‹ Contribution à l'étude des Blastomycoses pulmonaires: Une nouvelle espèce de levure pathogène: Saccharomyces catarhallis n. spChapitre 17 sur 31 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Propriétés biologiques et biochimiques.

Propriétés biologiques.

Nos recherches ont porté sur la détermination de la température optimum de culture, la concentration optimum des milieux en ions H, l'influence de la lumière sur la croissance.

Optimum cultural.

Nous avons eu pour but de fixer la température à laquelle la croissance se manifeste tout particulièrement.

L’optimum de croissance est donné par la récolte la plus forte en poids de culture obtenue au bout d’un même nombre de jours, pour des cultures pratiquées sur le même milieu et dans des conditions identiques (température mise à part).

Nous avons employer le bouillon maltosé, sachant qu'il était particulièrement favorable à la croissance de l'espèce étudiée.

Au moyen de l’ôse de platine on a fait des ensemencements à la surface du milieu disposé dans des matras de 50 cmc. contenant 20 cmc. de bouillon. Les milieux ont été placés à des températures différentes se répartissant suivant l'échelle croissante suivante : + 20°, + 25°, +27, + 29°, + 35°, + 370, +390, + 40°, + 42.

A partir de la température de + 270, la croissance de l’organisme s'opère dans de bonnes conditions et paraît assez rapide ; les cultures sont particulièrement importantes

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à + 280. Si on dépasse + 35°, la croissance diminue ; à + 39°, elle est très faible, à + 420, nous n’enregistrons plus aucun développement du champignon.

Pour déterminer aussi exactement l'optimum de croissance, nous avons fait usage de la méthode indiquée par A. Sartory (56).

Après 5 jours de culture, le contenu de chacun des matras est tué par la chaleur et jeté sur un filtre taré. On effectue alors plusieurs lavages destinés à l'élimination aussi complète que possible des éléments étrangers à la culture et appartenant au milieu ; on dessèche le filtre à l'étuve et on le pèse. La différence entre ce poids et la tare précédente donne le poids de la culture.

Dans letableau suivant nous exprimons nos résultats :

PoiDS DES CULTURES SUR BOUILLON MALTOSÉ SUIVANT LES DIFFÉRENTES TEMPÉRATURES.

Températures....... + 200 + 250 + 270 + 290 +350 + 370 + 400 Poids en grammes..... 0,459 0,797 0,894 0,905 0,772 0,326 0,138

On peut donc admettre que l'optimum de croissance de la levure cultivée sur bouillon maltosé est situé entre les températures de + 270 et de + 2%.

Concentralions optimum en ions H.

Pour l'étude de la concentration optimum en ions H, nous avons choisi le milieu au moût de bière ; nous l'avons réparti dans des séries de tubes de culture et nous avons ainsi constitué une échelle croissante depuis la concentration en ions H représentée par le pH 4 jusqu’à celle exprimée par pH = 9.

Tous ces tubes ont été, après stérilisation et contrôle des pH, ensemencés au moyen de notre Saccharomyces.

Les mesures ionométriques ont été effectuées au moven du potentiomètre de CHAUVIN et ARNOUX équipé avec l’'électrode à antimoine. Les cultures ont été disposées à la tem-

pérature de + 28 et on les a examinés après 6 jours. A ce: moment chacune est disposée sur un filtre de Jéna taré soigneusement. La filtration est effectuée, puis le filtre est introduit dans une étuve à + 55° jusqu'à ce que son poids reste constant ; à ce moment la dernière pesée indique le poids de la récolte.

La récolte la plus importante est celle qui a été effectuée dans le milieu ajusté au pH optimum ; pour ce qui nous concerne, elle est réalisée pour les concentrations en ions H exprimées par pH = 6,6 et pH = 6,8.

Action de la lumiere.

Nous avons exposé des cultures à l'obscurité complète ; certaines ont été disposées à la lumiere diffuse, d'autres en pleine lumière ; nous n'avons constaté aucune différence appréciable de croissance ; l'organisme semble pousser aussi bien dans un cas que dans l’autre.

Propriétés biologiques.

C'est l’action sur les sucres et sur les matières azotées qui a retenu notre attention : dans le premier cas, nous avons expérimenté les matières sucrées suivantes : Glucose, Lévulose, Galactose, Mannose, Saccharose, Maltose, Lactose.

Pour ce qui concerne les matières azotées, nos recherches ont porté sur l’albumine d'œuf, le lait, le sérum coagulé et la gélatine.

Action sur les sucres.

Nous avons utilisé comme milieu de base le liquide de RAuULIN sans hydrate de carbone ; pour chaque cas particulier, nous y avons incorporé la matière sucrée que nous voulions étudier.

Tout le soin a été apporté dans leur préparation afin d'éviter les phénomènes d’interversion, etc. D'autre part

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comme moyen de contrôle nous avons constitué des tubes témoins qui n’ont pas été soumis à l’ensemencement mais qui ont été placés dans les mêmes conditions que les tubes ‘ensemencés. Les milieux de contrôle ont été soumis à l’analyse en vue de déterminer les interversions accidentelles qui auraient pu se produire.

C'est la méthode classique de Gabriel BERTRAND qui nous a servi dans nos dosages.

Afin de nous rendre compte des changements éventuels de réaction dans nos milieux sous l'influence du microorganisme et aussi pour déceler la production de gaz, on a fait appel à la méthode de BESSON, RANQUE et SENEZ dite communément : méthode du tube B [57].

Rappelons en peu de mot cette technique particulièrement précieuse pour obtenir des résultats rapides sur l’assimilation des matières sucrées :

On fait appel à de grands tubes de culture (20 mm. au moins de diamètre) ; chacun reçoit une certaine quantité de milieu sucré (20 cmc. par exemple) ; on dispose dans ces tubes de petits tubes à hémolyse renversés ; les vases de culture ainsi préparés sont bouchés au coton et stérilisés avec précaution. Au cours de l'opération de stérilisation les tubes à hémolyse ont gagné le fond des grands tubes de culture et se sont remplis complètement de liquide nutritif ; ils sont près pour l’ensemencement.

Ouvrons ici une parenthèse : un procédé élégant et commode que nous avons emplové permet aussi de se rendre compte de l’acidification des milieux ; il consiste à introduire dans le milieu sucré une petite quantité d’un indicateur coloré virant différemment suivant la concentration en ions H. Nous avons retenu dans ces expériences le bleu de Bromothymol et le rouge neutre.

Le tableau qui suit résume nos observations :

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