‹ Contribution à l'étude des blessures accidentelles de la vessieChapitre 13 sur 17 · SORTE · texte numérisé non relu

SORTE

reste le malade soulagé ne la jugeait pas indispensable. Entre temps il avait expulsé un gravier.

4 novembre. — Vérification. — Nouvelle séance de lithotitie. La vérification a été faite au cystoscope qui a fait constater un petit fragment de la grosseur d'un haricot. Tout cela fut si simp'e que la présence d’une sonde à demeure après la lithotritie ne fut pas jugée nécessaire. Le séjour du malade ne fut que de quelques jours.

29 janvier 1900.: — UÜrines absolument limpides, sans sucre, ni albumine. Mictions non douloureuses, deux fois par Jour. La vérification au cystoscope, et à l'explorateur de Guyon est absolument négative. Guérison complète.

Observation II. — (D' Brion. New-Yovk, Med. Journal, 16 janv. 1806.)

V. T...,22 ans. — Il y a deux ans, chute sur un piquet de 1 pouce de diamètre et de 6 de lornig : il pénêtre tout entier en arrière de l'anus. Le malade le retire lui-même et voit un peu d’urine s'écouler par la plaie, mais pas de sang; il rentre chez lui sans trop de douleur; durant la nuit, des gaz, des matières fécales passent par l’urèthre; la blessure extérieure guérit en cinq semaines, mais l'urine continue à s'écouler à la fois par le rectum et l’urèthre.

Depuis sept mois, le malade souffre du périnée, la miction est parfois brusquement interrompue, la marche est pénible, il ya de la fièvre, le soir. On constate une pierre très volumineuse, une fistule recto-vésicale à gauche de la ligne médiane. Le malade est placé dans la position de la taille; on passe de forts fils desoie dans la partie postérieure du rectum, de chaque côté, et on fend le rectum jnsqu’au coccyx entre les fils qui tendent les deux lèvres de la plaie. L'introduction d’une large valve de Sims, l'action de deux écarteurs latéraux, permettent de faire, de l'œil et du doigt, une exploration satisfaisante. L'’index pénêtre dans la fistule er trouve une ouverture ovale {dans paroi du rectum), un canal oblique et court, d’un 1/2 pouce de long, un second orifice circulaire

DS LE (dans paroi de la vessie) et vientenfin en contact avec la pierre. De

Pour assurer un drainage efficace de Ja vessie, on décidé de faire une taille péritonéale médiane, on y arrive facilement et on en retire un calcul de 18 grammes. L'ouverture fistuleuse était alors pour ainsi dire sous les yeux, ses bords sont débarrassés de leur muqueuse et rapprochés par une suture de dix fils. L’incision faite volontairement à la partie postérieure du rectum, est suturée à trois plans : un premier porte sur la paroi intestinale; un second est placé interstitiellement, le troisième réunit la peau. De larges drains sont introduits dans le rectum, dans la vessie; dix jours après, le le drain rectal estenlevé; quatorze jours après, le drain périnéal. La fistule était complètement oblitérée.

Observation III. — (Rapportée dans la même séance que l'Obs. IT.)

Le D' Alfred Post rappelle un cas dans lequel un homme ayant sauté une barrière formée de piquets, l'extrémité de l’un d'eux pénétra le rectum et traversa la vessie. L'année suivante, il vint à la consultation, se plaignant d'uriner difficilement. En le sondant, on trouve un calcul dans sa vessie. Lors de laccident, un morceau de son pantalon avait été emporté. À deux ou trois reprises, on brisa le calcul et on en expulsa les fragments. Au dernier broiement, on sentit qu'un objet assez volumineux était engagé dans les mors de l'instrument. On leretire, non sans quelques difficultés, et on trouve le morceau de pantalon qui avait éé entrainé dans la vessie lors de l'accident. Il avait servi de noyau au calcul. I n'y avait plus de fistule. Guérison.

Observation IV.-— (D: Viccarp. Lyon Méd., 16 ).1808, in thèse Ecochard, Lyon 1899).

Jeune homme de 20 ans, en essayant de descendre d’une voiture, s'était empalé sur un crochet à foin. La tige de fer, en forme de harpon, avait pénétré exactement par l'anus; ne pouvant la retirer on la scia: À son entrée à l'hôpital, signes de péritonite putride.

My PUS

Laparotomie. — Le crochet est retiré par la pointe qui se trouve dans la région du pancréas en avant des gros vaisseaux, en arrière du péritoine. Le malade mourut dans la nuit. À l’autopsie on vit que le corps étranger avait traversé la vessie à sa partie postérieure et perforé l’intestin en trois endroits.

Observation V, — (Bounais, in thèse Ecochard).

L..., soldat, s'empale pendant les manœuvres. Il se laisse glisser d’un tas de paille sur une fourche de bois très pointue qui pénètre à gauche de l'anus. Le blessé arrache de la plaie l'extrémité de la fourche brisée, longue de 5 à 6 centimètres et s’affaisse en se plaignant de douleurs abdominales. Vomissements alimentaires; lavages et pansement de la plaie.

Dans la nuit, douleur atroce, soif vive, hoquet. Petite hémorrhagie en essayant d’aller à la selle. Anurie. T.:3706. Le lendemain, exploration de la plaie. Elle est oblique en haut, un peu à gauche et en arrière,se dirigeant vers le bord gauche du sacrum, longue de 6 centimètres admettant le petit doigt. Sondage de l’urèthre. Amélioration notable. Le lendemain écoulement, après un effort, d'urine par la plaie et première expulsion par l'anus (Fistules secondaire).

Le lendemain, c'est-à-dire deux jours après l'accident, T.: 38°, pouls 170. Ventre ballonné et tendu, douloureux dans la fosse iliaque. Vomissements bilieux. Mort le septième jour.

Observation VI. — (DELAGENIÈRE. CArch. proy. de Chir., 1898).

Un charpentier tombe d’un échafaudage de 1 m. 50, sur un piquet qui pénètre par le périnée et traverse la vessie de part en part. Laparotomie.Vessie apparaît distendue par les caillots ; sur sa face postérieure, empiétant à gauche, on trouve une plaie transversale de 2 cent. Suture ; lavage ; on referme l'abdomen en laissant un drain dans le bassin, en arrière de la vessie,

Puis on fait cystotomie sus-pubienne ; la vessie est

AT

or

dénudée sur sa portion sus-péritonéale, puis incisée. Sur la partie latérale gauche du trigone vésical on découvre une ouverture dans laquelle apparaît l'extrémité de la compresse introduite par la périnée ; elle admet deux doigts ; on renonce à suturer, on se contente de tamponner fortement. On instale un siphon sus-pubien (de Périer) qui est remplacé, quelques jours après, par une sonde de Pezzer ; sept jours après l'opération il ne s'écoule plus d'urine par le périnée. Au 25e jour, la sonde sus-pubienne est supprimée, on sonde le malade par l’urèthre. Le 60€ jour il sort guéri.

Observation VII (1). — (Hurner, Deutsh-Klin, 43- 1866).

Jeune homme tombé sur une fourche. Pénétration (5 à 6 pouces) dans l’anus, traverse le rectum au-dessus du sphincter et gagne la vessie. Aussitôt épreintes et pertes de sang par l’anus; miction douloureuse. Deux heures après des caillots s'échappent de la plaie rectale, puis une quantité: considérable d'urine se fait jour par la même voie. Péritonite localisée, compresses glacées. Au bout de 16 jours, la miction et la défécation reprennent leur cours normal.

Observation VIII. —(C.Garrrey Med Times,7-1865). Un cultivateur tombe sur une fourche. L’instrument pénètre à travers le rectum. Pas d'urine à travers la plaie. Peu de sang. Collapsus. Vomissements. La vessie est remplie d'urine sanglante. Compresses chaudes. Alcool. Opium. Quelques temps après l’urine etles matières passent par la blessure.

Observation IX. — (PErRIN-THOUvENIN, Bulletin de la Société de Chirurgie de Paris, 3° série 1872).

M..., serrurier, 50 ans, d’une bonne santé habituelle, alcoolique, était monté sur une échelle pliante pour poser des ferrements au haut d’une fenêtre, lorsque l'échelle a glissé

(1) La plupart des observations qui suivent ont été empruntées au mémoire de Batrels. Nous regrettons de n'avoir pu les retrouver toutes in extenso. Il nous a été impossible de retrouver tous les originaux indiqués par cet auteur.

en s’ouvrant sur le parquet et il est tombé de manière à être empalé par le pied d'une chaise retournée sur une autre chaise. Le sphincter a été déchiré et le pied de la chaise s'est enfoncé de manière à pénétrer, recouvert d'un morceau de pantalon, enlevé comme à l’emporte-pièce, jusque dans la vessie. M... a été porté dans son lit sans que la présence du drap dans sa vessie eût étéle moins du monde soupçonnée.

Les soins ont consisté dans la position élevée du siège et le rapprochement des lèvres de la plaie qui était constamment baignée d'urine ; puis lavages répétés avecde l’eau pure ou légèrement chlorurée. Une sonde, introduite le premier jour dans le canal de l’urèthre, pénétrait tantôt dans dans la vessie, tantôt dans le rectum, à travers la plaie. J'ai essayé de laisser séjourner une sonde dansla vessie, mais, au bout de très peu de temps, 24 heures à peine, elle avait créé une uréthrite très douloureuse ; j'ai enlevé la sonde qui n'empéchait pas, du reste, à l’urine de passer en totalité dans le rectum. En introduisant la sonde dans le canal, j'avais déterminé une contraction énergique de la vessie, de sorte qu’un jet considérable d'urine avait été projeté avec force à travers le rectum, et j'en fus d'autant plus surpris, qu'avec une plaie aussi large, il ne devait presque plus rester d'urine dans la vessie. Vers dix jours après l'accident un peu d'urine a commencé à passer par le canal, lorsqu'un jour, brusquement, impossibilité d’uriner. Je l'ai sondé et, sans avoir éprouvé la moindre sensation de la rencontre d'un obstacle, sans même, je crois, avoir introduit la sonde jusque dans la vessie, l'urine est venue et est sortie à plein jet.

Cette impossibilité d'uriner s'était présentée trois ou quatre fois encore dans l'espace de 5 à 6 jours et avait toujours fini par céder après quelques tentatives pour uriner ou avec la sonde, lorsque, dans la nuit du 28 au 29 avril, après plusieurs heures d'effort et de souffrance, une sorte de bouchon a été projeté violemment du canal. Ce bouchon était un morceau de drap de 6 à 7 cent. qui avait été enlevé du fond de li culotte de M... pendant la chute, et avait pénétré dans

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