COTE PO HE O
Dans sa théorie WurMsEr a eu le mérite d'attribuer un rôle important au protoplasme. Du fait de sa nature, la cellule peut séparer à un certain stade les produits formés et permettre ainsi des réactions qui seraient impossibles sans cette particularité.
Que l’on envisage la réaction primaire comme une photoauto-oxydation avec WURMSER (1930) ou une photoréduction avec OswALD, l’une comme l’autre de ces deux théories sont fondées sur les possibilités de localisation qu'offrent les cellules aux constituants des réactions. VAN NtEL à qui nous devons de très remarquables travaux de Microbiologie générale a trouvé que « 80 molécules de CO? doivent être réduites photosynthétiquement, afin de fournir l'oxygène nécessaire pour la réduction chimiosynthétique d'une seule molécule de CO?. Quantitativement la chimiosynthèse n'apparail pas nécessaire, » 3
D'après Vax NïEL « dans l'hypothèse d’une photo et d’une chimiosynthèse séparées, il ny aurait pas de relation quantitative entre H?SO*, O? et & CO? réduit ». Si H?S est considéré comme donneur d'hydrogène on observe une relation définie entre les produits de réaction: CO? réduit, S et H?SO* et ainsi se trouve expliqué le fait que les Bactéries pourpres. ne peuvent vivre en l'absence de H?S. » (A. Duparx, 1933). On ne connaît rien de bien précis sur le rôle biologique de la bactériopurpurine et encore bien moins sur les autres pigments. La vie des Bactéries n’est pas obligatoirement liée à la production des corps colorés, « a fonction chromogène chez les Bactéries n’est pas une fonction nécessaire » (G. Box 1901).
On éprouve de grandes difficultés à maintenir des races rigoureusement achromogènes. D’après les faits observés au Laboratoire de Microbiologie, le plus souvent, des cultures dites incolores renferment encore une très
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faible quantité de corps colorés et la suppression de toute trace de pigment est extrêmement difficile.
Le rôle du pigment paraît limité, dans le cas de sa production en très faible quantité, à moins qu’il ne représente le terme final d’une série de réactions chimiques.
Le pigment relativement stable semble dériver d’une substance incolore essentiellement instable (Kanthoraphine, substance-mère de la caryocyanine ou de la prodigiosine, etc...). « Par leur instabilité ces substances se prétent à des phénomènes d’oxydation et de réduction et de ce fait peuvent jouer un rôle dans le métabolisme bactérien. » (A. DupAIx, 1931).
Le corps celoré peut être assez instable; c’est le cas de la pyocyanine. On sait déjà depuis très longtemps que des cultures de. B. pyocyaneus d’âge convenable (en solution peptonée) présentent tout au plus en surface un fin liseré bleu ou verdâtre; par agitation, ou addition d’eau oxygénée, la masse se colore en bleu ou en vert plus ou moins foncé. Ce phénomène a été expliqué par WREDE (1030) qui a montré qu’une molécule de pyocyanine peut fixer quatre atomes d'hydrogène. Du fait de sa réduction et de sa réoxydation facile, la pyocyanine peut se comporter comme un « accepteur » d'hydrogène.
La chlororaphine dérive par réduction d’une substance jaune : la xanthoraphine (LASSEUR, 1911). Se basant sur les idées de Læœw (1801) qui explique la réduction du gaz carbonique par oxydation de l’ammoniaque par un couplage entre deux réactions:
2 NH° + 20? = 2NO? + 2H?
LASssEUR a cherché s'il s'était manifesté, simultanément ou successivement une oxydation et une réduction lors de la production de la chlororaphine. Ainsi se trouvait esquissé le rôle des oxydo-réductions dans la production des pigments bactériens. Les faits acquis ultérieurement dans ce domaine, et notamment les recherches d'ELEMA (1933) ont justifié les vues de notre Maitre.
WurMsER affirme que « les synthèses sont généralement des réductions ». S'il en est ainsi, il faut admettre que leur compensation énergétique est assurée au moyen des réactions d’oxydo-réduction (WURMSER,
Les Bactéries pourpres oxydent le soufre et réduisent le gaz carbonique. Les Bactéries nitrifiantes oxydent l’ammoniaque en acide nitreux et ré duisent le gaz carbonique.
FRIEDHEIM (1931) a montré que le pigment bleu du Bacille pyocyanique a pour fonction de catalyser la respiration du Bacille et que cette action catalysante du pigment ne se manifeste que sur des Bacilles privés de toute substance nutritive exogène.
Après ces essais il a paru intéressant à ce savant de rechercher si la fonction respiratoire dont est douée la pyocyanine est un phénomène isolé et si d’autres pigments bactériens auxquels on fait jouer un grand rôle dans la classification, possèdent eux-mêmes une fonction physiologique. C’est ainsi que FRIEDHEIM a étudié la violacéine.
Les résultats obtenus par cet auteur prouvent que B. violaceus sécrète un pigment se comportant comme la pyocyanine, quant à ses fonctions physiologiques. Il accélère l'oxydation des substances liées aux corps bacillaires et ne paraît jouer un rôle que lorsque les microorganismes sont obligés de vivre sur leurs propres substances, lesquelles, d’après ce savant seraient des lipides dont le pigment, du fait de son affinité particulière pour ces corps, accélère l’oxydation.
CHAPPERENTEL