BACILLE BLEU INDIGO DE LUSTIG
MORPHOLOGIE
LusrTiG a décrit en 1893 sous le nom de Bacille bleu indigo un germe présentant des extrémités arrondies de dimensions identiques à celles du Bacille typhique, qui cultivé en goutte pendante apparaissait sous forme d’un filament constitué par deux ou plusieurs plastides. Le Bacille bleu indigo serait doué de motilité.
COLORABILITÉ
Se colorant facilement à l’aide de la fuchsine phéniquée, il paraitrait d’après LusriG entouré d’une capsule. Le mordançage effectué avec une solution de tanin, puis une coloration ultérieure à l’aide de fuchsine phéniquée met en évidence, à l'examen microscopique, une ligne fine rouge, épousant à quelque distance les contours du microorganisme, lui-même fortement coloré.
CARACTERES DE CULTURE
Gélose. — KEnsemencé sur des tubes de gélose ce Bacille donne en 24 heures des colonies bleu indigo devenant violettes au bout de quatre jours.
Gélatine. — Sur plaques de gélatine LusTIG a obtenu en trois jours des colonies grises, rondes, qui 24 heures après présentaient la pigmentation caractéristique. Ce savant n’a pas observé de liquéfaction.
Ensemencé en piqûre sur gélatine ce Bacille fournit en 24 heures une colonie qui devient bleue et s'étend sur toute la surface de la gélatine.
Pomme de terre. — Trois à quatre jours après son ensemencement sur pomme de terre le Bacille bleu décrit par LusriG donne une culture fortement colorée. La coloration se produirait mieux en milieu acétique.
Bouillon de viande. — Cultivant son Bacille bleu sur bouillon de viande LusriG n’a pu constater de pigmentation: un trouble se produisait seulement en 24 heures ou même 48 heures, en même temps que de gros flocons se sédimentaient,
TEMPÉRATURE
Ce Bacille se développe facilement à la température ordinaire. Par contre à 37° C. la multiplication est’ fortement ralentie.
En comparant ses caractères à ceux de B. indigonaceus, il semble que le Bacille bleu indigo signalé par LusTiG est sensiblement identique à B. indigonaceus.
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B. INDIGOFERUS Voges 1893
B. mdigoferus O. Voces. Pseudomonas indigoferus (Voges) MicuLA.
B. indigoferus fut isolé en 1803 par O. Voces des eaux de conduite de la ville de Kiel. Ce Bacille étudié par THirv en 1808 venait des collections KRAAL.
MORPHOLOGIE
B. indigoferus est un germe dont les éléments sont colorés par le pigment. Les plastides mesurent 1 & 8 de long et 0 & 6 de large. Leurs extrémités Sont coupées nettement. Le corps bactérien est généralement droit mais on observe parfois une très légère courbure.
Coloration naturelle. — Sur culture en bouillon de six jours VOGES a remarqué que le voile bleu, se formant à la surface, était constitué en grande partie par des Bacilles dont le contenu était nettement coloré en violet bleu. Cette coloration n’était pas uniforme car dans ces éléments on note la présence de plages colorées, ne présentant pas de structure très particulière, à côté de plages incolores fortement réfringentes au nombre de deux à trois par plastide. Certaines plastides peuvent être complètement incolores ; dans ce cas elles montrent un contenu ne présentant pas de différenciation.
MOTILITÉ
Les plastides de B. indigoferus sont animées d’un mouvement de rotation rapide. Cultivées durant 24 heures en goutte pendante sur bouillon, elles se déplacent très rapidement. La motilité peut persister durant huit Jours.
Le Bacille étudié par THIRY était animé de mouvements très vifs, comparés à ceux de la souche isolée par VOGEs.
La motilité s’atténue avec le temps et au bout de huit jours, il n'y a plus que la moitié des germes qui sont mobiles. Le bouillon, la betterave, la pomme de terre acide, donnent des cultures constituées par des germes très mobiles. I1 n’en est pas de même sur la gélatine où la motilité est beaucoup moindre. Bien que l’eau de conduite distillée et stérilisée ne soit pas très toxique pour B. indigoferus elle lui fait néanmoins perdre sa motilité.
Organes de mouvement. — VoOGrs a réussi grâce à la méthode de Lorr-
FLER à mettre en évidence chez B. indigoferus la présence d’un fouet polaire. Le fouet est environ trois fois plus long que le germe lui-même. I] présente deux à trois tours de spire.
MODE DE GROUPEMENT
Les plastides de B. indigoferus sont groupées par deux. D'après Zrm- MERMANN, la longueur des éléments bactériens pourrait atteindre 4 uw 3 de long sur o u 8 de large. Sur pomme de terre les Bacilles sont flexueux et plus longs.
Au moment de la sporulation les deux bâtonnets accolés se séparent. Dans la plupart des cultures cependant on rencontre surtout des éléments isolés présentant un seul fouet polaire.
COLORABILITÉ
La colorabilité de B. indigoferus semble assez faible. D’après Voces et ZIMMERMANN ïil ne prend pas le Gram; cependant THiRy a remarqué que certaines formes conservent leur coloration violette par la méthode de GRAM, tandis que d’autres sont colorées en rouge. VocEs colorait très facilement B. indigoferus par les colorants d’aniline.
SPORULATION
B. indigoferus se reproduit à l’aide de spores. Dans un bâtonnet provenant de la désagrégation d’un article, constitué par deux plastides, on voit apparaître une spore allongée, difficilement colorable par la méthde de NEISSER et ERNST; malgré cela elle est très visible du fait de sa réfringence (ZIMMERMANN).
TEMPÉRATURE
Pour la croissance et la chromogénèse, la température de 20° C. est la plus favorable (Voces). A 29° C. les colonies apparaitraient assez rapidement sur gélatine forte. A 37° C. on observe encore une culture mais elle ne produit aucun pigment. En repiquant B. indigoferus Sur agar-agar à la température de 37° C. Voces était arrivé à lui faire perdre pour quelques passages sa fonction chromogène. Le Bacille récupérait en effet sa pigmentation dès qu'il était ramené à la température derzotic,
VOcEs déterminant la température mortelle de B. indigoferus aurait
trouvé que le Bacille était tué par chauffage à 60° C. pendant quinze minutes.
AEROBIOSE
Il semblerait que la présence d'oxygène libre ne soit pas nécessaire au développement de ce germe. Il n’en serait pas de même pour le pigment qui sur gélatine ne se produit que dans les colonies superficielles.
CARACTERES DE CELTURE
SUR MILIEUX SOLIDES
Gélose. — Sur gélose les colonies sont identiques à celles données par B. indigonaceus. De teinte gris bleu tout d’abord elles deviennent bleu foncé ensuite, produisant des plaques humides et grasses. La gélose de SABOURAUD ne permet qu’un faible développement.
Sur gélose glucosée au contraire, la culture est très abondante et colorée en gris bleu.
Sur gélose la souche étudiée par THIRY donnait des colonies mastic ne présentant aucun pigment.
Un milieu gélosé additionné d’ammoniaque donne des colonies d’un beau gris bleu. Celles obtenues sur gélose glucosée tournesolée sont gris sale et ne virent pas. La glycérine incorporée au milieu entrave le développement en même temps qu'elle empêche la production du pigment, contrairement à ce que l’on observe dans la production de nombreux pigments bactériens.
Gélatine. — La gélatine constitue un milieu nutritif particulièrement favorable à la culture de B. indigoferus. Les colonies apparaissent rapidement à 29° C. sur des gélatines à forte concentration.
Par ensemencement en plaques, on obtient au bout de 36 à 48 heures des colonies présentant des aspects différents : les unes profondes, de la grosseur d’une tête d’épingle ou d’un grain de chenevis, sont transparentes, incolores, avec une bordure brillante et nette; les plus grosses d’entre elles sont teintées en un bleu très pâle. Les autres sont superficielles s'étendant rapidement à la surface. Elles sont transparentes, leurs bords sont bien nets et on aperçoit déjà de petites masses colorées en bleu, se réunissant en un
amas s’irradiant non seulement dans la colonie, mais encore se la gélatine, tout en diminuant peu à peu de coloration.
Après quatre jours de culture les colonies profondes prennent une teinte jaune verdâtre sale, quelques masses pigmentaires ayant pénétré à l’intérieur de la gélatine.
Les colonies superficielles par contre prennent une teinte verte. Elles sont tachetées par de nombreux points bleus et entourées d’un cercle net d’un bleu très sombre. Au bout de six jours la gélatine est comme saupoudrée de petites pierres bleues, tandis que les colonies sont recouvertes d’un fin voile irrisé.
En ensemençant sur gélatine en piqûre, VOGEs a observé dès les premiers jours, la formation d’une colonie grise se développant rapidement. En même temps qu’il y a accroissement en profondeur, la colonie superfcielle s'élève, formant une masse en tête d’épingle. Bientôt apparaît une coloration bleu sombre, présentant l'aspect d’un enduit brillant. Pendant ce temps les germes se développent dans le canal d’inoculation, tout en restant incolores.
Si on ensemence en strie, la culture se limite presque à la strie d’ensemencement, puis donne une culture bleu sombre, recouverte d’enduit brillant.
L'addition de potasse à la gélatine n’entrave pas le développement de B. indigoferus.
La gélatine de poisson semble peu favoriser la croissance de ce germe. Après huit jours de culture, on observe seulement une ligne bleu pâle, visible sur fond blanc.
Que B. indigoferus soit ensemencé sur gélatine alcaline, gélatine de poisson ou gélatine bouillon, il n’y a jamais liquéfaction du substratum.
Pomme de terre. — La pomme de terre constitue un milieu favorable au développement de B. indigoferus, qui donne dans ces conditions assez rapidement un enduit bleu vert. Souvent la masse culturale est brillante et présente des reflets métalliques. Le tubercule paraît se teinter en jaune.
La glycérine additionnée à ce substratum favorise la croissance de B. indigoferus. La masse microbienne se teinte en vert bleu où gris bleu après deux jours de culture à 25° C. Le tubercule se colore en Jaune serin. Ati bout de huit jours la culture devient vert olive et le substratum nutritif jaune vert.
La pomme de terre salée ne donne pas de meilleurs résultats que la pomme de terre ordinaire,