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AGGLUTINATION

En préparant des Lapins avec des plastides de B. Le Monmnieri, LASSEUR a obtenu des sérums dont le taux d’agglutination le plus fréquemment obsérvé était de 1/2000.

Les sérums préparés avec ce germe agglutinent également B. cyaneofluorescens au 1/50 et B. syncyaneus au 1/100. Les différentes variétés de B. pyocyaneus, B. violaceus, B. chlororaphis ne sont pas agglutinées même au 1/30.

L'épreuve de CASTELLANT, effectuée selon la technique de Ph. LASSEUR, a montré que le sérum préparé avec B. Le Monnieri ne renferme pas d’agelutinine spécifique pour B. cyaneo-fluorescens ni pour B. syncyaneus.

Au point de vue sérologique, comme au point de vue biologique, B. Le Monnieri et les Bacilles du lait bleu offrent une certaine parenté.

Précipitation par les acides

La précipitation par les ions H+ (HCI) différencie nettement les suspensions de B. Le Monnieri de celles de B. syncyaneus et de B. cyaneofluorescens.

POUVOIR ANTIGÈNE

Bien que non pathogène, B. Le Monnieri est un assez bon antigène. Cependant les complexes fixateurs : B. Le Monnieri + sensibilisatrice B. Le Monnieri ont une avidité assez faible pour l’alexine (LASSEUR).

B. CARYOCYANEUS Beijerinck-Dupaix 1930 (1)

« En 1927 la National Collection of Type Cultures Listers Institut de Londres adressa une culture d’un Bacille fluorescent, portant la dénomination de B. caryocyaneus Delft, à M. le Professeur LASSEUR, qui désiyeux d'avoir des renseignements sur ce Bacille écrivit à M. le Professeur Kiuyver. Celui-ci répondit en ces termes:

« …je regrette infiniment de ne pouvoir vous donner de renseignements « sur B. caryocyaneus. Je suis assez sûr que M. le Professeur BEIJjE- € RINCK, qui à isolé ce microbe et lui a donné son nom, n’a jamais pu- « blé un article à ce sujet. J’ai écrit à M. BEIJERINCK pour lui deman- « der de me donner quelques informations. Peut-être alors me sera-t-1l « possible de revenir à votre question. »

Et en effet dans une seconde lettre, M. le Professeur IKLUYVER précise de la facon suivante les renseignements fournis par son éminent devancier :

« Ps. caryocyaneus est étroitement apparenté à Ps. pyocyaneus GEs- € SARD, m@is constitue pourtant une espèce différente. J'ai isolé cette « Bactérie de bois pourri d’un saule, aux environs de Delft. En loutre, « j'ai trouvé cette Bactérie quelquefois dans le moût d’une usine de le- « vure et dans celui d’une brasserie. Le pigment bleu « caryocyanine » « ressemble beaucoup à la pyocyamme, mais il est très instable et se trans- « forme aisément en un pigment brun foncé. B. caryocyaneus fut isolé « sur une plaque appropriée à l’isolement de lAzobacter. Ainsi j'obtenais « des centaines de petites colonies fortement liquéfiantes et montrant un « pigment bleu foncé. Pour obtemr le pigment bleu il est préférable d’u- « hhser des plaques d'eau de conduite gélosée, contenant 2 % de glucose € et 1 % de phosphate d'ammonium, mais là aussi une coloration en brun « se manifeste après quelques temps (BEIJERINCK) & (2).

Sur les conseils et sous la haute direction de M. le Professeur LASSEUR, À. Dupaix a entrepris l'étude détaillée de B. caryocyaneus et ce sont les caractères du germe isolé par BEIJÉRINCK qui sont résumés ici.

(1) Pour la rédaction concernant B. caryocyaneus, nous avons fait de larges emprunts au remarquable travail publié en 1933 par notre collègue A. Duparx. (Voir la planche I à la fin du volume.) ;

(2) In DupPAIX, 1933.

B. caryocyaneus est un bâtonnet non sporulé à bouts arrondis à condensations polaires, présentant des formes courtes ovalaires et des formes allongées quelquefois réunies en diplobacilles. Il mesure de o u 8 à 3 u 6 de long sur o uw $ à o uw 7 de large. La durée d’une génération varie de 45 minutes à 67 minutes. Il est mobile et possède un fouet dont la longueur peut osciller dd 2H 5à 8.

Son mouvement rapide est intermédiaire entre le mouvement du Vibrion chlorique et celui du Bacille typhique. I1 ne peut être étudié qu: dans un milieu dont la viscosité est suffisante pour ralentir la vitesse de déplacement. Ainsi dans le liquide de peptonisation de l’albumine, on voit les plastides se déplacer suivant un mouvement de translation combiné avec des oscillations latérales. Parfois un pôle de la plastide est au repos, tandis que l’autre extrémité est animée d’un mouvement et semble décrire un cône. Dans le cas des diplobacilles, la plastide postérieure est réunie à la plastide antérieure par un plasmodème. Elle est agitée violemment et paraît aussi décrire un cône de révolution.

Colorées par la méthode de GRAM, les plastides de B. caryocyaneus sont décolorées (100 %) en 5 secondes, tandis que Sfaphylococcus aureus, traité dans les mêmes conditions de coloration offre encore 92 % de plastides colorées en violet bleu et 8 % colorées en rouge après 60 minutes d’action du décolorant (1).

CARACTÈRES DE CULTURE

Bouillon, eau peptonée. — En bouillon ordinaire, B. caryocyaneus détermine un trouble de toute la masse liquide. Les cultures montrent en outre un voile irisé, lisse, grimpant et une fluorescence verte. Sur eau peptonée, les cultures ont sensiblement le même aspect que sur bouillon, mais la fluorescence paraît plus accentuée..

Lait. — B. caryocyaneus, cultivé sur lait, donne un voile bleu noir, grimpant aux parois du tube et surmontant la couche crémeuse qui reste blan-

(x) Il est à remarquer qüe la coloration de GRAM a été effectuée avec des solutions de violet stabilisées suivant Îa techniqu? de Ph. Lasseur, A. Dupaix et C. MAGUITOT (1931).

che. À cette couche fait suite une zone gris bleu dont l'intensité colorante va en décroissant, puis apparaissent des stratifications de zones claires et foncées. B. caryocyaneus ne coagule pas le lait, maïs le peptonise après cinq jours de culture en donnant un liquide gris ardoise.

MILIEUX SOLIDES Gélose-bouillon ou gélose-peptone.

1° En piqûre. — Sur gélose B. caryocyaneus donne une culture blanc erisâtre, présentant une fluorescence verte. À mesure que les cultures vieillissent, un pigment brun diffuse dans la gélose.

2° Sur plaques. — Les colonies arrondies, blanchâtres sont de trois types différents :

a) bombées, lisses ; b) à bords surélevés, centre! plissé ; c) plates, très plissées.

Gélatine. — B. caryocyaneus est un germe doué d’un pouvoir protéolytique intense. Sur gélatine, et après 18 heures de culture, on observe au point d’inoculation un début de liquéfaction en entonnoir, puis la liquéfaction progresse par tranches. La gélatine liquéfiée est très fluorescente.

Albumine d'œuf. — B. caryocyaneus attaque aussi l’albumine d'œuf. Après six jours, la peptonisation d’un cube d’albumine d’un centimètre de côté est complète. On obtient alors un liquide visqueux, présentant une fluorescence vert jaune avec léger brunissement.

Sérum de cheval coagulé. — B. caryocyaneus protéolyse aussi le sérum de cheval coagulé et colore le milieu en gris vert.

Pomme de terre. — B. caryocyaneus se développe bien sur pomme de terre; les tubercules sont recouverts d’une culture gris bleu, devenant vert noir et enfin noir cirage à reflets métalliques. Le coton supportant les

tubercules offre des teintes dégradées, allant du noir au gris vert, gris bleu.

Carotte, — Sur carotte, la culture est mince, humide, gris noirâtre à reflets verts.

Dahlia. — Sur dahlia, B. caryocyaneus se développe moins abondam-

ment que sur pomme de terre ou sur carotte. Quelques tubercules restent pratiquement incolores, d’autres présentent une teinte à peine fumée ou gris ardoise.

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