‹ Contribution à l'étude des blessures accidentelles de la vessieChapitre 11 sur 17 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pronostic

Nous nous attacherons dans ce chapitre à démontrer la grande bénignité de la catégorie de plaies de la vessie que nous étudions, bénignité qui est une des caractéristiques de leur histoire.

Par opposition, rappelons d’abord, en quelques mots, la gravité des autres blessures de la vessie : « Le pronostic des plaies de la vessie est très grave, « cut persecta, vesica lethale, disait Hippocrate, « cependant la chirurgie moderne en a rappelé de « ce vieil aphorisme. » (Vincent, Pousson). Se rapportant plus immédiatement encore à notre sujet, nous citerons l'opinion de Daniel Mollière qui considère « les plaies du rectum comme particulièrement « graves surtout par leurs complications. »

Mortalité.

Plaies péritonéales, 6 morts (4, 5,8, 13, 26, =

D Dauéison OP Mau ie ke. Us 0207 0/0 Plaies extra-péritonéales (pénétration ue

néAle). 2 SUÉFISONS SU 2 pe men none 0 °/o Plaies extra-péritonéales Dorstenon quelcon-

ne) (PBarte le PR NS ee nn 24 °/o Mortalité générale des bless. vésic. par pénétration

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De ce tableau, nous tirerons les conclusions suivantes : 1° Dans l'empalement accidentel, il n'y aura à peu près jamais de terminaison fatale si la plaie resta extra-péritonéale ; 20 [1 existe une différence considérable au point de vue pronostic entre Îles blessures partant de la région périnéale et les blessures de la vessie par un autre mécanisme, la plaie restant extra-péritonéale dans l’un et l’autre cas (o */o et 24 0/0). Sans doute, on peut objecter qu'il s'agit d’une série heureus?, mais il reste une belle marge pour équilibrer les aléas d’une statistique ! 30 Malgré cette bénignité presque absolue des plaies extra-péritonéales par pénétration périnéale, l’ensemble donne encore une mortalité de 18,5 0). Il faut en conclure que la lésion du péritoine est fréquente dans l’empalement, sans doute parce qu’il comporte une puissance de pénétration considérable.

Quoi qu'il en soit, c'est un résultat assez inattendu que cette quasi innocuité des blessures extra-péritonéales de la vessie dans l’empalement; en effet, ce sont des accidents effrayants par leur mise en scène,

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il semble que les dégâts qu’ils produisent devraient être le plus souvent irréparables. Il n'en est rien. Comment expliquer cette apparente contradiction ? Nous ferons remarquer tout d'abord que dans l'empalement, le squelette n’est pas atteint; il l’est au contraire souvent lorsque le choc porte en avant du pelvis. Or, personne n'ignore la gravité des fractures du bassin et des ruptures vésicales qu’elles entrainent si souvent.

Bartels donne une autre raison qui nous paraît avoir une grande valeur. Il fait remarquer que l’ouverturé simultanée du rectum et de la vessie, si effrayante au premier abord, est en quelque sorte la sauvegarde des blessés. En effet, si l’on se souvient qu'en général, Finstrument vulnérant est assez volumineux, On conçoit sans peine qu'il existe une large communication entre la vessie et l'extérieur par l'intermédiaire du rect'1m ; l'urine s'écoule facilement, n'a aucune tendance à infiltrer la loge périnéale supérieure, complication d'autant plus dangereuse qu'elle se manifeste seulement au dehors alors que les désordres profonds sont irréparables.

Le drainage de la vessie et du trajet est assuré au prix d'une fistule recto-vésicale, avons-nous dit. Cette circonstance doit-elle assombrir considérablement le pronostic? Nous ferons remarquer qu'une seule fois, en somme (Obs. XVII) il ya eu persistance indéfinie de la fistule, et encore il s'est fait, dans ce cas unique, une suppléance remarquable. « L'urine s'amasse dans le rectum jusqu'à produire

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le besoin de défécation, et alors elle est expulsée

comme une selle liquide toutes les 2 ou 3 heures ». On le voit, même incurables, ces fistules recto-

vésicales peuvent, dans certains cas, n’incommoder

que modérément leurs porteurs.

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