FER
RAULIN (1870) a montré l'influence du fer dans le développement de lAspergillus niger. Le mécanisme de cette action a été étudié ultérieurement par LINOSSIER (1889-90-91) et SAUTON (1910). S'inspirant des tra-
vaux de ces savants Ph. LASSEUR (1911-1912-1913); LASSEUR et G. THi- RY (1913), LAssEUR et PALGEN (10925), F. Nepveux (1920), LASsEUR et VERNIER (1924), LAssEur, THiry et A. Dupaix (1930), LAssEur, Du- PAIX et COMBE (1931), Lasseur, MarcHAL, A. Duparx et M. RENAUX (1932), A. Dupaix (1933), se sont efforcés de préciser le rôle du fer dans la production des pigments bactériens.
L'irrégularité de la production de la chlororaphine avait conduit Las- SEUR à rechercher si des traces d’un élément banal ne pourraient influer sur la production des corps colorés sécrétés par B. chlororaphis.
L'expérience démontre que:
1° les milieux pourvus de fer donnent une production régulière de chlororaphine, à la condition que la dose apportée soit de l’ordre de 1 milligramme ;
2° des quantités de l’ordre de o mmgr. 5 ne permettent qu’une production irrégulière de chlororaphine ;
3° dans les milieux rigoureusement dépourvus de fer il n’y a pas production de chlororaphine;
4° l’apport aseptique de fer, en quantité convenable, dans les cultures dépourvues de cet élément, donc incolores, permet la production de cristaux verts.
L'action du fer est donc spécifique et les faits observés avec B. chloro: raphis se retrouvent avec B. Le Monmnieri, B. caryocyaneus, B. prodigiosus, avec différentes souches de B. cvaneo-fluorescens et le Bacille étudié par NEPVEUX.
En ce qui concerne B. caryocyaneus, À. Dupaix (1933) a montré d’une façon irréfutable le rôle du fer dans la production du pigment bleu violet et violet rouge et dans le noircissement ultérieur des cultures. Cet auteur a signalé que dans des cultures de B. caryocyaneus, effectuées en milieu sans fer, on n’observe pas la formation de la coloration bleu violet ou violet rouge caractéristique du germe. Par contre si dans de telles cultures d’âge convenable, on effectue des apports aseptiques de sulfate ferreux, on constate l'apparition des colorations caractéristiques du germe (bleu violet, violet rouge, puis noircissement du voile).
MARCHAL a étudié de même (1932) différentes variétés de B. pyocyaneus. Il a signalé que cette espèce pouvait produire de très faibles quantités de pyocyanine dans des milieux synthétiques dépourvus de fer. Un apport ultérieur de cet élément, en proportion convenable, dans des cultures
de 48 heures était susceptible de faire apparaître très rapidement une abondante production de pyocyanine. Le sulfate de fer ainsi additionné détermine en même temps un sursaut très net de la végétation.
Avec les germes du groupe mesentericus sécrétant un pigment noir, la quantité de fer apportée doit être plus grande pour permettre l’obtention de cultures très colorées.
: Mécanisme de l’action du fer:
Le rôle du fer dans la chromogénèse est difficile à préciser. LINOSSIER (1889-90-91) a pensé qu’il entrait dans la composition des spores de l’Aspergillus niger. En ce qui concerne la prodigiosine, dans la composition de laquelle la présence de cet élément ne peut être constatée (WREDE et HETTCHE 1922), il est impossible d'admettre une telle hypothèse.
LASSEUR dès 1911 attribuait au fer un rôle multiple:
1° Le fer entre dans la composition des corps colorés sécrétés par les Bacilles du groupe subtilis-mesentericus:
2° Le fer agit comme porteur d'oxygène; ce rôle est général. I1 s’observe pour toutes les Bactéries étudiées. Le fer ne permet la production de corps colorés que si la culture est effectuée en milieu aéré (phénomène d’oxydo-réduction).
3° Le fer stimule la production de la substance-mère de nombreux pigments et pour atteindre ce but des quantités très faibles de fer suffisent.
Aïnsi d’après A. Duparx l’ordre de grandeur des conceptions actives ferait rapprocher le rôle de cet élément des actions catalytiques. Ce serait ainsi la seule hypothèse susceptible d’une généralisation.