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pour le Mycoderma subtile de BABES (61), étudié par BLAN- CHARD, provenant d’ulcérations cutanées. Le parasite se présente alors sous la forme arthrosporée, soit avec les caractères habituels du Mycoderma lactis, soit avec les caractères aberrants déterminés par une longue hérédité parasitaire.
Le Mycoderma cutaneum de DE BEURMANN, GOUGEROT et VAUCHER (63) 1909, provenant d’une dermatomycose gommeuse ulcéreuse, existe dans les tissus et les exsudats purulents sous forme de cellules rondes, bourgeonnantes, à membrane translucide, à granulations chromatophiles et prenant généralement le GRAM. Aucune autre forme parasitaire n’a été observée.
Le Mycoderma pulmoneum, observé dans les crachats ou provenant de cavernes pulmonaires, a été toujours rencontré sous la forme filamenteuse, soit sous forme de filaments en voie de dissociation, soit à l’état d’arthrospores nombreuses mesurant 4 à 10 de largeur, présentant des stades de germination ou déjà en forme de mycélium fourchus ou en baïonnette.
On voit donc que dans l’analyse anatomo-histologique les champignons du genre Mycoderma peuvent se présenter sous des aspects très divers; d’après DE BEURMANN les cultures primitives pourraient même pendant quelque temps conserver leur aspect initial et se modifier seulement très lentement et progressivement à la suite de repiquages nombreux et succesifs, pour adopter finalement les caractères des Mycoderma typiques. Si d’après les expériences récentes cette mutabilité paraît douteuse, il n’en est pas moins vrai que le diagnostic d'une mycose à Mycoderma est fort difficile et on doit croire avec SAKURANE (69) que bon nombre de mycoses à Mycoderma ont été ainsi confondues avec d’autres blastomycoses.
Comme espèces pathologiques nettement établies nous citerons les cas décrits d’un côté par JANNIN et adoptés par LANGERON en y joignant quelques cas plus récemment isolés.
Le Mycoderma pulmoneum, désigné par BENNETT (66) en 1842 sous le nom d’Oidium pulmoneum, a été isolé de crachats tuberculeux et de lésions pulmonaires et retrouvé
plus tard par BALZER, BURNIER et GOUGEROT (64) dans une dermatomycose ulcéro-végétante.
La morphologie de ce champignon est la suivante: Longs filaments ramifiés, entrecroisés, parallèlement fasciculés, formés d’articles inégaux de 6 à 8y. sur 30 à 50; quelquefois on trouve des articles renflés de 9 à 12y de large. Les spores en place forment des chaînes de 4 à 12 éléments rectangulaires, placés bout à bout, les plus petites spores ont 3 à 4 y sur 6 à 10 y ; les plus grosses 8 à 24 u ; les moyennes 4 à 5 y sur 8 à 12 y. Les spores détachées forment des amas; elles sont rondes (6 à 8 y), quadrangulaires (4 à 6 y), rectangulaires (4 à 8 y), ovoides (8 à 12 y); quelquefois très grosses (10 sur 22 y). Les cultures sont blanches, réticulées, peu saillantes; sur gélose glycérinée elles forment des colcnies arrondies, isolées, confluentes en un large enduit blanc, luisant, parcouru de crètes étroites, peu proéminentes, entrecroisées irrégulièrement, souvent anastomosées, comme réticulées. Une auréole plate, plus ou moins large, entoure les colonies qui se recouvrent rarement, même avec l’âge, d’une poussière blanc mat. Sur pomme de terre, carotte, betterave glycérinée, l’aspect est identique, mais la culture se couvre plus souvent que sur gélose d’un enduit blanc mat. Les milieux gélatinés sans sucre ne sont pas liquéfiés; par contre, les milieux gélatinés glucosés présentent le phénomène de la protéolyse. Quant à l’action pathogène, les auteurs citent les faits suivants: Le rôle infectieux n’est pas douteux par un ensemble de preuves positives ou négatives; aspect spécial des lésions, formes mycéliennes dans les frottis de pus, culture oblenues à diverses reprises en partant de lésions différentes; sporo-agglutination positive à 1/60, influence nette, quoique lente de l’iodure de potassium. Certaines cultures ont été obtenues pures d'emblée sans association microbienne; des fragments de raclage incculés au cobaye ne l’ont pas tuberculisé et la réaction de WASsERMANN était négative. Les animaux de laboratoire inoculés par BALZER, BURNIER et GOUGEROT par voie sanguine ou intrapéritonéale ont succombé à des septicémies, et un rat inoculé dans le tissu conjonctif aurait présenté une ulcération anale mycosique.
Un autre Mycoderma pulmonaire a été étudié par VER-
pux en 1912: cette espèce avait été isolée par C40 (67) dans une bronchite chronique; il se trouvait en association avec Je bacille tuberculeux. Ce Mycoderma, appelé Mycoderma .Caoi VERDUN, a comme caractéristique la formation dans les cultures sur gélose ou sur carotte de bouquets de filaments très longs; en outre, il tue le lapin en 10 à 14 jours avec production de granulomes dans le rein, le foie et le cerveau. Des rétrocultures ont été obtenues à partir des foyers de l’animal.
Les Mycoderma Bogolepojfii N° 2 et N° 4 de JANNIN proviennent de lésions pulmonaires; ces espèces sont nettement définies par la forme de leurs spores supportées par des filaments qui ne se dissocient en aucun moment et ont véritablement l’apparence de sporophores. L'auteur insiste sur la présence d’un mycélium à gros et à fin calibre, qui lui permet de le différencier du M. pulmoneum; en outre, le M. Bogolepoffii N° 4 se distingue nettement de tous les autres Mycoderma par la présence de spores piriformes s’insérant directement sur les côtés d’un filament qui ne remplit plus aucune fonction disséminatrice et rappelant ainsi à certains égards les fructifications des conidiophorées. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces faits dans la description de notre cas personnel.
En 1923, FoNrToyNonT et BOUCHER (94), dans leur contribulion à l’étude des mycoses de Madagascar, décrivent un Mycoderma nouveau qui a été trouvé dans un abcès au poumon, accompagné de vomiques.
Ce Mycoderma a reçu le nom de M. rabasalama et s’est montré pathogène pour les animaux de laboratoire.
En ce qui concerne les blastomycoses cutanées dues à des Mycoderma, JANNIN distingue trois types de dermatites: 1° la dermatite ulcéreuse de BABÈS, caractérisée par les lésions ouvertes à aspect clinique spécial; 2° les derma-
tites ulcéro-gommeuses, et 3° les dermatites ulcéro-végétantes.
Dans cette catégorie nous pouvons mentionner le Mycoderma Sakuranei qui rentre dans le type ulcéro-gommeux
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et qui a été observé par SAKURANE au Japon dans des gommes sous-cutanées avec ulcérations du derme, avec néoformation du tissu cellulaire.
Vient ensuite le Mycoderma cutaneum isolé d’une dermatomycose ulcéro-gommeuse par DE BEURMANN, Gou- GEROT et VAUCHER en 1909. Dans ce cas les lésions primitives consistaient en infiltrats gommeux dermiques et hypodermiques disséminés, se produisant en différents endroits du corps à des intervalles de temps assez irréguliers et s’ulcérant secondairement.
Le Mycoderma pulinoneum, dont nous avons déjà souligné le rôle pathogène pulmonaire, a été également isolé après, d’une dermatomycose ulcéro-végétante disséminée par BALZER, BURNIER et GOUGEROT.
Jci il faudrait mentionner de même les Blastomycoses américaines dues au Mycoderma dermatitis, décrit par GILCHRIST et STOCKES (95) en 1898, et le Mycoderma immite produisant la dermatite à coccidoïdes ou Granuloma coccidoides, observée et étudiée pour la première fois par Rix- FORD et GILCHRIST (96) en 1897. Depuis, un grand nombre de cas américains de dermatites de GILCHRIST ont été signalés pour le Mycoderma immite, nous ne citerons que THORNE, OPHüLS et NorFir, MONTGOMERY, RIFKOGEL et MorROW (97), GARDENER et HALTON (98), WozBacx (99), Browx et d’autres auteurs, qui ont démontré que cette maladie a beaucoup d'apparence avec le processus évolutif de la maladie de GILCHRIST, qui, cependant, présente une allure plus maligne par suite de la diffusion du parasite par des spores endogènes à travers le système lymphatique. L’image clinique n’est pas uniforme; il se forme une adénopathie pseudo-tuberculeuse et les lésions cutanées ressemblent quelquefois à celles du mycosis fungoïdes, quelquefois aussi il se forme des nodules sous-cutanés indolores. LANGERON signale cependant l’absence complète de forme bourgeonnante dans les lésions et ne lui reconnaît pas le caractère d’une blastomycose, en l'étudiant toutefois à cause de sa ressemblance clinique avec la maladie de GILCHRIST.
Quant à la blastomycose de GILCHRIST, l’image anatomo-pathologique est toujours tellement semblable que les nombreux cas observés relèvent presque certainement du même agent pathogène. Le parasite apparaît dans les tissus morbides avec des caractères à peu près constants, tandis que les aspects culturaux sont souvent différents.
Dans les cultures le mycélium prend la forme de filaments hyalins ou granuleux à mode de ramification irrégulière: les spores naissent par cloisonnement des filaments, formant des chaînes terminales courtes. Les hyphes aériennes sont inconstantes, parceque GILCHRIST et STOCKES n’ont pas observé ces éléments, tandis que BUSCHKE a réussi à obtenir ces formations. Il existe le plus souvent des formes levures rondes ou ovales, et la prédominance des formes filamenteuses sur les formes levures n’est pas constante. Le champignon isolé par GILCHRIST possède par conséquent le mode de reproduction et les caractères des Mucédinées du genre Mycoderma et la maladie produite par ces parasites est à ranger dans les dermatites ulcéro-végétantes du côté des cas de BALZER, BURNIER et GOUGEROT.
Dans le groupe des dermatites ulcéreuses, le type qui doit servir à l’étude est le Mycoderma subtile qui a été trouvé en 1892 par BABÈS sur des ulcérations de la peau et désigné par lui sous le nom d’Oidium subtile cutis. Les symptômes de la maladie étaient caractérisés par des ulcérations pustuleuses disséminées et rondes, d’abord de la grosseur d’un pois, évoluant ensuite jusqu’à 2 cm de diamètre. Le fond de ces ulcères était rouge vif; les parois étaient taillées à pic et recouvertes de croûtes ou de plaques blanches et formées d’un tissu serré de filaments mycéliens fasciculés et s’élevant du fond de l’ulcère. L’examen microscopique montrait des hyphes cloisonnées s’épanouissant en filaments fertiles terminaux qui donnaient naissance à des chaînes de spores asexuées en forme de biscuits.
BABËS et RADULESGU ont réussi à transplanter ce champignon sur un lapin et pu reproduire chez celui-ci, après 3 à 5 jours, des ulcères analogues à ceux observés chez le sujet d'où le parasite avait été isolé.
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Cette maladie mycosique, caractérisée par des ulcères niultiples découpés à l’emporte-pièce et recouverts de végétations parasitaires luxuriantes ne présentant pas d’analogies, ni avec les mycoses ulcéro-végétantes ou ulcérogommeuses à Mycoderma, ni avec les dermatites végétantes, constitue un type très particulier mais rentrant nettement dans le genre Mycoderma.
Dans le même ordre d'idées il faut citer ici une blastomycose, observée dans le Sud de l'Amérique et principalement au Brésil, décrite pour la première fois par SPLENDORE (100) en 1912 et ensuite par EScoMEL (101) en 1915 et par CARINI (102), LurTz et TERRA. Les symptômes cliniques se font remarquer par des abcès cutanés à bords nets et à sécrélion putride, accompagnés par l’apparition d’une adénopathie et de formations nodulaires, attaquant principalement les muqueuses. L'agent cryptogamique formé par des cellules ovalaires ou rondes de 1 à 9 y. de diamètre se multiplie par bourgeonnement; le champignon est facilement cultivable et montre aussi des formes filamenteuses; les inoculations expérimentales ne réussissent pas dans tous les cas. Ce parasite, agent d’une blastomycose à lésions cutanées et muqueuses, est à désigner d’après LANGERON sous le nom de Mycoderma brasiliense SPLENDORE 1912.
Nous avons ainsi donné un aperçu général sur les blastomycoses causées par des champignons appartenant aux genres Debaryomyces et Mycoderma; nous avons pu voir que ces affections pouvaient attaquer des organes différents du corps humain.
En ce qui concerne les Blastomycoses en général, 3USCHKE et JOsEPH distinguent les catégories suivantes d’après les organes lésés:
1° Blastomycoses cutanées que nous pouvons subdiviser en 3 groupes comme nous l’avons déjà vu;
2° Blastomycoses des os et des articulations; 3° Blastomycoses du cerveau et système nerveux;
4° Blastomycoses abdominales et intestinales;
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5° Blastomycoses buccales et amygdaliennes; 6° Blastomycoses des kératites et conjonctivites;
7° Blastomycoses des vulvo-vaginites.
Nous avons pu nous rendre compte que pour les genres Debaryomyces et Mycoderma les organes les plus fréquemment atteints sont: la peau et les voies respiratoires.
Avant de décrire nos cas personnels nous allons donner un aperçu sur les pronostics et la thérapeutique de ces affections.