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peut encore faire une émulsion dans de l’eau dont on arrose la surface de la plaque de gélatine.
Les germes susceptibles de se développer sur un terrain contenant du sérum de lait, apparaissaient au bout de quelques jours, soit dans les lignes d’inoculation, soit en colonies isolées.
Dans un grand nombre d'expériences BEIJERINCK a constaté qu'il y a présence de deux espèces de germes : une Levure du sucre de lait nommée Saccharomyces tyrocola et cinq sortes de ferments lactiques. Il ne lui a pas été permis de mettre en évidence B. cyaneo-fuscus. En partant de taches bleues d’un fromage altéré, il ne lui a pas été possible non plus de retrouver B. cyaneo-fuscus. Par contre les ferments lactiques s’y trouvaient en très grande quantité. Il explique cette abondance de ferments lactiques par l’action protéolytique intense de B. cyaneo-fuscus vis-à-vis de la caséine.
B. cyaneo-fuscus transforme d’abord la caséine en peptone, que les ferments lactiques utiliseraient par la suite pour leur nutrition, étant euxmêmes incapables de s’alimenter directement à partir de caséine.
Les milieux de culture à base de caséine n'ayant favorisé que les germes accessoires, BEIJERINCK a utilisé des milieux sans caséine et sans peptone, ou tout au moins en contenant de très faibles quantités. (C'est ainsi qu'il employa soit une solution de gélatine à 10 % pure dans de l'eau de canal sans addition d’autre matière, soit une solution de peptone à 0,50 %. Dans ces conditions B. cyaneo-fuscus se développait seul. De plus ayant remarqué que B. cyaneo-fuscus avait disparu des fromages vieux, BEIJÉRINCK s’adressa à des fromages frais et peu acides.
Ce Savant souligne la faible acidité des fromages utilisés, car B. cyaneofuscus est très sensible aux acides.
De cette manière il obtint des cultures presque entièrement constituées par B. cyaneo-fuscus. L’acidité du fromage utilisé correspondait tout au plus à 5 cc. de solution potassique normale pour 100 gr. de fromage.
L’abondance croissante de l’acide libre dûe à la transformation du sucre de lait par les Bacilles lactiques, cause la mort de B. cyaneo-fuscus. Ceci explique pourquoi les taches du fromage vieux donnent toujours un résultat négatif dans les essais de culture.
MORPHOLOGIE
Sur gélatine. — B. cyaneo-fuscus se présente sous la forme d’un bàâtonnet de longueur variant de o & 2 à o à 3 de long. En milieu liquide
les plastides sont beaucoup plus petites: de o & 3 à o & 6 de long sur o & 5 de large.
C’est un germe mobile et strictement aérobie.
COLORABILITÉ
Les bâtonnets morts absorbent la matière colorante et présentent une teinte variant du brun verdâtre au brun noirâtre foncé. B. cyaneo-fuscus réduit le bleu d’indigo soluble.
CARACTÈRES DE-CULTURE
Gélatine. — Une solution de gélatine à 10 % dans de l’eau de canal constitue un milieu favorable pour le développement de B. cyaneo-fuscus. Les colonies en s’accroissant liquéfient la gélatine avec une intensité plus ou moins grande, suivant que celle-ci contient plus ou moins de peptone et suivant le degré d’activité végétative des Bactéries elles-mêmes. À 6° C. et 10° C. il y a une forte liquéfaction de la gélatine (culture sur gélatine pure) et diffusion d’une matière colorante brune pure.
Le germe pousse mal sur aliment phosphaté même lorsque la dose de phosphate est de 0,10 à 0,20 %.
Lait. — Le lait bouilli ou non est un bon aliment. À basse température on obtient les mêmes pigments que sur eau peptonée à savoir: vert, puis bleu, brun et enfin noir brunâtre. Après un temps assez long le corps foncé s’oxyde aux dépens de l’oxygène atmosphérique. Le lait prend alors une teinte brune perceptible pendant des mois.
Les germes autres que B. cyaneo-fuscus causant l'infection première du lait arrivent par l'intermédiaire de l’eau ayant servi au nettoyage des ustensiles de laiterie.
Résistance. — Des bandelettes de papier filtre et des fils de soie chargés de culture de Bacille sont séchés puis placés en solution de peptone. Dans de telles conditions BEIJÉRINCK n’a pu revivifier le Bacille. Il a ainsi été obligé d'admettre que B. cyaneo-fuscus ne se trouve pas à l’état vivant dans les poussières de l’air. L’infection du lait doit toujours avoir pour point de départ des objets humides.
Les solutions étendues de corps albuminoïdes, telles que le lait additionné d’eau, longtemps abandonnées à elles-mêmes à basse température constitueraient probablement les premiers foyers d'infection,