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Des essais d'infection au moyen du staphylocoque trouvé dans les cultures d’isolement n’ont pas produit de phénomènes pathogènes chez le cobaye et chez la souris.
Les réactions de BORDET-GENGOU, WASSERMANN et DE VERNES, pratiquées au moyen du sérum de la malade, ont revêtu un caractère négatif; les antécédents de la malade permettaient, d’ailleurs, d’écarter le pronostic de syphilis.
La sporo-agglutination d’après la technique de WipaL et ABrAmi (131) a été effectuée au moyen de deux cultures différentes, l’une de Sporotrichum Beurmanni retirée de notre mycothèque, l’autre de notre parasite isolé de lésions de la malade.
Les deux cultures étaient âgées de cinq semaines et les spores ont été émulsionnées au moyen de sérum physiologique et cette émulsion examinée au microscope afin de vérifier la non-agglutination préalable du mélange. A cette émulsion nous avons ajouté du sérum de notre malade à différentes concentrations (par dilution au moyen de sérum physiologique) variant entre 1/50 et 1/2.000. La réaction s’est montrée positive en employant une dilution de culture du Rhinocladium (Sporotrichum) Beurmanni de 1/400. Quant à l’émulsion effectuée au moyen de notre Mycoderma isolé des lésions humaines mêmes, l’agglutination s’est produite seulement jusqu’à la concentration de 1/60.
Quant à la déviation du complément nous avons employé comme antigène les deux cultures précitées, âgées de quatre semaines. En utilisant d’après la technique habituelle 9 ce 1 d’antigène et 0 ce 1 de sérum de la malade, l’hémolyse ne s’est pas produite dans les deux cas; le complément était par conséquent déjà fixé et ces réactions ont donné un résultat positif.
Le phénomène de sporo-agglutination ayant donné un résultat nettement positif en expérimentant avec le Rhinocladium et un résultat douteux vis-à-vis du Mycoderma en étude, nous croyons utile de revenir sur ce fait en nous appuyant sur les constatations antérieures aux nôtres signalées principalement par JANNiN. Cet auteur fait remarquer que la sporo-agglutination doit être faite avec les
spores de différentes Mucédinées, et lorsque les résultats sont nettement positifs avec plusieurs espèces, on est en droit d’en tenir compte alors même que la réaction est peu nette avec le champignon du malade. Les expériences sont, d’ailleurs, délicates lorsqu'on opère avec le Mycoderma, dont les spores présentent de larges surfaces de contact soit entre elles, soit avec la lamelle.
Etant donné par conséquent le caractère nettement positif de la sporo-agglutination vis-à-vis du Rhinocladium Beurmanni et, d’autre part, le résultat positif obtenu lors de l’analyse au moyen de la déviation du complément et la constance du développement du parasite en cultures pures ou mélangées uniquement avec le staphylocoque dans des conditions variées, en partant de produits pathologiques prélevés d’une façon rigoureusement aseptique, nous avons la certitude par l’accumulation de ce faisceau de preuves qu’il faut écarter le diagnostic de sarcome et que la nature mycosique de l'affection est nettement prouvée.
Ce fait devient encore plus manifeste si l’on considère les résultats obtenus au moyen de la recherche de l’action pathogène expérimentale sur les animaux de laboratoire: des souris inoculées au moyen d’émulsions de culture âgées de 15 jours dans du sérum physiologique, par voie sous-cutanée, sont mortes avec des signes de cachexie caractrisée entre le quatrième et le dixième jour après l’inoculation. L’autopsie ne révèle aucune lésion mycosique caractéristique. La rate et les surrénales sont en général fortement hypertrophiées; on ne note pas d’adénopathie, même au point d’inoculation. Aucun abcès non plus à cet endroit. Des prélèvements de sang aseptiquement pratiqués par ponction du cœur ont donné dans tous les cas des hémocultures positives, quant au Mycoderma. Deux cobayes inoculés au moyen du prélèvement pathologique direct et mentionné antérieurement sont morts de cachexie au courant du quatrième mois de la maladie. Les observations de l’autopsie ont été décrites antérieurement et ne présentaient aucun signe macroscopique mycosique. L’hémoculture, par contre, a été dans les deux cas positive. Deux autres cobayes
inoculés au moyen de cultures âgées de 15 jours par voie intrapéritonéale ont survécu pendant trois mois; le 96e et le 105e jour après l’inoculation ils ont succombé. A l’autopsie nous avons pu constater chez l’un d’eux l’obturation du tube digestif qui présentait au niveau du pylore et dans la région du rectum deux ulcères végétants obstruant complètement le passage du bol alimentaire. Cette ulcération était très caractéristique, surtout au niveau du pylore où elle présentait des proliférations diffuses très prononcées dans la
muqueuse, et les parois de l’estomac étaient à cet endroit farcies d'éléments blastomycétiques, dont nous avons pu isoler par la culture de nouveau notre Mycoderma. L'autre animal présentait une sorte d’abcès compact, situé au début de l’œsophage, d’aspect cunéiforme et mesurant 2 cm sur 1 cm, très dur au toucher; les cultures pratiquées à partir du produit de broyage de cet élément inflammatoire ont encore donné naissance au Mycoderma (Fig. 16).
Ayant ainsi apporté la preuve sérologique et histologique et réalisé dans les expériences culturales et d’inoculation d’une part, la poussée de l’organisme, d’autre part la
production de lésions typiques, nous sommes en droit de conclure à la pathogénéité et à la spécifité du Mycoderma, dont nous avons déterminé la place dans la classification botanique par des expériences d’ordre morphologique, biologique et cultural.
Nous nous permettons de donner ici un tableau de comparaison, résumant les caractères essentiels de notre espèce, ainsi que ceux de différentes espèces examinées par JANNIN, afin de définir les affinités de notre Mycoderma avec les autres espèces de ce genre.
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Traitement:
Avant l’établissement du diagnostic précis, la malade était considérée comme une syphilitique; on a institué un traitement spécifique à base d’arsenic et de mercure, tout en traitant le foyer local au moyen de différentes pommades antiseptiques et adoucissantes. L'effet est resté tout à fait négatif; tout au contraire les métastases dorso-lombaires ont continué à évoluer, simulant des manifestations canceroïdes; en considération de ces faits on a eu recours au traitement rüntgenologique classique. On a appliqué dans un premier traitement sur la région de la rate, par doses fractionnées, 1.500 r; en même temps des irradiations ont été pratiquées sur les genoux alternativement, en exposant des champs antérieurs et postérieurs à des doses fractionnées de 1.500 r chaque fois. Avant le traitement radiologique le nombre des hématies était de trois millions par mm’; à la suite du traitement la formule sanguine s’est nettement améliorée et le nombre des globules rouges s’est rapproché de la normale.
En égard à cette amélioration on a repris quatre mois plus tard les irradiations en appliquant cette fois-ci les rayons sur la colonne vertébrale dans la région dorso-lombaire où se localisaient les foyers métastasiques. La malade a ainsi recu une dose fractionnée de 3.000 r. Par la suite les médecins traitants ayant constaté l’inefficacité du traitement radiologique, on nous a adressé la malade; les examens de laboratoire rigoureux décrits antérieurement ont été effectués et un traitement spécifique ioduré a été conseillé. |