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l'observation très curieuse d’une manie furieuse alternant avec une double pneumonie : la pneumonie apparut deux fois et deux fois le délire cessa complètement ;
GERMAIN et BoucHETr qui rapportent dans les Ann. Méd. Psychol., 1844, un cas de stupeur chronique terminée heureusement par une pneumonie.
Il note également l'influence de la phtisie pulmonaire sur la marche de la folie : il cite le cas d’une fille de 35 ans, qui est atteinte depuis deux années d’un accès de folie avec de violents paroxysmes d’agitation, elle devient phtisique et à mesure que l’altération organique fait des progrès, les troubles intellectuels diminuent d'intensité, et aboutissent à un état parfait de la raison qui persista jusqu’à la mort.
I cite : BoucEetr (de Nantes) qui, dans les Annales d'Hygiène de 1840, rapporte un cas fort curieux où la manie et la phtisie pulmonaire marchent simultanément dans la voie de l'amélioration ;
Richard MEADp qui vit les symptômes d’une tuberculose pulmonaire s’amender et disparaitre à mesure que le délire et les hallucinations se manifestaient.
Il note que ces observations concordent avec l’idée de PINEL, qui, dans sa thèse inaugurale, dit qu’il existe une sorte d’alternance entre les symptômes de la phtisie pulmonaire et le phénomène de délire.
La fièvre, dit-il, a souvent exercé une influence des plus énergiques sur l’heureuse terminaison de la folie, et l’axiome hippocratique « Febris spasmos solvit » est souvent vérifié, et il en cite quelques exemples.
Dans sa troisième catégorie il s’agit de troubles somatiques qui ont déclenché l’aliénation : folies sympathiques, quand la maladie primitive guérit, elle amène souvent la guérison de la folie; il cite l'exemple suivant : Une femme
dE EE devient folle, en même temps qu’un polype utérin se développe chez elle; on enlève le polype et la folie guérit.
FALRET, à la même époque, pense qu’il y a beaucoup d’exagération à prétendre qu’il n’y a point de guérison stable de la folie sans apparition de phénomènes critiques appréciables : « Sans vouloir condamner un antique dogme de la pathologie générale, dit-il, la folie est loin d’avoir fréquemment son origine dans une maladie physique, dont la disparition coïnciderait avec la production du délire, et qui, en reparaissant de nouveau, pourrait guérir la maladie mentale. Cependant nous avons observé assez souvent des cas de ce genre pour en tenir compte dans l’étiologie et le pronostic de la folie, ce sujet mériterait au plus haut degré d'attirer l’attention des observateurs ». Il cite la thèse de BEAUNE sur la guérison des maladies mentales où sont rapportés des faits très intéressants sur les rapports de la folie avec les maladies physiques.
GiraRD publie dans les Annales Médico-Psychologiques, un article sur: l'influence des fièvres intermittentes sur l’épilepsie et la folie; il donne de nombreuses observations détaillées et montre les fréquents résultats bienfaisants observés; il cite également quelques cas où la fièvre typhoïde a interrompu définitivement le cours de la folie.
WoiLLez, dans un compte rendu sur l’épidémie de choléra à l’Asile de Clermont, montre que chez une dizaine de malades les troubles psychiques ont complètement disparu.
BERTHIER (de l’Asile de Bourges), dans un article intitulé « Fièvre dans ses rapports avec l’aliénation mentale », dit que la fièvre peut agir soit comme cause provocatrice de la folie, soit comme agent modificateur de la folie, et il
conclut: « Comme condition thérapeutique, la fièvre exa-
gère quelquefois la folie, la suspend le plus souvent et juge cette maladie dans certaines circonstances frop ou assez
négligées ».
GRIESINGER, dans son Trailé sur les maladies mentales, apporte des observations caractéristiques de linfluence des troubles somatiques sur les phénomènes psychiques; il cite en particulier le cas d’une malade atteinte d’un délire mélancolique avec agitation, cris, survenu à la suite d’un accouchement et durant depuis plusieurs années; survient une crise de R. A. A., la malade se calme, son délire se dissipe, mais la suppression de la maladie articulaire fait apparaître de nouveau les troubles mentaux, pendant trois mois les signes psychiques alternent avec les phénomènes articulaires, et finalement la malade retrouve une santé parfaite, et sort guérie de l’asile. On trouve, en outre, deux autres observations typiques; dans l’une il s’agit « d’hypocondrie, mélancolie profonde, guérison après fièvre intermittente », dans Pautre, il s’agit d’un cas de paralysie générale, guérie depuis quatre ans, après une suppuration abondante de la nuque.
VARGA, psychiâätre italien, rapporte un cas de mélancolie grave avec idées de suicide, guérie par un érysipèle de la face.
SPONHOLZ, psychiatre allemand, publie en 1877 un article intitulé : « De l'influence des affections somatiques sur la marche des psychoses » où il dit : « Nous avons, cru que la doctrine des crises dans la folie était solidement établie, nous lPavions admise sur la foi de nos maîtres et, à vrai dire, quelques faits de notre pratique courante venaient par ci par là confirmer les affirmations des PINEL, Esqui- ROL, GUISLAIN et autres ». Il a exceptionnellement vu une maladie intercurrente venir modifier ou arrêter le cours d’une psychose, sauf en des cas très rares; il fait une excepton pour le phlegmon diffus, l'influence de. l'érysipèle phlegmoneux est si évidente pour lui qu’il pratique des frictions irritantes sur la tête pour inviter la nature à en suivre les indications.