‹ Contribution à l'étude des bactéries bleues et violettesChapitre 25 sur 140 · SYNONYMIE · texte numérisé non relu

SYNONYMIE

Bacillus cœruleus VoGEs a été aussi appelé Bacterium cœæruleum (Vo- GES), LEHMANN et NEUMANN, Pseudomonas cœrulea (VOoGEs), MIGuLA 1900, Chromobacterium cœruleum (VOocEs), BERGEY 1023.

Le germe décrit par VOGEs en 1893 avait été isolé des eaux souterraines de Kiel.

B. cœruleus SMITH appelé encore Bacterium cœruleus (SMITH) Mïi-

GULA 1900 a été découvert en 1887 par SMITH dans les eaux de la rivière de Schuylkill.

MORPHOLOGIE

C'est un bacille mesurant 1 w à 1 & 4 de long et o w 8 de large (Voces). D’après SMITH il aurait 2 & à 2 & 5 de long sur o w $ de large

MOTILITE

I est animé d’un mouvement de translation très rapide. Ce mouvement est dû d’après KRUSE à la présence d’un cil polaire. Ce cil, mis en évidence par la méthode de LOEFFLER est environ trois fois plus long que le Bacille et présente de deux à trois spires plus ou moins serrées.

La motilité est surtout marquée dans les cultures en bouillon à 20° C. et âgées de 24 heures; petit à petit, cette motilité décroit.

(1) En 1886 ROSENBERG a décrit sous le nom de B. cœruleus, un germe paraissant identique à celui décrit par Voces en 1803.

MODE DE GROUPEMENT

En effectuant des préparations à partir de cultures sur gélatine, VocEs a observé que le mode de groupement était très irrégulier. La plupart du temps on voit des Bacilles courts groupés en petits amas réguliers; quelquefois ils sont isolés et dans ce cas ils paraissent plus longs, ou bien ils forment de très courtes chainettes. Jamais on n’observe de formes sinueuses.

COLORABILITÉ

B. cœruleus (VOGEs) ne prend pas le Gram Il se colore en bleu par la méthode de ZIEHL NEELSEN, et prend les couleurs d’aniline.

» LRUCTURE,

À l'examen microscopique VOGEs n’a pas vu de noyau. Il a remarqué que les Bacilles poussant à la surface d’un tube de bouillon étaient colorés tandis que ceux qui vivaient en profondeur se trouvaient être incolo- ‘res.

D'après SmirTH, B. cœruleus présenterait de nombreuses formes d’involution en virgule (sous l'influence d’une élévation de température) ou en chaîne.

VOGEs n’a pas pu mettre en évidence la présence de capsules, ni de spores tandis que SMITH conclut à la sporulation.

Voces donne à l'appui de son affirmation, le fait qu’une culture chauffée à 60° C. pendant 15 minutes est tuée et ne pousse pas si on la réensemence. [1 semble donc que SMITH ait pris des grains de pigment pour des

spores.

RÉSISTANCE La résistance de B. cœruleus est assez grande, soit en suspension dans

l’eau de conduite, soit dans l’eau distillée. Après quatorze jours le réensemencement donne de nombreuses colonies.

TEMPÉRATURE

B. cœruleus croit à 20° C. d’une façon relativement rapide, À 37° C. on observe encore une végétation sur gélose, mais on remarque que le pigment disparaît. D'ailleurs KrusE (1896) affirme que la production de

pigment se fait sentir encore à 37° C. en employant divers milieux, sauf la pomme de terre. ;

AÉROBIOSE

Il semble que la présence d'oxygène soit nécessaire à la vie de B. coeruleus. Une culture en piqüre sur gélatine ne se développe pas si elle est recouverte de gélatine.

CARACTERES DE CULTURE MILIEUX SOLIDES

Gélose. — En cultivant B. cœruleus sur gélose inclinée, VoGEs a obtenu à 20° C. en trois jours, un léger enduit gris bleu, superficiel. À 37° C. la culture est plus rapide (30 h.), plus abondante, mais brillante et incolore. Il ne se produit jamais de pigment. Par contre cette culture repiquée et cultivée à 20° C. donne un enduit coloré.

Gélatine. — 1° En plaque. Sur gélatine en plaque B. cœruleus cultive dès le deuxième jour et donne de petits points gris, qui ont la dimension d’une tête d’épingle. Au bout de quatre jours, ils oat la grosseur d’un graïn de chenevis. L'examen au faible grossissement révèle la présence de deux sortes de colonies.

Les colonies profondes ont des bords nets avec, à l’intérieur, de légers épaississements concentriques. On aperçoit une légère granulation de la surface de la colonie. Vers le cinquième jour les colonies gardent toujours leurs contours tranchants, mais prennent en même temps que des dimensions plus grandes, une teinte jaune sale avec de gros points sombres au centre de la colonie.

Les colonies superficielles montrent dès le troisième jour des granulations bleu sombre. Les bords sont nets, le centre est granuleux. Au bout de cinq à six jours, ces colonies s'étendent en surface et donnent des colonies semblables à celles du Bacille typhique. La teinte fondamentale est jaune sale, mais les points pigmentés sont beaucoup plus nombreux. La colonie garde des bords nets, mais s’élève au centre et prend un aspect en « montagne de glace ». En même temps que le pigment on voit apparaître une légère liquéfaction de la gélatine.

2° En piqûre. En cultivant ce germe en piqüre on obtient une culture dite en clou. La tête est gris bleu brillant et on remarque que la coloration va en diminuant petit à petit, en passant par le vert pour atteindre le gris. Ceci montre encore une fois que la production du pigment est sous la dépendance de l’oxygène de l’air.

La culture sur gélatine en strie, favorise la production de pigment. Par liquéfaction de la gélatine, la coloration bleue gagne le fond du tube. La gélatine de poisson est beaucoup moins favorable au développement de B. coeruleus.

Pomme de terre. — La pomme de terre permet d'obtenir des cultures très abondantes d’un bleu très foncé, presque noir. Cette production de pigment ne s'effectue pas à 37° C. En ajoutant une solution de 37 % de chlorure de calcium à la pomme de terre on a une culture très abondante. La coloration de la culture tire sur le brun violet.

MILIEUX LIQUIDES

Bouillon. — Le bouillon est un milieu qui permet d'obtenir très rapidement une culture pigmentée. En 36 heures, il se forme un voile épais bleu qui n’augmente jamais d'importance. À 37° C. la culture est absolument semblable mais le pigment ne se produit qu’en très petite quantité.

Lait. — En cultivant B. cœruleus sur lait, on obtient une culture rapide. La couche de crème du lait est bleue, tandis que le fond du tube est incolore.

En opérant sur du lait tournesolé, on n'obtient aucun virage. Seule une légère décoloration se manifeste en huit jours.

VOocEs a cherché à mettre en évidence à l’aide de papier au sousacétate de plomb la production d'H?S. Il a obtenu au bout de huit jours un léger brunissement du papier. Mais cette production est très faible, car jamais on n’observe de dégagement gazeux.

PIGMENT

Extraction. — Le pigment peut être extrait des cultures de B. cœruleus par l’eau et l’alcool. On peut le précipiter de sa solution aqueuse par addition de benzine, d’éther de chloroforme.

ROSENBERG a extrait le pigment de B. cœruleus en traitant les cultures

par une solution chlorhydrique ou acétique. Il obtient ainsi une solution jaune vert avec l’acide acétique, vert clair avec un reflet bleuâtre avec l’acide chlorhydrique.

D’après SMITH et Micura le pigment se trouverait dans les cellules et ne se dissoudrait ni dans l’eau, ni dans l'alcool, ni dans les acides.

Propriétés du pigment, — On a tenté de solubiliser le pigment avec tous les solvants possibles: l’alcool absolu avec ou sans acide chlorhydrique, les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, acétique, le chlorure de calcium, la glycérine à chaud ou à froid additionnée d’acides variés (ROSENBERG, 1889). Quelquefois des produits de filtration colorés peuvent simuler une coloration, mais après un repos assez prolongé la pseudosolution laisse déposer une fine suspension qui existait dans le liquide.

Par des manipulations variées on obtient avec l’acide acétique un filtrat jaune ou vert qui ne peut pas cependant être considéré comme une solution.

En versant de l’acide chlorhydrique sur la pomme de terre, où le germe s’est développé, on obtient un dégagement de gaz carbonique qui recouvre la culture à l’état de mousse. L’acide azotique fumant modifie le produit coloré et le transforme en une masse jaune brunâtre. Ce produit est modifié par une solution d’iode dans l’iodure de potassium.

L’acide acétique glacial le colore plus en vert et moins en bleu. Il semble qu’un corps jaune soit dissout, mais la partie principale du produit colorant reste sur le filtre. Si la matière colorante de B. cœruleus se laisse dissoudre, ce qui est certain, c'est cependant en quantité très peu considérable. |

La chaleur n’a pas d'influence.

La réduction par le zinc et l'acide acétique glacial ou l'acide acétique, chauffé pendant trois quarts d'heure, ne modifie pas le produit colorant et une petite masse placée entre deux lames porte objet et examinée au spectroscope ne fait voir qu’une image lavée (effacée, délayée).

Examen spectroscopique. — L'examen spectroscopique des solutions acétique ou chlorhydrique du pigment de B. cœruleus n’a pas permis à Ro- SENBÉRG de trouver des raies d'absorption nettes. Il en a déduit que le pigment sécrété par ce germe est très peu soluble.

Pouvoir pathogène. — B. cœruleus n’est pas pathogène (Smrrx, Voces, Macé, MiGurA). Une souris ayant été inoculée avec o cc. 5 de suspension n’en a aucunement souffert,

Tableau de différenciation entre B. cœruleus Voces et B. cœruleus SMirx

B. Cœruleus SMITH B. Cæœruleus Voces Halle rs Ten l1u-lud4sur Ou8 2u-24p5sur 0u5 Association . ..... chainettes souvent filaments Motilité . ........ D mobile Gelatines set liquéfaction le 3° jour liquéfaction lente Pomme de terre..| bleu gris, puis bleu noir bleu, puis bleu noir l'A TTE ACSARNS soluble dans eau et alcool linsoluble dans eau et alcool SPOLES RE re présence de spores pas de spores

L'étude comparative de ces caractères montre qu’il existe une légère différence entre ces deux germes, surtout en ce qui concerne la taille, le pouvoir protéolytique vis-à-vis de la gélatine, la solubilité du pigment dans l’eau et l’alcool et la présence ou non de spores.

B. PAVONINUS Forster 1899

Ce germe a été étudié par KRAAL sous le nom de B. pavoninus FORSTER, en 1899, puis à la même date par BowxiLz THoMas. Il avait déjà fait l’objet de recherches antérieures par Van der SLEEN.

MORPHOLOGIE

B. pavoninus donne des colonies luisantes, opaques, bleues par transparence. Celles-ci incolores au centre sont bleues à la périphérie comme s’il fallait beaucoup d’air pour assurer la chromogénèse. Ce germe présente une culture très abondante.

B. pavoninus est immobile et ne prend pas le Gram.

Il ne liquéfie pas la gélatine, ni le sérum.

Son besoin d'oxygène est assez limité puisqu'il peut se développer dans le canal d’inoculation des cultures en piqüre.

B. INDIGONACEUS Claessen 1890 (INDIGOBLAUER B.)

- Bacillus indigonaceus appelé encore Zndigoblauer B., B. berolinensis indicus par VoGEs, FRANKLAND et GERMANO, Bacillus indigoferus par Z1m- MERMANN, Bacillus cœruleus par CLAESSEN est étudié aussi sous le nom de Bacillus indigogenus Arvarez 1887, Bacille bleu indigo, Bacterium indigonaceum, Pseudomonas berolinensis (CLAESSEN), par MicuLa, Bacilie de CLAESSEN.

Il fut étudié par CLAESSEN en 1890, sous le nom de Bacillus cœruleus. FLUGGE le décrit sous le nom de /ndigoblauer B. comme MaAce, FRANK- LAND, Roux, LusTic. En 1804, ZIMMERMANN lui donne le nom de B. berolinensis indicus. En 1900 MiGuLa l'appelle Pseudomonas berolinensis.

Ce Bacille fut isolé des eaux de la Sprée avant filtration, par l’Institut d'Hygiène de Berlin.

MORPHOLOGIE

C'est un Bacille arrondi aux pôles, de la dimension du Bacille typhique (?), se développant soit en éléments isolés, soit en éléments réunis par deux ou trois.

ZIMMERMANN (1894) a remarqué que souvent deux articles réunis se séparaiént au moment de la sporulation.

LEHMANN et NEUMANN (1809) ont obtenu en cultivant Bacillus indigonaceus sur pomme de terre une grande variété de formes: soit des Bacilles courts, soit des Bacilles longs et droits à bouts arrondis, soit des formes incurvées en C, en S, en U ou en N, ou le plus souvent des formes spiralées comprenant plusieurs tours de spire.

Ces auteurs ont observé aussi sur pomme de terre des chaïînettes sinueuses formées de plusieurs éléments de taille et d'aspect différents.

On observe encore sur sérum gélatiné maltosé et sur pomme de terre, outre des Bacilles et des formes sinueuses, un grand nombre de petits corps bleu indigo ou bleu très foncé.

Les éléments isolés ont une longueur de 1 & 6 à 3 w de long d’après LEHMANN et NEUMANN. Les éléments associés peuvent atteindre une longueur de 4 m 3. La largeur est d'environ o & 8 pour les Bacilles sporulés ou non.

MOTILITÉ

D’après les observations de LEHMANN et NEUMANN, B. indigonaceus serait immobile et dépourvu de cils. Par contre, les types étudiés par Vo- GES, ZIMMERMANN, MACE, CLAESSEN, sont très mobiles. Suivant ZIMMER- MANN ce Bacille serait animé d’un mouvement rotatoire. Ce mouvement serait d’ailleurs sous la dépendance du milieu. Bacillus indigonaceus étudié par THIRY est tantôt immobile, s’il est cultivé sur sérum gélatiné et maltosé, tantôt très mobile et progressant suivant une ligne brisée en M très régulière à l’aide d’oscillations rapides. L'observation de G. THIRY expliquerait les contradictions ci-dessus.

MODE DE GROUPEMENT

On trouve dans les cultures en goutte pendente des éléments isolés ou associés par deux ou trois. Sur pomme de terre l’aspect est tout différent. Les Bacilles sont groupés en chaînettes de plusieurs germes.

COLORABILITÉ

La colorabilité de B. indigonaceus est assez faible. D’après ZIMMERMANN il se colore en rouge par la méthode de Gram. La décoloration est rapide et complète.

B. indigonaceus se colore en rouge par la méthode de CLAUDIUS. Il se colore en bleu par la méthode de ZIEHL NEELSEN.

STRUCTURE

B. indigonaceus n’a pas de noyau nettement différencié. On observe par contre certains éléments présentant de fines granulations : d’autres ont des granulations beaucoup plus grosses dont le diamètre peut atteindre toute la largeur du bâtonnet. Dans ce cas le nombre de ces granulations peut s'élever jusqu’à huit, mais souvent il n’y a qu’un ou deux grains par plastide. L'emplacement occupé par ces granulations est d’ailleurs très variable.

D’après CLAESSEN B. indigonaceus est entouré de protoplasme, qui ne se colore qu'après avoir été soumis à l’action du mordant. Celui-ci est de l'encre de noix de galle.

LusriG admet la présence d’une capsule protoplasmique, mais cependant quelquefois, au lieu d’une fine ligne rouge qu’il observe après coloration à la fuchsine phéniquée, il voit seulement une large auréole.

REPRODUCTION

B. indigonaceus se reproduit par division et par sporulation.

SPORULATION

Au moment de la sporulation deux Bacilles réunis se séparent (ZIMMER- MANN).

D'après VOGESs, au moment de la sporulation, les bâtonnets ne sont pas colorés, ce qui les distingue de B. indigoferus de VOces.

ZIMMERMANN décrit dans le milieu d’une plastide une spore allongée difficilement colorable par la méthode de NEISSER et ERNST, mais malgré tout bien distincte des autres parties.

CARACTÈRES DE CULTURE

La culture de B. indigonaceus s'effectue dans les meiïlleures conditions à la température du laboratoire, qui est d’ailleurs la plus favorable à la croissance et à la production du pigment.

A 30° C., B. indigonaceus ne se développe que lentement (ZIMMERMANN) ; d'après Voces il pousserait encore faiblement à 37° C. mais sans donner de pigment. Pour les autres auteurs B. indigonaceus ne se développe pas à 37° C. sur divers milieux. Le développement de la Bactérie est arrêté mais celle-ci n'est pas tuée; en effet, une culture ayant séjourné à 37° C., remise ensuite à la température ordinaire croit normalement.

D'après ZIMMERMANN, B. indigonaceus est un aérobie strict.

Il paraît assez sensible à la réaction des milieux de culture. Dans les milieux acidifiés ou alcalinisés on n’observe pas de pigment (SCHNEIDER,

Gélose peptone. — Avec l’âge, les cultures sur plaque de gélose offrent les couleurs suivantes : gris bleu après 12 heures, elles deviennent bleu indigo en 24 heures; au bout de quatre jours elles prennent une coloration violet sombre, bleu noir intense, analogue à la couleur du violet de mé-

thyle cristallisé ou du violet de gentiane avec de brillants reflets métalliques rouges cuivrés. Les colonies ont un aspect analogue à celui des colonies de Colibacille sur gélatine. Elles sont souvent plates, s'étendent en largeur, les bords restant très minces. |

En cultivant B. indigonaceus eñ piqûre le développement est assez abondant même dans le canal d’inoculation, mais la culture reste incolore. Elle présente une structure dentelée et festonnée très élégante comme avec B. indigoferus provenant de la collection KRaaL.

La gélose fortement alcalinisée par l’ammoniaque permet une croissance intense.

Gélose peptonée glucosée. — Sur ce milieu on obtient une culture abondante, d’abord gris bleu, puis devenant peu à peu bleue avec des reflets

métalliques cuivrés (rouges violacés).

Gélose peptonée maltosée. — Ce milieu semble moins favorabie que le précédent. La gélose de SABOURAUD ne permet d’obtenir que de maigres cultures.

Gélose de Tochtermann. — On n'obtient qu’un enduit faible, grisâtre et

humide et cependant les cultures sur gélose peuvent se couvrir de cristaux.

Gélose glucosée tournesolée. — B. indigonaceus ne fait pas fermenter le glucose. On observe des colonies bleues à reflets métalliques.

Gélose peptonée glycérinée. — Sur ce substratum la croissance paraît assez faible au bout de 48 heures. La culture est incolore. Après huit jours les colonies sont nombreuses mais n’ont pas produit de pigment. Elles ont une couleur jaunâtre, plus foncée au centre qu’à la périphérie.

Gélatine. — Sur plaques de gélatine les colonies ressemblent à des colonies de Colibacille. La pigmentation n'apparaît que vers le quatrième jour, aussi bien pour les colonies superficielles que pour les colonies profondes (LusriG et Macé). D’après LEHMANN et NEUMANN les colonies peuvent ne pas être colorées et rester jaune mastic ou gris sale au lieu de bleu indigo ou de bleu à reflets.

La gélatine n’est pas liquéfiée qu’elle soit de forte ou de faible concentration.

a) Pomme de terre additionnée d'acide minéral. — Cultivé sur pomme de terre B. indigonaceus ne produit de pigment qu’en milieu acide. Cultivé à la température de 20° C. il donne parfois une légère culture bleu vert

en l’espace de 24 heures. Sur pomme de terre acide, il sécrète en trois ou quatre jours un pigment bleu indigo à reflets métalliques comme sur gélose,

b) Pomme de terre additionnée d’acide lactique. — La culture sur pomme de terre légèrement acidifiée par l'acide lactique (THIRY, inédit) est abondante ; elle recouvre la plus grande partie du tubercule. Au bout de quinze à dix-sept jours on a un enduit vert olive, brillant granuleux. Le coton supportant la pomme de terre est coloré par endroits en bleu indigo.

c) Pomme de terre additionnée d'alcali. — En ensemençant B. indigonaceus sur pomme de terre ayant séjourné dans une solution de soude à 1 % pendant une demi -heure, on n'obtient pas la belle culture colorée observée sur pomme de terre acide. Dans ces conditions le développement est très lent, s'arrête au bout de peu de temps ; l’enduit est mince, vert sale brillant et humide. Il prend un aspect gris bleu devenant légèrement vert pour aboutir après plusieurs jours au vert foncé. Autour de celui-ci le tubercule paraît se colorer en jaune quelquefois assez fortement, puis en vert sale, vert olive.

d) Pomme de terre glycérinée. — En deux jours à la température de 27° C. la culture est d’un beau bleu. Le tubercule semble teinté en jaune vert ou un peu bleu et au bout de quelques jours devient bleu indigo ou gris bleu ou bleu verdâtre. Le coton imbibé d’eau se colore en jaune clair ou jaune serin.

Carotte. — La culture obtenue est d’un bleu noir, brillant à reflets métalliques, envahissant peu à peu la carotte. Au bout d’un mois l’enduit croît encore, mais surtout en épaisseur.

Sérum coagulé. — On obtient sur ce milieu une culture abondante, colorée en bleu indigo.

Sérum gélatiné. — B. indigonaceus ne liquéfie pas le sérum gélatiné maloré un développement abondant.

Sérum maltosé. — 24 heures après l’ensemencement on observe une légère coloration bleue donnant après quelques jours une strie muqueuse gris bleu, devenant violette, puis bleue très foncé.

Si on fait plusieurs passages sur sérum maltosé on obtient des colonies rondes les unes bleues, les autres gris bleu en 18 heures. Il est à remarquer que B. indigonaceus pousse mieux.sur sérum maltosé que sur gélose maltosée.

MILIEUX LIQUIDES

Bouillon peptoné. — Un tube de bouillon peptoné ensemencé avec B. indigonaceus se trouble en 24 heures. On observe au fond du tube un dépôt floconneux épais, gris, parfois légèrement rouge orangé, puis le liquide devient clair avec une collerette bleuâtre à la surface (ZIMMER- MANN).

CLAESSEN n’a pas constaté l'existence de pigment dans ce milieu liquide. LEHMANN et NEUMANN auraient observé la formation d’un voile dont l’existence a été niée par KrusE. D’après CLAESSEN la culture à 37° C. serait à peine trouble.

Partant d’une souche provenant de la collection de KRrAAz, THIRY a obtenu sur bouillon (peptoné à 2 %) à la température ordinaire, un développement tout d’abord lent et peu abondant. Au bout de quelques jours apparaissait un léger voile cireux qui prenait en l’espace d’une semaine un aspect « mesenteriforme ». Sur les parois du tube on remarquait de nombreux cristaux incolores.

Dans les vieilles cultures on peut observer un dépôt, soit lourd et s’élevant en vrille par agitation, soit très léger et présentant un aspect floconneux et filamenteux. Dans tous les cas le milieu de culture est visqueux.

Bouillon de cheval (non peptoné, mais de réaction acide). — En cultivant B. indigonaceus sur un tel milieu non neutralisé, on obtient une culture abondante. Le liquide se trouble uniformément et un dépôt jaunâtre se sédimente peu à peu en même temps qu'apparaît en surface une légère collerette blanchâtre, pointillée par endroits de bleu indigo. On n'observe pas de voile.

Solution peptonée. — En solution de peptone alcalinisée à 5 % on obtient au bout de 24 heures une culture légère. Après cinq jours un dépôt se forme et le trouble augmente. On n'observe pas de pigment.

Solution peptonée (1 %) + saccharose (3 %) + craie. — Sur un tel milieu B. indigonaceus se développe lentement à 20° C. Le milieu se trouble de façon uniforme et il y a formation d’un dépôt visqueux s'élevant en vrille par agitation. On ne constate pas de voile ou de collerette à la surface du liquide. À 20° C. ou 37° C. il ne se produit aucune fermentation.

Les milieux liquides renfermant 1 % de peptone et 3 % de glucose ou de glycérine ne permettent pas au germe de se développer.

Lait, — TLEHMANN et NEUMANN ont remarqué que B. indigonaceus ne

Coagulait pas le lait, par contre il produisait dans ce milieu une coloration bleu verdâtre; l'addition de carbonate de calcium ne modifie pas sensiblement l’aspect des cultures que nous venons de décrire.

Liquide d'ARNAUD et CHARRIN. — B. indigonaceus ensemencé sur ce milieu fournit un développement léger au bout d’une semaine sans donner de coloration.

MILIEUX SYNTHÉTIQUES

Mihieu synthétique L1. — Après deux jours d’ensemencement sur milieu synthétique 1 de LAssEUR, B. indigonaceus produit soit des flocons filamenteux, soit un trouble uniforme.

Gélose asparaginée (gélose + milieu Li). — Sur gélose additionnée de liquide synthétique L1, ce germe fournit de belles stries muqueuses transparentes, visqueuses et adhérentes à la gelée.

Milieu au riz de SCHNEIDER (1805). — Sur ce milieu alcalin il se forme des colonies isolées de la taille d’un grain de sable de couleur indigo bleu. Les environs de la colonie sont colorés en vert olive ou bien le développement est incolore.

INDOL

Les auteurs ne seraient pas d'accord sur la fonction indologène de B. indigonaceus admise par certains, niée par d’autres.

ES B. indigonaceus ne dégage pas d'hydrogène sulfuré dans les milieux de

culture.

PIGMENTS

La production du pigment est sous la dépendance d’un grand nombre de facteurs.

C'est sur pomme de terre glycérinée, sur gélatine et sur gélose que B. indigonaceus fournit la plus grande quantité de pigment; mais ces milieux doivent être neutralisés à environ pH = 7 car le pigment bleu n'apparaît ni en milieu acide, ni en milieu alcalin (LASSEUR, inédit). D'autre part, celui-ci ne diffuse pas hors de la colonie dans le milieu nutritif sur lequel le germe se développe.

Propriétés du pigment. — Le pigment bleu indigo est soluble dans le chloroforme ( à froid ou à chaud), le sulfure de carbone, l’alcool absolu, (froid où bouillant), l’alcool éther (1 p. éther + 1 p. alcool), l’eau à la température ordinaire ou à l’ébullition.

Il est légèrement soluble d’après CLAESSEN et ZIMMERMANN dans une solution de soude. Il se dissout dans l’acide sulfurique concentré en donnant une solution jaune brun. En milieu chlorhydrique concentré et à froid on obtient un liquide bleu indigo ne restant bleu que 5 minutes, car il devient rapidement jaune brun clair au contact de l’air. Si on emploie l’acide azotique comme solvant le produit obtenu est jaune « couleur vin du Rhin » à chaud et il est stable au contact de l’air.

Réactions. — Une solution chlorhydrique bleu indigo additionnée d’ammoniaque perd sa coloration. Celle-ci est régénérée lorsque la solution est de nouveau acidifiée et abandonnée à l'air.

Le pigment se décolore rapidement sous l’action de l’eau de chlore. Traité par de la potasse il devient bleu verdâtre. L’acide acétique est sans action sur lui.

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