‹ Contribution à l'étude des blessures accidentelles de la vessieChapitre 9 sur 17 · CHAPITRE"TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE"TI

Complications

19 La péritonite.

20 [a persistance d’une fistule vésico-rectale. 30 Les calculs vésicaux.

4 L’orchi-épididymite. — La cystite.

5° L'infiltration d'urine.

10 La péritonite. — Nous relevons sept cas de péritonites dont six mortelles. Nous verrons au pronostic que la péritonite est la seule cause de mort dans les blessures qui nous occupent. On concoit toute l'importance de cette constatation.

L'intestin lui-même est parfois atteint (deux fois sur sept, Obs. IV. XXVIII). « La perforation du « vaginet du rectumn'aaucune autre conséquence en « général que d'exposer à la formation d’une fistule,

CAE mais la perforation de l’intestin à travers le péri- € toine est très grave car le malade se trouve doublement exposé à l'infection du péritoine, et par € l'urine, et par les matières fécales » (Pousson).

2° Fistules vésico-rectales. — Nous avons vu la fréquence de ces fistules (XXIIT, XXVIID. La fistule fait en quelque sorte partie de la symptomatologie ; ce n'est qu'au bout d’un certain temps, un mois par exemple, que sa persistance en fait une véritable complication : onze fois sur vingt-trois on note cette durée supérieure à un mois ; quatre fois l’intervention a été nécessaire pour amenèr la fermeture de cette fistule; dans huit cas, les observations ne permettent pas de préciser l’évolution ultérieure de la fistule. Si l'on compare cette statistique à celle de Bartels, on voit que les blessures de la vessie par le périnée donnent un pourcentage considérable de fistules persistantes, comparativement aux blessures de la vessie par un autre mécanisme.llfaut l’attribuer aux circonstances où elles se produisent. Les fistules vésico-recto-périnéales sont déclives, longues, anfractueuses, entretenues par l’action irritante des matières fécales, des échardes, des calculs bien * plus nombreux qu’en toute autre circonstance. 1 faut invoquer également la bénignité relative de ces blessures (voir Pronostic) : peut-être observet-on moins de fistules persistantes dans les autres lésions vésicales, par la raison bien simple que leur gravité plus grande emporte plus souvent le malade.

api

30 Calculs vésicaux. — C’est un fait bien connu que lescorps étrangers qui pénètrent jusque dans la vessie deviennent fréquemment le noyau de calculs ultérieurs. Nous ne présenterons donc pas ces calculs comme caractéristiques du genrede blessures que nous étudions, mais nous nous appesantirons davantage sur leur grande fréquence dans ces blessures. Cherchons-en les raisons: — L’expulsion spontané de ces corps étrangers est rare : 34/92 (d'après Bartels) sont ainsi expulsés spontanément. Il faut remarquer qu'il ne fait aucune distinction entre les différents modes de pénétration. Les échardes, les débris de pantalon, sans conteste, sortent malaisément, on peut s'en rendre compte par la lecture des Obs. VIII et XIT. L’empalement en effet se fait généralement sur un pieu, une fourche de bois; le corps pèse sur ces objets de tout son poids, les brise dans la plaie en morceaux pointus, irréguliers ; souvent un morceau de pantalon est entraîné dans la vessie et y demeure (3 cas).

On comprend aisément, par ce simple exposé, que l’empalement,plus que tout autre mécanisme, amènera le séjour dans la vessie de corps étrangers anfractueux, bien propres à servir de noyaux aux calculs. À ce point de vue, un instrument en fer est évidemment moins dangereux qu’un instrument en bois : le fer se brisera rarement dans la vessie, tandis que le fait est pour ainsi dire courant lorsqu'il s'agit de bois.

4 L'orchi-épididymite. La cystite. — L'orchi-

a A TRNE

0e épididymite est rare (1, XVIII). Un traumatisme qui atteint une région aussi voisine de l’urèthre postérieure devrait, semble-t-il, amener plus souvent cette complication. Les phénomènes de cystite sont les plus fréquents.

N'oublions pas que ces deux lésions sont, en somme, d'origineinfectieuse et que si, parfois, on n’a relevé qu'un traumatisme dans leur pathogénie, il n'en reste pas moins vrai que, dans bien des cas, il faut incriminer un cathétérisme septique (Obs. l). Ces faits sont bien connus aujourd'hui. La cystite peut reconnaitre pour cause de sa persistance la présence de corps étrangers dans {a vessie. « Résul- « tant eux-mêmes de l’'inflammation de la vessie, « ces calculs à noyaux hétérogènes l’entretiennent « et peuvent devenir ainsi le point de départ de « l'affection ascendante des reins » (Pousson).

50 L'infiltration d'urine. — Complication rare dans f’empalement; les plaies, faites le plus souvent par des pieux, des fourches, y sont généralement larges, déclives, l'urine s'échappe sans peine. L’unique cas d'infiltration que noussignalons se rapporte, en effet,à une chute sur une pince étroite et tranchante; la plaie, trop étroite,ne put faire un drainage suffisant de la vessie.

Toutefois la tendance actuelle des urologistes est d'abandonner cette théorie exclusivement mécanique de l'infiltration d'urine. Elle reste vraie au point de vue de la diffusion de l'urine dans les tissus péri-vésicaux, mais elle ne tient aucun compte d’un

MOT Mo fait capital: l'infection. Pour bien affirmer cette manière de voir on a proposé de remplacer la dénomination : infiltration d'urine, par cette autre, plus exacte : phlegmon urineux. Sans doute l’urine, même aseptique, est toxique, mais on peut dire que, dans le phlegmon urineux, l’'empoisonnement cède le pas à l'infection. Si l’on envisage la question de la sorte, l'explication proposée plus haut à la rareté du phlegmon urineux dans l’'empalement n'est plus suffisante : il faut admettre que l'infection y est rare. Pourquoi ? Peut-être est-ce parce que l'instrument s'essuye, en quelque sorte, sur les habits, sur les téguments externes avant de pénétrer les tissus périvésicaux, et surtout parce que l'urine de ces blessés n'est pas infectée antérieurement au traumatisme.

Page 1