‹ Contribution à l'étude des balancements psycho-somatiquesChapitre 8 sur 50 · RES PRES S · texte numérisé non relu

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Mais c’est surtout ESQUIROL qui a observé et étudié le plus les relations entre les troubles mentaux et les troubles somatiques; il a été frappé par des cas impressionnants de guérison par localisation somatique ou par fièvre, ainsi que par l’intrication des troubles psychiques et organiques : alternance ou substitution; nous ne saurions mieux faire que de citer des passages caractéristiques de son Traité sur les maladies mentales. : « La suppression des hémorroïdes est presque aussi funeste aux hommes que celle des menstrues ou de la leucorrhée chez les femmes... La suppression du lait dans les mamelles des nourrices précède le plus souvent l’aliénation mentale, le délire augmente quand le lait diminue, le délire cesse après le rétablissement de la sécrétion lactée. »

« La folie se complique très souvent avec les affections des poumons, du cœur, des intestins, de la peau, soit que ces dernières maladïes aient précédé la folie et aient cessé lorsqu'elle a éclaté, soit qu’elles marchent simultanément ou alternent avec elles Les aliénés ne sont pas à l’abri des maladies intercurrentes épidémiques, celles-ci ont souvent une influence plus ou moins marquée sur la folie, soit qu’elles en suspendent la marche, soit qu’elles la fassent cesser. »

< J’ai vu un grand nombre de fois la phtisie précéder de ‘plusieurs mois la lÿpémanie et même la manie, ou se déclarer en même temps qu’elle, quelquefois aussi la folie alterne avec la phtisie et alors, pendant la durée du délire, même le plus violent, tous les symptômes de phtisie cessent pour revenir après l’accès.… »

< HIPPOCRATE veut que la gale juge la folie et tous ceux qui ont vu beaucoup de fous ont pu vérifier cette sentence. J’ai essayé de donner la gale à un militaire en démence et paralytique, je n'ai point réussi ni à le guérir, ni à Jui

2) Vs PEL

communiquer la gale.. mais j'ai vu l’éruption de la gale s'étendre sur tout le corps d’un aliéné, son délire a diminué à mesure que la gale faisait plus de progrès, en 15 jours le malade est rendu à la raison, mais le corps est couvert de gale…. »

Une dame âgée de 23 ans, Mme A... accouche heureusement; au septième jour, elle éprouve une secousse morale très vive, les lochies se suppriment, elle délire, devient furieuse, quelques jours après les lochies reparaissent, le calme revient avec la raison. »

« Les furoncles se manifestent souvent chez les aliénés et deviennent critiques dans quelques cas, surtout lorsque la suppuration est abondante. Une dame âgée de 29 ans, aliénée depuis plusieurs années; un jour apparait un furoncle énorme du périnée, la suppuration est très abondante pendant quinze jours, dès lors le rétablissement de la raison est parfait. »

« Mme E., âgée de 66 ans, est transportée à la Salpétrière, elle y arrive dans un état d’agitation extraordinaire pour son âge. Cet état dure six semaines environ sans aucune rémission. Enfin se développe une parotidite du côté gauche, aussitôt le délire se calme, il se forme un abcès qui est ouvert et guérit en trois semaines. Depuis l’apparition de la parotidite le délire a toujours graduellement diminué et enfin a complètement disparu ‘avant la cicatrisation de l’abcès.… »

« Il est peu de maladies chroniques qui n’aient été guéries par le développement d’une fièvre inattendue. Tous les praticiens ne cessent d'exprimer le regret de n'avoir pas en leur pouvoir d’exciter la fièvre... »

Tous ces troubles somatiques survenus au cours de l’aliénation mentale, EsquiRoL les réunit sous le nom de crise

ou d'accidents critiques; et suivant en cela la pensée

d'HiPPOCRATE et de GALIEN, il ne regarde la guérison comme constante que lorsqu'elle aura été signalée par quelque crise sensible.

Il a essayé de tirer des déductions thérapeutiques de ses observations impressionnantes, mais il s’est aperçu que les résultats obtenus étaient beaucoup moins bons qu’au cours de fièvres et d’affections spontanées, c’est ainsi qu'il dit « Ce que l’art ne peut toujours faire, la nature l’opère pour quelques individus et il n’est pas rare que non seulement des fièvres symptomatiques, mais des fièvres spontanées jugent la folie. »

A la même époque GUISLAIN signale également les rapports entre les troubles mentaux et somatiques; dans son Traité sur l'aliénation mentale et les hospices d'alténés paru en 1826, il dit : On a vu la phtisie arrêter le cours de la folie ou la folie se développer au cours de la phtisie.. », puis, plus loin il rapporte l’observation d’un homme mélancolique délirant qui fut guéri rapidement par l’apparition d’un érysipèle. Dans son traité « Les leçons sur les phrénopathies >» paru plus tard : 1852, nous trouvons ceci : « Je traiterai aussi des affections pulmonaires qui se présentent au cours de l’aliénation mentale et qui doivent, dans plus d’un cas, être envisagées comme des espèces de crises bienfaisantes ». Il signale plus loin les sueurs, qui en se rétablissant font disparaître la folie; les anthrax et les furoncles qui amènent souvent la solution de la folie; l’érysipèle, la gale, la jaunisse ont parfois le même effet chez les aliénés. Il signale aussi les fièvres intermittentes guérissant la manie. Il cite à ce sujet M. HERGT qui a vu un aliéné, réputé incurable, se rétablir après 14 années de manie, sous l'influence du retour d’une fièvre intermittente, dont ce malade avait été atteint lors de son entrée dans l’établissement. Dans le chapitre sur les affections de

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