signala le fait que les segments interannulaires de l'animal nouveau-né étaient plus courts que ceux de l’adulte, et que, entre la naissance et l’âge adulte chez le chien et le lapin nouveau-né, ils croissaient pour les plus gros tubes dans la proportion de1à3(1); cette élongation progressive est un fait d’accroissement des éléments formant les tissus des plus démonstratifs et des plus faciles à mettre en évidence. Mon maître en avait senti toute l'importance, car il le signale en ayant soin d’en faire ressortir la signification.

Mais cette élongation n’est pas suffisante, car si nous mesurons un membre d’un animal quelconque au moment de sa naissance, puis à l’âge adulte, nous

(1) Les segments interannulaires des plus gros tubes nerveux du sciatique ont, chez le nouveau-né, une longueur de un tiers de millimètre, tandis que chez l'adulte cette longueur atteint 1mm3 (Trailé technique, p. 173).

verrons qu'il a crû plus que dans la proportion de 1 à 3.

Topinard (1) a par exemple trouvé que si on représente par 100 la longueur à la naissance de la cuisse, mesurée du trochanter au genou, à l’âge adulte ce chiffre deviendra 500 ; 100 représentant toujours la longueur à la naissance de la jambe, ‘du genou au sol, 414 représenteront cette mesure à l’âge adulte. Aussi est-il nécessaire que les tubes nerveux des troncs proches du centre s'allongent par un autre processus que celui qui vient d’être signalé, et il est impossible de faire intervenir ici le développement périphérique, car il faudrait admettre qu’il y a un déplacement des différentes parties des nerfs et supposer, par exemple, que le sciatique poplité deviendrait la partie inférieure du sciatique fémoral.

Le processus permettant l'accroissement des nerfs sans déplacement de ses parties, je l’ai d’abord observé, sur les embryons de vache et de brebis, qui m'ont servi pour les recherches que j'ai exposées dans le chapitre précédent, puis chez tous les jeunes animaux, dont j'ai examiné les nerfs ; enfin dernièrement, je l'ai cherché sur un grand nombre de nerfs d'enfants nouveau-nés à terme ou presque à terme, et je l’ai constamment retrouvé, aussi je ne pense pas être trop hardi en pensant qu'on le retrouvera probablement cheztous les vertébrés possédant des fibres à moelle.

Ce processus consiste dans la formation entre les anciens segments de nouveaux segments ; aussi ai-je proposé en 1883 (Société de biologie, 13 avril) de les désigner sous le nom de segments intercalaires, sans savoir que M. J. Renaut avait déjà donné le nom du segments courts intercalaires, àdessegments qu'il avait observés chez les solipèdes adultes et dont j'aurai à parler bientôt.

Je n'ai pas cru, on apprenant la publication de M. Renaut, devoir changer le nom que j'avais proposé, d’abord parce que nul ne me paraissait plus convenable, et quoique encoré à l'heure actuelle il ne soit pas démontré que les segments courts intercalaires du professeur de Lyonsoient une des phases du processus que je vais décrire, cela cependant est possible.

(1) Topinard, Éléments d'anthropologie générale. Paris, 1885. À consulter aussi : Contribution à l'étude de ia croissance, par Saint-Yves Ménard, Paris, 1885.

Lorsqu'on examine, après les avoir dissociées, le fibres nerveuses d’un jeune animal ou d'un embryon assez âgé, qui auront été fixées par un séjour de vingt-quatre heures dans l'acide osmique, on aperçoit çà et là quelques étranglements annulaires, qui paraissent avoir une bien plus grande longueur que les autres. Si on emploie un grossissement suffisant, on voit qu'on n’a pas sous les yeux de

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