‹ Contribution à l'Étude des Blastomycœses HumainesChapitre 18 sur 27 · CS CE · texte numérisé non relu

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Sur les milieux de carotte, on voyait dès le deuxième jour après l’ensemencement, au niveau des particules tissulaires d’ensemencement l’apparition de petites colonies blanchâtres duveteuses qui se développaient le plus abondamment à la partie supérieure de la tranche de carotte. Ces colonies se sont réuni plus tard pour former un gazon homogène cotonneux, présentant à la surface des touffes filamenteuses dont les hyphes atteignaient jusqu’à 1/2 cm de longueur.

Sur les milieux de pomme de terre, ainsi que sur le jus de pomme de terre nous avons pu suivre les mêmes phénomènes avec cependant un léger retard dans l’apparition de ces éléments. Toutes ces cultures n’évoluaient que dans les séries de tubes placés à +37°, tandis que les colonies microbiennes apparaissaient dans les milieux disposés dans les conditions de +18° et +37°.

Dans les cultures à +37°, ensemencées avec les colonies mixtes contenant à la fois le Staphylocoque et le champignon, nous avons constaté, si l’on plante à la partie moyenne de la carotte, que la bactérie se dirigeait vers la partie profonde du tube alors que le champignon se développait dans la direction opposée, c’est-à-dire vers l’ouverture du tube de culture; ainsi s’organisait presque automaliquement une séparation nette entre les deux microorganismes.

En partant des milieux de carotte, nous avons finalement réussi à séparer les deux microorganismes lun de Pautre et à obtenir l’élément fungique en culture pure. Mais au bout du deuxième repiquage à l’état de pureté, nous avons assisté à un phénomène de dépérissement du champignon, dont la culture devenait chétive et les nouveaux ensemencements sont restés sans succès. C’est seulement quand nous avons eu l’idée de le replanter sur un milieu de sérum coagulé que l’organisme a repris sa vigueur initiale et en le cultivant alternativement sur carotte et sur sérum, nous avons finalement réussi à l’acclimater au milieu végétal pur et ainsi nous avons pu fixer ses pro-

priétés.

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Sur milieu de carotte que nous considérons comme le milieu de choix pour le champignon qui nous occupe, nous avons pu constater le fait suivant: le début de la végétation est chaque fois marqué par l’apparition d’une colonie blanche, formant une petite houppe très soyeuse, fine, qui grandit du plus en plus; elle est circulaire, ne tarde pas à envahir la partie supérieure du milieu, en restant toujours blanche. La croissance s'arrête vers le 12ème jour et se limite toujours au 1/3 supérieur du milieu (fig. 19).

A l’examen microscopique, le champignon se montre formé d’un mrycélium à filaments parfois très longs, souvent ramifiés en lanières de fouet (fig. 20); certains de ces filaments, en particulier les terminaux et les secondaires, sont assez fins, ne mesurant guère que de 1 à 2 », toutefois, quelles que soient leurs dimensions, ils sont toujours très cloisonnés. Les filaments principaux sont d’un calibre plus fort (jusqu’à 5 .); le cloisonnement est plus intense (fig. 18).

On est frappé par la ramification intense des filaments tantôt unilatérale, tantôt bilatérale. On voit aussi des formes pectinées, présentant un axe principal sur lequel s’insèrent de nombreux filaments secondaires très courts, de calibre fort et simulant de grandes dents.

Sur le trajet de certains filaments, nous trouvons des ampoules isolées, renfermant un protoplasme assez dense et de grosses gouttelettes de graisse; ces éléments sont, sur milieu de carotte, très nombreux, accompagnés de renflements piriformes (mycélium en raquette), rappelant les formations fréquentes dans le genre Microsporum.

Les hyphes filamenteuses peuvent atteindre des dimensions très longues, s’accolent alors entre elles pour former un véritable faisceau, constitué par des éléments cellulaires fortement cloisonnés. Dans bien de cas les filaments sont contournés et forment des anneaux lâches, lesquels supportent de nombreuses ramifications. Certains filaments sont munis de petits spicules; d’autres présentent un enroulement simulant un point d'interrogation. Par suite de ces formations on pourrait conclure à une forme Acladium.

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