‹ Contribution à l'Étude des Blastomycœses HumainesChapitre 11 sur 27 · AC LUS · texte numérisé non relu

AC LUS

Vu que DA FONSECA, en examinant l’Atelosaccharomyces Hudeloi, espèce cataloguée et étudiée par les auteurs précédents a pu obtenir un résultat analogue à celui d’OrA, il il nous semble que ces dernières constatations sont justes, suriout si nous considérons nos propres recherches que nous exposerons par la suite.

Ces mêmes savants ont apporté une contribution à l’étude biochimique de ces champignons: SASAKAWA, en employant la méthode de LINDNER, porte un grand intérêt au pouvoir fermentatif et classe ces vingt et une espèces examinées en considérant leurs caractères morphologiques en premier lieu, et il utilise ensuite le pouvoir fermentatif comme caractère différentiel. Ainsi son premier groupe Monilia renferme des levures qui fermentent toutes les hexoses mises en expérience. Le 2ème groupe Pseudo-Torulaspora se distingue du 3ème groupe: les formes toruleuses, par le pouvoir fermentatif; en effet ces dernières sont, d’après l’auteur, incapables de conduire la fermentation des hydrates de carbone jusqu’à la production de gaz.

Par contre OTA conclut de ses recherches, qu’on ne doit attribuer aucun caractère de critérium au pouvoir fermentatif. Nous aurons aussi l’occasion de revenir sur cette question au cours de notre exposé personnel, de même que sur l’objection formulée par SASAKAWA en ce qui concerne les constatations de GOUGEROT sur la mutabilité des caractères morphologiques et biochimiques de levures pathogènes.

Morphologie des Blastomycètes dans les tissus et les cullures :

Dans les tissus et le pus les microorganismes des blastomycoses humaines présentent le même aspect. Généralement on a affaire à des corps ronds ou ovales, avec capsule réfringente à double contour, parfois enveloppe gélatineuse. Nous croyons devoir insister ici sur la présence de cette gaine, étant donné que nous reviendrons sur ce phénomène lors de la description d’un de nos parasites qui présentait cette particularité d’une façon très exaltée. A l’intérieur de cette capsule, on voit des granules réfringents ou des

Le. Die

corps plus volumineux sporiformes. Sur les coupes colorées, la membrane à double contour, homogène, est parfois séparée par un espace clair, de dimensions variables, du protoplasme grossièrement granuleux. On peut voir également dans les cellules de levure des vacuoles de grandeur différente.

Généralement les Blastomycètes ont de 7 à 20 w de diamètre;cependant il en existe de plus petits et de plus grands. Leur mode de multiplication est le bourgeonnement qui s’observe à tous ses stades. Rarement on trouve dans les {issus des filaments capables de pénétrer entre les éléments cellulaires ou à leur intérieur comme dans les mycoses dues à l’Endomyces albicans.

Exceptionnellement, dans l’organisme, on a signalé la multiplication par endosporulation; tels les cas de LE COUNT et Myers (105), Blastomycose du cervelet, et Du- BREUILH (106), Blastomycose cutanée. Dans ce dernier cas, Pauteur décrit son microorganisme comme un corps encapsulé, se multipliant par scission interne. Malheureusement aucune culture du parasite ne fut faite.

Cette pseudosporulation, dit HARTER (5), pourrait, si nous voulions la rechercher, se retrouver dans quelques cas de nos lésions humaines ou expérimentales. Plusieurs fois, en cffet, surtout quand les levures étaient phagocytées, à côté de la membrane rupturée ou plus ou moins détruite, on voyait des corps de grandeur inégale provenant de la cellule-mère.

Dans les cultures, les diverses levures présentent des différences notables (formes levures ou appareil végétatif compliqué consistant en éléments bourgeonnants et mycélium avec parfois des hyphes aériennes).

Les levures de Busse (34), Curtis (18), TRoIsIER et ACHALME (16), VUILLEMIN et LEGRAIN (23), BLANCHARD, SCHWAR1Z et BINOT (26), BREWER et Woo (107) ne donnent que des cellules arrondies et ovales, dont beaucoup bourgeonnent. Jamais on ne trouve de filaments véritables, mais parfois uniquement des formes allongées. Les unes possèdent une forme ascosporée et doivent être rangées dans

Le TR. Les

les Saccharomyces; les autres n’ont pas de mode de reproduction et on ne peut que les classer dans les Hyphomycètes thallosporés.

Traitement: Dans toutes les mycoses, l’iodure de potassium a fait ses preuves; nous connaissons ses merveilleux résultats dans l’actinomycose. De même, dans tous les cas de sporotrichoses, d’oosporoses, le traitment ioduré a une action curative constante. Dans la Blastomycose généralisée, les résultats ont été jusqu'ici peu satisfaisants. Il est probable que si le diagnostic était précoce, le traitement local associé au traitement général donnerait de bons résultats. C’est ainsi que dans l’observation de GiILcHRIST, le malade fut guéri en six semaines par l’iodure de potassium. Dans celle de HUDELO, DuvaL et LAEDERICH, la guérison fut obtenue par l’iodure, après incision et nettoyage de tous les abcès formés; de même HYpE et MONTGOMERRY (108) obtinrent la guérison de leur malade par ce produit.

Pour arrêter la marche de l’infection, le médecin devra avoir recours à l’ablation chirurgicale pour les gros abcès et au traitement ioduré intensif. Les iodures de potassium, de sodium et de fer doivent être donnés à la dose de 3 à 4 grammes par jour; on augmente progressivement suivant la tolérance du malade. On doit arriver à la dose maxima que peut supporter le malade. Pour éviter les inconvénients de ces fortes doses, on peut associer les iodures, les mélanger à des amers, et surtout veiller à l’antisepsie intestinale.

Il est nécessaire de continuer le traitement le plus longtemps possible, même après la guérison apparente, sans cela la récidive et même la généralisation se produisent.

S’il y a intolérance on peut faire des injections intramusculaires d’huiles iodées, par exemple de lipiodol, ou encore emplôyer des albumines iodées, telles que l’iodomaïsine, qui amène une regression rapide des lésions.

Ne pas négliger le traitement iodo-ioduré (incision, curetage, pansements de lésions externes avec une liqueur iodo-iodurée, attouchements des ulcérations avec la teinture d’iode).

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