CHAPITRE II
Action du Radium sur le Rhinocladium BEURMANNI et le MYCODERMA
en étude
Etant donné les résultats apparemment favorables obtenus par l’irradiation au moyen des rayons X et se manifestant principalement par un chanÿement favorable dans la formule sanguine de la malade, nous avons jugé intéressant d'examiner l'influence des rayons X sur l’organisme parasite cultivé. A cet effet nous avons effectué les expériences suivantes: Nous nous sommes adressé à deux souches de champignons différents. D’un côté nous avons employé des cultures du Mycoderma même et de l’autre une souche de ÆRhinocladium (Sporotrichum) Beurmanni, conservée dans la mycothèque du Laboratoire de Cryptogamie de la Faculté de Pharmacie de Strasbourg. Nous avons eu recours à ce champignon pour différentes raisons: en effet, le Rhinocladium se cultive facilement avec une grande luxuriance; cet organisme présente des caractères de fixité sans formes pléomorphiques et la formation de ses spores s’effectue avec une grande abondance et ses conidies sont de taiile moyenne.
Pour toute nos expériences nous avons utilisé des cultures âgées de quatre semaines sur milieu de SABOURAUD glucosé. A cette période nous prélevons la culture par raclage et nous triturons dans un mortier en verre en employant toutes les conditions d’une asepsie rigoureuse. Ayant ainsi effectué la séparation des spores, nous préparons une émulsion fungique dans du sérum physiologique. Ce mélange est ensuite filtré à travers du papier-filtre stérilisé de Schleicher et Schüll De N°598 dans le but de séparer
tous les éléments filamenteux et d’obtenir une suspension homogène et pure de spores dans du sérum physiologique. Ces préparations sont toujours effectuées à une température inférieure à +10°; dans ces conditions les spores se trouvant dans le sérum physiologique ne germent que très lentement et avec un retard marqué. Nous évitons donc ainsi les causes d’erreur résultant des conditions d’individualité différentes, par suites des stades cytologiques et mitotiques variés. :
L'irradiation est pratiquée au moyen de tubes de radium (134) renfermant 10 milligrammes de radium-éléments enfermés dans des filtres de platine de 1 mm d'épaisseur, de sorte que chaque tube fournit 75 microcuries par heure. L’irradiation est pratiquée dans des tubes de BoRREL pour cultures de tissus, stérilisés préalablement et fermés à la partie supérieure par une rondelle en verre fixée hermétiquement au moyen de colle «seccotine» et de cire à cacheter. Sur cette rondelle nous plaçons à l’aide d’une pipette de Pasteur stérile quelques gouttes de notre suspension homogène fungique. La culture est donc effectuée pendant l’irradiation en goutte pendante dans le sérum physiologique. Par le petit ajutage latéral du tube de BorREz, nous introduisons les tubes de radium qui sont
placés au fond du récipient à une distance de 5mm de la culture en goutte pendante. Puis l’ajutage latéral est fermé au moyen d’un tampon de coton et un capuchon en caoutchouc afin d'éviter l’évaporation. Les tubes de radium introduits dans le récipient à culture sont préalablement stérilisés par un passage à travers une flamme.
Deux séries de cultures des deux champignons sont chaque fois irradiées, une de ces séries a été maintenue pendant tout le temps à une température de +10°, tandis que l’autre se trouvait maintenue à +37°, six heures avant l’irradiation et durant celle-ci. Nous avons voulu ainsi étudier en premier lieu l'influence des rayons sur notre organisme parasitaire par comparaison avec le Rhinocladium Beurmanni et en deuxième lieu la différence de l’action du radium sur les spores de ces deux organismes se trouvant à l’état de repos ou à l’état de germination.
Les cultures ayant été irradiées au moyen de doses de radium différentes sont chaque fois repiquées sur des milieux neufs et ceci six heures après la fin de l’irradiation. L’ensemencement est pratiqué sur des cultures en plaque dans des hoîtes de PETRI à l’aide de milieu de SABOURAUD glucosé.
Nous avons noté chez les cultures témoins non-irradiées et chez les cultures irradiées les phénomènes suivants:
1° L'heure de l’apparition des premières colonies punctiformes macroscopiquement constatables.
2° L’intensité de la croissance suivant le nombre des colonies et la grandeur de celles-ci.
Dans ces observations nous nous sommes servi de l’échelle différentielle suivante:
a) Apparition des premières colonies punctiformes.
b) Présence de 10 à 20 colonies d’un diamètre ne dépassant pas 2 mm.
c) Nombreuses colonies plus ou moins grandes, mais non-confluentes.
d) Colonies se réunissant pour former un tapis homogène.
3° La période à laquelle la différence de croissance entre les témoins et les irradiées ne se manifeste plus.
Les doses de radium que nous avons employées par centimètre carré de surface ont été les suivantes: 0,2 millicuries, 1,25 millicuries, 4,8 millicuries, 14,5 millicuries, 24,4 millicuries. Nous exprimons dans les tableaux qui suivent la moyenne des résultats obtenus dans nos expériences qui ont été répétées trois fois: