‹ Contribution à l'étude des blessures accidentelles de la vessieChapitre 10 sur 17 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Diagnostic

Lorsque la plaie, extérieure est baignée par l'urine, il ne saurait y avoir de doute, la vessie est atteinte ; quant au rectum ses lésions sont en général facilement accessibles au doigt.

Si le blessé sent des gaz passer par l’urèthre, si surtout, on voit apparaître au méat des matières fécales mélangées à l'urine, l'existence d'une fistule vésico-rectale est encore évidente. Le diagnostic, surtout le diagnostic précoce, est autrement pénible, lorsque ces signes font défaut au début. L'observation I, en offre un exemple frappant. Le rectum est perforé, on sent la solution de continuité ; mais la vessie l’est-elle ? [1 y a de la rétention, de la cystite, c'est vrai, mais ne voit-on pas couramment ces accidents à la suite d'un traumatisme de cette

importance ? L’orchi-épidydimite peut s'expliquer par le même mécanisme.

Enfin, il peut se faire que la communication rectovésicale ne se fasse pas sur le champ : elle peut, en effet, n'être pas primitive, mais relever secondairement de la contusion des parties blessées : ces parties se mortifient et forment une escharre qui ne tombe qu’au bout d’un certain temps. Il faut reconnaître que ces fistules secondaires sont rares ; nous n'en avons qu'une seule observation vraiment probante (Obs. V). L'observation [| montre la difficulté d'établir d'une façon certaine si la fistule est primitive ou secondaire. Au début on ne vit pas de trace d'urine sur les bords de la plaie, quelques jours après des matières passaient par le méat : on en conclut que la perforation était secondaire, due à Ia chute d’une escharre de la partie postérieure de la vessie. L'évolution ultérieure nous mit en possession d’un signe qui, lorsqu'il existe, doit faire pencher la balance en faveur de la perforation primitive : il se forma ultérieurement des calculs dont le noyau n'était autre qu'un lambeau de chemise ; très probablement le pieu avait pénétré d'emblée dans la vessie, entraînant ce témoin de sa pénétration.

On devra chercher soigneusement les moindres signes de péritonite ; c'est la complication la plus redoutable, presque Îa seule. La petitesse du pouls le ballonement du ventre, la percussion sur les côtés serviront à la dépister. L'absence d'écoulement de l’urine par la plaie et par l’urèthre, en même temps, que l'absence de matité vésicale fera redouter la

Se) 11 péritonite : on s’abstiendra dès lors d'injection vésicale. Au contraire, si l'on est sûr que le péritoine est intact, on pourrait par une injection colorée poussée dans la vessie s'assurer de l’existence d'une fistule vésico-rectale.

Signalons à titre de curiosité une cause d'erreur qui doit être rare : la simulation. Qu'on lise avec un peu d'attention notre dernière observation ; c’est la seule qui ait trait à une femme. Nous ne voudrions pas affirmer que l'explication qu'elle donne de la pénétration d’un crayon dans sa vessie à la suite d'une chute de cheval, ne soit à la rigueur possible, mais combien invraisemblable ! Avec la meilleure bonne volonté du monde, on a peine à croire qu'un crayon, ait pu, au moment précis de sa chute, se placer de telle sorte qu'il pénétrât juste dans la vessie.

Si, au moins, il s'agissait d’un pieu ou de quelque autre objet ? ... mais un crayon !

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