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ganismes tout à fait différents; d’une part des levures asporogènes connues dans l’industrie sous le nom de Mycodermes ou champignons formant des voiles à la surface des liquides fermentesibles, comme nous l'avons déjà mentionné, mais qui ne sont pas des Arthrosporées, d'autre part des Bactéries telles que le ferment du vinaigre. Ces dénominations doivent tomber en synonymie et le nom de Mycoderma PERSOON 1822 ne doit s'appliquer qu’à des champignons arthrosporés. Cette définition des Mycoderma nettement établie, LANGERON continue son exposé de la façon suivante: Les Mycoderma sont encore souvent nommés improprement Oospora et Oidium; nous avons établi ailleurs que le genre Oospora devait tomber en synonymie. Les Oospora continus de GUEGUEN deviennent les Microsiphonées de VUILLEMIN, groupe nettement différencié de tous les autres champignons par un thalle bactériforme et par ses propriétés d’anaërobiose, d’iodorésistance et d’acidorésistance. Les Oospora septés de GUEGUEN ne sont autre chose que les Mycoderma: Hyphomycètes arthrosporés à thaile volumineux, tout à fait différents des Microsiphonées. Le groupe médical des Oospora doit donc disparaître en même temps que le genre botanique du même nom, pour céder la place à des dénominations précises et définitives.
Il en est de même du genre Oidium LiNcx. Ce nom a été appliqué par LiNCk à des champignons très divers: blastosporés (Monilia), arthrosporés (Torula), formes conidiennes d’Erysiphées. Depuis les travaux des frères TULASNE le terme d’Oidium doit être réservé à ces dernières qui sont des Ascomuicètes parasites des végétaux. Le mot Oidium ne peut donc plus être employé en Mycologie médicale et il faut le rayer définitivement de toutes les dénominations des champignons pathogènes.
Nous prendrons comme type de Hycoderma la première espèce découverte, fort répandue dans la nature: le Mycoderma lactise; on le trouve dans les macérations de céréales (et notamment dans celles du maïs), sur certains fromages et sur beaucoup d’autres matières organiques fermentescibles: on le rencontre d’une façon constante dans les liquides hYperacides (A. SarTory) (91).
me. OU ve
Le premier auteur qui le mentionne, le figure et en donne une description est DESMAZIÈRES (92). II lui donne le nom de Mycoderma Malti Juniperini, parce qu’il l’observe à la superficie des résidus de la distillation (drèche) de leau--de-vie de genièvre.
En 1851, BONORDEN (54) décrit et figure un Chalara Mycoderra qui n’est autre chose que le Mycoderma lactis, et c’est à tort que cet auteur le classe dans le genre Chalara de CORDA.
En 1852, FRESENIUS (93) décrit, figure et nomme Oidium lactis un champignon qu’il considère comme nouveau. Les auteurs qui ont suivi, paraissent avoir ignoré les travaux anciens sur ce sujet. Ils font remonter à FRESENIUS Ja première mention de ce champignon. Ce champignon présente un thalle irrégulièrement cloisonné, la longueur des articles diminuant à mesure que l’on se rapproche des extrémités. Chaque filament se ramifie en branches latérales naissant au-dessous d’une cloison et ne se développant le plus souvent que d’un seul côté. JANNIN (65) a pu observer un mycélium tantôt richement ramifié et abondamment cloisonné, tantôt une forme peu ramifiée, pauvre en cloisons, formant un lacis de filaments enchevêtrés (milieu liquide).
Souvent et particulièrement dans les crachats, l’examen microscopique montre des arthrospores rectangulaires et des tronçons de mycélium en voie de dissociation, dont certains éléments forment déjà des tubes germinatifs. Les spores sont rectangulaires, rondes ou elliptiques. Cet aspect qui suit la forme filamenteuse apparaît plus ou moins vite suivant la composition du milieu. Le calibre des filaments varie de 3 à 10 y.
Quant aux caractères du mycélium en vie parasitaire, JANNIN fait remarquer que l’adaptation à la vie dans l’intérieur des tissus réalise en général le type levuriforme ou blastomycétique. Lorsque le champignon peut végéter à la surface des lésions ou sur des lésions ouvertes, il offre des hyphes aériennes et les caractères microscopiques tels qu’on les observe dans les cultures et comme on a pu le constater