SIÈGE DES PIGMENTS
En dehors des germes achromogènes qui peuvent prendre naissance à partir de souches normalement chromogènes, l’activité chromogène de la plastide bactérienne peut se manifester de différentes manières. Si des germes tels que B. caryocyaneus, B. pyocyaneus, B. chlororaphis, etc. bier que produisant des couleurs intenses, montrent des éléments bactériens dénués de toute coloration, il en est d’autres qui présentent un pigment intracellulaire.
Tous les auteurs admettent que les Bactéries pourpres sont imprégnées de Bactériopurpurine.
LASSEUR (1924) a montré que B. Le Monmieri peut présenter des plastides très mobiles avec au centre un gros grain chromatique, coloré en bleu foncé, tandis que d’autres sont peu mobiles et peu colorées. Un examen plus approfondi permet de voir une structure granuleuse avec vacuoles et grains cytoplasmiques, colorés en bleu. Des faits analogues ont été observés chez B. indigoferus VOoGEs par THrry (1803) et chez B. polychromogenes par CHAMOT et THIRY (1807).
Lasseur, VERNIER, Dupaix et COMBE (1931) ont montré que B. prodigiosus constituait un terme intermédiaire entre les germes présentant des plastides normalement colorées et ceux en offrant de régulièrement incolores. Ces auteurs, en employant le microscope binoculaire de Zeiss, muni d'objectif de 1,5 à 2 m/m. et d’oculaires apochromatiques 12,5 X, ont constaté, dans les plastides de B. prodigiosus, la présence de grains rouge rubis ou rouge foncé, plus ou moins nombreux, le reste de l'élément paraissant complètement incolore.
Ces faits sont tout à fait en accord avec ce qui avait été observé par LASSEUR sur B. Le Monmieri.
IT découle de ces observations que B. prodigiosus a été considéré comme une forme intermédiaire entre les Bactéries, dont le pigment imprègne toute la plastide et celles colorant le substratum nutritif, mais dont toutes les plastides paraissent normalement incolores.
Dans un remarquable travail qui a été hautement apprécié dans le monde entier, À. DUPAIX (1933) a montré qu'avec l'emploi d’une combinaison Optique apochromatique, la plus grande partie des plastides constituant de
vieilles cultures de B. caryocyaneus paraissait à peine colorée. L'auteur a cependant observé des éléments légèrement teintés en brun ou en vert, tandis que d’autres plastides montraient au contraire des grains colorés en brun ou en vert foncé. Examinés en masse sous une épaisseur de plusieurs centimètres les corps microbiens, soumis à des lavages répétés, étaient colorés en bleu foncé ou noir. Pour A. Duparx quels que soient sa nature et son siège le pigment doit nécessairement diffuser à ‘un moment donné hors de l'élément bactérien, et cela, nécessairement à la suite de la peptisation de la plastide.
Dans la coloration des plastides, A. Dupaix fait encore jouer un grand rôle à l'absorption. B. caryocyaneus, B. cyaneo-fuscus BEIJERINCK, B. polychromogenes Caamor et THirY, B. indigoferus VOGES produisent en effet dans les cultures des masses de pigment amorphes de toutes dimensions et de toutes formes. A la suite de la solubilisation de ces amas de substance pigmentaire, une partie de la matière colorante peut être absorbée par la membrane de la cellule, qui paraît alors légèrement teintée.