OU
proportionnel au dégagement de gaz carbonique résultant de la dégradation du glucose par la levure. Les valeurs de CO ? ont été obtenues au moyen de la formule suivante:
V x h X P 760x760x13,56 (1+0,00367 xt)
ZE
V représente le volume de l’appareil, c’est-à-dire de la fiole piriforme, plus celui de la branche fermée du manomètre allant jusqu’au niveau zéro du tube en U. De ce volume il faut retrancher le nombre de centimètres cubes de milieu de culture introduits dans le petit ballon (5 ce dans le cas de nos expériences).
k représente la hauteur de la colonne d’eau au moment de la lecture dans la branche ouverte du manomètre.
est égal à la pression atmosphérique au moment de D l’expérimentation, et
t représente la température lue à la même période.
Dans le tableau suivant nous exprimons les quantités de gaz carbonique obtenues au cours de plusieurs expériences en indiquant la moyenne:
7 heures après le début de l'expérience la quantité de CO? est de 0,0034.
9 heures après le début de l'expérience la quantité de CO? dégagée est de 0,0036.
12 heures après le début de l'expérience la quantité de CO? dégagée et de 0,0079.
18 heures après le début de l’expérience la quantité de CO? dégagée est de 0,0124.
24 heures après le début de l’expérience la quantité de CO? dégagée est de 0,0196.
En ce qui concerne le saccharose, la période où se manifeste la rééquilibration dans les deux branches manométriques, est décalée de 4 à 5 heures en comparaison avec le glucose, c’est-à-dire qu'elle se produit 10 à 11 heures
=. Ep =
après le début de l’expérience. A partir de ce moment l’ascension dans la branche ouverte s’effectue pour les mêmes temps en rapport direct avec les quantités de CO ? trouvées pour le glucose.
Quant aux autres sucres examinés, nous n'avons pu constater que le premier phénomène consécutif à la respiration, mais l’équilibration automatique des colonnes d’eau n’a jamais été observée. Ceci prouve que la levure en expérience assimile le glucose avec production de gaz carbonique, qu’elle assimile le sacchacrose après l’avoir interverti et cette assimilation amène à la formation de gaz carbonique.
En ce qui concerne les autres sucres, aucun pouvoir fermentatif n’a pu être mis en évidence.
Afin de contrôler l’assimilation des sucres par notre organisme nous avons eu recours à la méthode de BERTRAND que nous ne croyons pas utile de décrire ici, étant donné qu’elle est classique.
A cet effet nous avons préparé des tubes de culture renfermant la proportion de matières minérales correspondant à celle contenue dans 10 ce de liquide de RAULIN dissous seulement dans 5 cc d’eau. D’autre part, nous nous sommes servi des tubes contenant 0 gr 5 de sucre dissous dans 5 cc d’eau. Ces deux séries de tubes ont été stérilisées à l’autoclave à +115° et après refroidissement on a mélangé aseptiquement la solution sucrée et la solution de sels. Une série de ces milieux a été ensemencée avec des quantités de culture égales, et une autre série, restée stérile, a été soumise aux mêmes conditions (témoins). Les deux catégories de tubes ont été placées à l’étuve à +37° et des dosages par la méthode de BERTRAND ont été effectués tous les jours durant une semaine. En ce qui concerne le glucose, nous avons ainsi pu établir que la levure assimilait dans les deux premiers jours plus de 50% du sucre mis à sa disposition. Le troisième jour les trois quarts du glucose ont disparu, et le reste du sucre est assimilé du quatrième au sixième jour, de sorte que la totalité de l’hydrate de carbone a disparu du milieu le septième jour.
Quant à l’assimilation du saccharose par le Debaryomyces en étude, nous avons constaté par la méthode de BERTRAND, en examinant d’un côté des milieux ensemencés avant et après hydrolyse artificielle, de l’autre côté des milieux témoins placés dans les mêmes conditions, que pendant les quatre premiers jours l’interversion du saccharose se réalisait complètement. Le quatrième jour il ne restait que 13,5% de sucre interverti dans le milieu. De cette quantité de sucre le champignon assimilait le cinquième jour encore 63%, le sixième jour 84%, le septième jour 76%, et le huitième jour 63% du sucre restant, de sorte que le huitième jour la quantité de sucre interverti était en moyenne de 0 gr. 0089 dans le milieu. Par conséquent en huit jours la presque totalité du biose mis à la disposition du champignon a été assimilée avec interversion préalable, se manifestant dans les premiers quatre jours et avec formation de gaz carbonique comme terme ultime de la dégradation.
Les milieux à base de galactose et de mannose ont été préparés et dosés de la même façon et nous avons pu constater que le champignon assimilait le galactose très fortement et cet hexose avait disparu du milieu au bout de huit jours de culture; le mannose était assimilé aussi par la levure, mais la disparition totale du sucre dans le milieu n’était pas atteinte après la première semaine de culture et à ce moment il restait encore 34% d’hydrate de carbone non touché. Il faut insister ici sur la différence existant dans l’assimilation et la dégradation entre le glucose d’un côté et les deux autres hexoses de l’autre, le premier aboutissant à une fermentation avec dégagement de gaz carbonique, les deux autres se dégradant pour aboutir à la pro-
duction d’acides non volatils.
Le lévulose, le maltose et le lactose, examinés dans les mêmes conditions, ne nous ont montré au bout de huit jours de culture aucune disparition de la quantité de sucre introduite, et nous nous croyons en droit de conclure qu’ils n’apportent à l'organisme en élude aucun profit.
Action sur les matières azotées:
Recherches sur les propriétés protéolytiques
Afin de rechercher les propriétés protéolytiques de notre organisme, nous avons ensemencé le champignon:
1° Sur des tubes renfermant du sérum coagulé; la culture était placée à +27°: le Debaryomyces évolue très lentement, donnant au bout de trois semaines des cultures visqueuses d’un blanc crémeux; l’aspect microscopique montre des éléments ovalaires, nettement levuriformes, à l’état bourgeonnant, la dimension des éléments est légèrement augmentée; le tout est enfermé dans une gaine mucilagineuse. Le sérum n’est pas coagulé même après un mois.
2° Action sur le blanc d'œuf: Dans des tubes de bouillon nous avons introduit des petites cubes de blanc d’œuf coagulé par la chaleur et stérilisé à l’autoclave. Le milieu a été ensemencé et placé à des températures de +22° et +37°. L'organisme forme un voile à la surface du milieu, mais nous n’avons jamais pu constater une dissolution ou une attaque du blanc d’œuf par le Debaryomyces.
3° Action sur la gélatine: Les ensemencements sur milieu de RAULIN gélatiné en piqûre et en surface nous ont permis de constater que la gélatine n’était jamais liquéfiée même après une longue période de culture.
Avant de terminer ce chapitre, nous insisterons sur le fait suivant: Ayant effectué des cultures sur des milieux minéraux renfermant comme source d’azote des sels ammoniacaux minéraux, nous avons été frappés par la luxuriance du développement de notre champignon sur de tels substrats en comparaison avec les milieux contenant de
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l’azote organique, et nous sommes en droit d’affirmer que de tels milieux constituent des aliments de choix pour notre Debaryomyces.
Nous avons, d'autre part, contrôlé l’action de notre levure sur le lait en la cultivant sur ce milieu additionné de tournesol, à des températures de +18° et de +27°.
Dès le deuxième jour nous avons constaté que la teinte vire au rouge; il se produit par conséquent une fermentation acide, malgré que nous ayons pu voir dans les expériences précédentes que le champignon n’assimilait pas le lactose; la caséine est précipitée au bout de trois semaines environ et, par la suite le coagulum formé, commence à se liquéfier lentement et le milieu devient limpide. Il y a donc dissolution et digestion de la caséine par la levure avec formation de sels ammoniacaux et de tyrosine dans le milieu.
La température optima est située entre +27° et +35°; la levure se développe très bien à +37°, mais l’évolution est arrêtée à +42°. On note un retard net dans le développement à +10°, mais la levure pousse encore à une température: de: 5%
Action pathogène expérimentale: L'action pathogène expérimentale a été examinée sur des souris blanches, des cobayes et des lapins. Nous avons fait une émulsion au moyen d’une se de culture dans 5 ce de sérum physiologique.
Une souris blanche a été inoculée avec 3 ce par voie intrapéritonéale; l’animal a succombé 23 heures après l'inoculation; l’autopsie n’a montré aucune lésion des organes; l’hémoculture pratiquée par ponction du cœur au moment de l’autopsie a été positive et nous a permis de voir des levures rondes à membrane à double contour.
Deux souris injectées avec la même dose et suivant la même technique ont survécu à l'épreuve, respectivement durant quatre et six jours; l’autopsie a montré un tube digestif normal, un foie normal, des poumons normaux;
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par contre, des taches punctiformes de couleur gris-jaunâtre se trouvaient sur la rate et sur la corticale des reins. Ces nodules prélevés ont microscopiquement montré la présence de levures; l’hémoculture était négative.
Deux autres souris injectées au moyen de 3 cc par voie sous-cutanéc donnèrent des signes de maladie pendant les premières quarante-huit heures; à l’endroit d’inoculation il se forme vers le troisième jour un abcès qui se développe suivant la voie lymphatique; les animaux ont survécu respectivement durant huit et onze jours; à l’autopsie hypertropbie du système lymphatique, surtout dans la région du train antérieur. Les poumons étaient parsemés de nodules punctiformes renfermant une grande quantité de levures. Entre la plèvre et le diaphragme nous avons noté la présence d’une grande quantité de sérosité purulente. Les autres organes internes n’ont pas été touchés; l’hémoculture était négative; la Ilymphe a donné des cultures positives.
Deux cobayes inoculés par la voie intrapéritonéale au moyen de 5 ce d’émulsion sont restés bien portants. Trois semaines plus tard nous pratiquons chez ces deux animaux des scarificalions sur la peau du dos au moyen de toile émeri chargée de levures. Les cicatrices ont été mises à l’abri de l’air durant les deux premiers jours. Huit jours plus tard il se forme des placards oedémateux sur la région traumatisée. Des croûtes apparaissent, qui tombent au fur et à mesure de la formation de petits abcès qui laissent sourdre un liquide séro-sanguinolent (Fig. 3). Vers le trentième jour de la maladie, les cobayes commencent à diminuer de poids; leurs poils se hérissent et les animaux semblent nettement malades. Ils succombent dans la semaine qui suit. L’autopsie ne révèle aucune lésion interne; l’hémoculture et les cultures à partir de la lymphe sont négatives, malgré l’abondance des levures dans les lésions cutanées.
Un lapin inoculé par voie sous-cutanée au moyen de 5 cc d’émulsion montre une infiltration oedémateuse qui se transforme en une sorte de tumeur dure se déplaçant à la
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pression; cette tumeur se résorbe dans les cinq semaines qui suivent. À partir de ce moment le lapin ne manifeste plus de signes de maladie.
‘Une inoculation pratiquée chez un autre lapin dans une veine de l'oreille montre la formation d’un oedème dans les premiers jours; celui-ci se résorbe. Une ponction au cœur pratiquée le sixième jour fournit une hémoculture positive, mais le lapin a survécu et une nouvelle ponction pratiquée 30 jours après donne une hémoculture négative.
En résumé, la levure récemment isolée est pathogène pour les souris et pour le cobaye; le lapin semble réfractaire. La souris est susceptible de succomber par une septicémie blastomycétienne ou de contracter une affection localisée principalement à la rate et aux reins et amenant la mort.
Par ces expériences nous avons démontré:
Que nous avons affaire sans aucun doute à un Debaryomyces pathogène pour l’homme et pour les animaux. Le pouvoir pathogène de cette levure est aussi développé que celui des Endomycétacées et des Hyphomycètes thallosporées, agents pathogènes par excellence des Blastomycoses. [Il nous semble, par conséquent, que l’hypothèse de OTaA et de SAsAkAWA, prétendant que les formes ascosporées sont moins pathogènes, ne se trouve pas fondée. D'autre part, l’évolution lente de la forme initiale observée dans les cultures issues de prélèvements pathologiques vers une forme végétative morphologiquement différente, semble prouver que l’opinion d’OrA sur la souche de HUDELO, DuvAL et LAEDERICH, conservée à Paris et à Londres, est très osée et il est fort possible que le cas de HUDELO, rappelant cliniquement étroitement le nôtre, était dû à une espèce de Debaryomyces très rapprochée de la nôtre. Dans un tableau ci-joint nous essayons de donner les principaux caractères de l’espèce de HupEeLo, décrite par HuDELO même, et examinée plus tard par DA FoNsECA et OraA et de notre propre espèce. Nous verrons que les caractères se rapprochent beaucoup et nous nous croyons en droit de désigner l’espèce isolée par nous sous le nom de Debaryomyces mucosus n.sp.
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Il nous semble intéressant, d’autre part, de rapporter ici que GOUGEROT à de même pu observer la mutabilité d’une levure isolée de produits pathologiques, qui, ensuite, par des ensemencements successifs, a évolué dans les cultures vers des formes mycéliennes (Zymonema). Nous ne pouvons, d’après nos propres observations, nous ranger à l’avis de SasakaWaA qui critique les constatations de GOUGEROT. Nous croyons que SASAKAWA, en examinant principalement des espèces provenant de différentes mycothèques, a eu ainsi affaire à des espèces fixées définitivement à force d’avoir été cultivées pendant plusieurs années dans les mêmes conditions qui ne peuvent être comparées aux conditions auxquelles elles sont soumises dans la vie parasitaire et lors des premiers repiquages à partir du matériel pathologique.
D'autre part, nous croyons utile d’attirer l’attention sur la question de l’emploi du pouvoir biochimique comme caractères différentiels : nous avons apporté un soin tout particulier lors de nos recherches sur ce point, étant donné que SASAKAWA attache une grande importance à ces propriétés, tandis que Ora ne leur reconnaît aucun caractère de critérium en ce qui concerne l'identification des différentes espèces de Debaryomyces.
Nos travaux nous donnent la preuve que le pouvoir fermentatif et assimilateur vis-à-vis des hydrates de carbone, contrôlé au moyen de méthodes rigoureuses, peut être considéré comme critérium dans la classification.
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