‹ Contribution à l'étude des balancements psycho-somatiquesChapitre 9 sur 50 · UNE EU · texte numérisé non relu

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poitrine, nous trouvons « la consomption pulmonaire s’arrête souvent à l'apparition d’une manie, elle alterne aussi avec l’aliénation mentale ». Dans le tome IIT sur les phrénopathies, nous notons : « Il arrive que les plaies des lésions accidentelles entraînent de fortes suppurations amenant un bien-être inattendu, parfois une guérison complète et cela en peu de temps ».

Un peu plus tard, B.-A. MOREL émet la conception des folies sympathiques en étudiant les relations entre les troubles psychiques et somatiques; il appelle folies sympathiques, toutes les aliénations qui sont la conséquence de troubles ou de lésions spéciales et primitives de l'organisme.

Comme ESQUIROL, il réunit, sous le nom de crise, les troubles somatiques qui surviennent au cours des psychoses, soit qu'ils alternent avec ces dernières, soit qu’ils en marquent la guérison. Il donne les exemples suivants : « Un homme ayant un état délirant, avec exacerbations maniaques, qui durait depuis plusieurs semaines, fut atteint d’un érysipèle du cuir chevelu et la guérison fut immédiate et complète ». « Une foule d’états délirants chroniques, dont quelques-uns avaient été Jugés au-dessus des ressources de l’art, ont été radicalement modifiés grâce à des pneumonies, des exanthèmes, des diarrhées dysentériformes, des abcès de la parotide ».

Il rapporte le cas d’une paralysie générale guérie par un abcès du foie qui rendit une quantité de pus incroyable, l’abcès était resté fistuleux et il entretint la suppuration jusqu’à complète guérison au moyen d’une meche dans la plaie. Il cite le cas rapporté par le Docteur MERIER d’un malade atteint de manie aiguë jugée rapidement par un abcès de la fesse.

Cependant MorEL pense qu'il y a exagération dans la doctrine émise par ESQUIROL à propos de la valeur absolue

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des crises, el qu’il peut y avoir des guérisons sans crises el des crises non suivies de guérison. Mais ce qui est surtout intéressant dans les conclusions de Morez, c’est la conduite que doit tenir le médecin en face d’une maladie incidente au cours de l’aliénation; voici ce qu'il dit : « Ou bien, 1l s'agira d’une affection légère, d’un érysipèle, d’un furoncle, d’une hémorragie peu intense et qui ne compromettra en aucune façon la vie, et alors on pourra l’abandonner à elle-même et suivre une médication expectante, ou bien elle sera dangereuse, et ce serait une faute grave de ne point intervenir; il ne serait pas permis de rester inactif en face d’une affection grave, d’après cette idée qu’on a vu la folie se dissiper pendant sa durée ou définitivement ».

Soulignons en passant la sagesse de ce conseil de MOREL qui estime qu’on n’est pas autorisé à courir un risque sur des données pathogéniques incertaines.

À la même époque, MARCGÉ conserve la notion de crise; mais il la trouve trop absolue, et dit que souvent les troubles somatiques ne donnent aucun changement dans lévolution des psychoses; cependant il reconnaît que dans certains cas il y a une intrication certaine entre troubles somatiques et psychiques et il donne l’exemple suivant qu'il a observé : « J’ai vu un rhum'atisme articulaire aigu faire disparaître complètement pendant 15 jours un état de stupeur devenu chronique, la maladie mentale reparut à ‘mesure que le rhumatisme approchait de sa fin ».

Il restreint donc la doctrine de la crise d’EsquiIRoL et classe les phénomènes somatiques dans leurs rapports avec les troubles psychiques en trois catégories :

1° Crises par rétablissement des fonctions physiologiques;

2° Crises par révulsion ou substitution;

3° Crises par cessation de la cause d’une folie sympathique.

Dans la première catégorie, il s’agit du rétablissement de certaines fonctions comme : la digestion, l'assimilation, les sécrétions physiologiques : sueur, salive, menstruation, qui, supprimées pendant la maladie, se rétablissent au moment du retour à la santé.

Dans la deuxième catégorie, il s’agit de phénomènes somatiques : affections soit locales soit générales qui agissent sur la folie, soit par révulsion soit par substitution; il donne de nombreux exemples caractéristiques.

Il rappelle quelques cas impressionnants d'EsSQUIROL et de PINEL et cite : BARTH (de Sirentz) qui, dans les Ann. Méd. Psychol., 1847, rapporte le cas d’une monomanie religieuse qui après plusieurs mois d'évolution fut guérie après apparition à la nuque d’un anthrax considérable suivi d’une longue suppuration ;

- GEORGET qui a vu une jeune maniaque guérie rapidement à la suite de phlyctènes gangréneuses apparues aux pieds et aux jambes ;

FoviLLE qui, dans sa thèse (Paris, 1824), cite le cas d’une psychose puerpérale guérie après formation d’un abcès du sein ;

AUBANEL et FERRUS qui ont signalé l’heureuse influence des vastes suppurations sur la marche de la folie ;

THORE qui cite deux cas de manie, l’un durant depuis quelques mois, l’autre depuis quelques années, et qui tous deux guérirent rapidement après l'apparition d’un érysipèle de la face ;

Il cite l’eczéma et le prurigo très étendus, qui, développés chez les aliénés, ont amené la disparition des accidents nerveux.

Puis il parle des affections pulmonaires agissant sur la folie en alternant avec elle ou en se substituant à elle ; il cite : THOBE qui, dans les Ann. Méd. Psychol., 1844, rapporte

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