‹ Contribution à l'étude des blessures maxillo-faciales: Les déviations du maxillaire inférieur indépendantes des fractures ou luxations de la mandibuleChapitre 16 sur 44 · LE ÉTÉ · texte numérisé non relu

LE ÉTÉ

laire inférieur, et c’est sans doute des cas de ce genre que Lebedinski et Virengue ont eu l’occasion d’observer, puisqu'ils disent : « La fracture de la coronoïde, même dans le cas de grands déplacements, n’a aucune importance, qu'il y ait fracture de la coronoïde ou section du tendon temporal, il n’en résulte aucun trouble fonctionnel très appréciable.» Or s’il . en est ainsi lorsque la fracture est peu étendue ou ‘que les fibres musculaires ont été respectées en nombre suffisant, le fait est loin d’être la règle, et comme il faut s’y attendre, la fracture basse de la coronoïde emportant avec elle la majeure partie des insertions temporales, entraîne, à la période d'état, l'apparition d’une latéro-déviation mandibulaire du côté sain (obs. II). Cette lésion équivaut en effet à la suppression physiologique unilatérale d’un temporal, de même d’ailleurs que lorsque la section porte plus haut et ne s'accompagne pas de fracture de la coronoïde (obs. I). Le mécanisme de cette latéro-déviation croisée est absolument analogue à celui que nous avons indiqué en ce qui concerne les muscles masséters. Cependant une différence existe en rapport avec la physiologie normale de ces muscles, alors que le masséter est légèrement diducteur et propulseur, le temporal n’a plus d'action oblique, et son action élévatrice se combine seulément à une LÉGÈRE RÉTROPULSION (fibres horizontales) : une action to-‘ nique diductrice du temporal sain ne peut donc être invoquée ici, et seule la diminution de la résistance opposée aux abaisseurs du côté lésé entraîne le maxillaire du côté sain.

En général, d’ ailleurs, comme le fait remarquer Herpin, des tractus fibreux s’établissent vite au niveau de la fracture coronoïde et de la lésion mus-

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culaire, et des modifications peuvent s’en suivre dans la symptomatologie et dans le sens de la latérodéviation. L’Obs. VI est particulièrement instructive à ce point de vue: un blessé est attcint par une balle qui transfixe la face de part en part, dans le sens transversal, entrant en avant de l’oreille droite, sortant en haut de l'oreille gauche ; ce blessé présente une fracture de la coronoïde droite, et une lésion symétrique du côté opposé constatées à la radiographie sans lésions temporo-maxillaires. Au début, pas de latéro-déviation, l’équilibre musculaire étant maintenu par la suppression simultanée des deux muscles temporaux. Mais lorsque la consolidation de la fracture coronoïdienne se produit à droite ; la fracture gauche n'étant pas encore consolidée : l’action du temporal gauche étant seule supprimée, le temporal droit rétabli dans sa fonction entraîne une latério-déviation à droite, c'est-à-dire croisée, la section temporale n’existant plus qu’à gauche.

Mais à un stade plus avancé encore de la blessure, le sens de la latéro-déviation peut varier, la fracture est désormais consolidée et les lésions ostéo-musculaires se trouvent engaînés dans un processus fibreux cicatriciel très dense qui n’est pas sans retentir sur la physiologie du musele et sur les déviations qui en résultent. Ce processus de sclérose est à ce niveau, comme dans. la région condylienne de formation très précoce comme l’a observé Herpin, et dans ce cas, alors même que la coronoïde n’est qu'imparfaitement consolidée, les tractus cicatriciels adhérents à la branche montante et engaînant les fibres temporales peuvent être suffisamment puissants pour provoquer l’apparition d’une latérodéviation directe, succédant ou non à la latéro-dévia-

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tion alterne: dans ce cas, la concomitance de la constriction des mâchoires est la règle.

En dehors de ces lésions basses qui sont de beaucoup les plus fréquentes, le temporal peut être lésé. plus haut au niveau de la fosse temporale et partiellement détruit (obs. I), avec production de latéro-déviation alterne, mais la disposition anatomique de ces insertions temporales fait que la section complète du muscle à ce niveau est difficile à réaliser et ne porte en tout cas que sur une partie de ces fibres.

Enfin, tonjours au cours des blessures de la face, on peut observer la paralysie du muscle temporal, rapidement suivie de son atrophie. Imbert et Réal font observer qu’à cause de sa triple innervation provenant à la fois de tronc du maxillaire inférieur, du nerf buccal et du nerf massétérin, la paralysie complète du temporal d’un côté atteste La lésion du tronc du nerf maxillaire inférieur, à sa sortie de la base du crâne, au niveau de la fosse zygomatique, et par conséquent ne s’observe pas isolément, mais fait partie du syndrome complexe de la paralysie de ce nerf.

En dehors des blessures maxillo-faciales, la paralysie isolée unilatérale du temporal ne s’observe pas non plus. Elle fait partie des syndromes de paralysie masticatrice unilatérale, d’ailleurs rares, provenant de paralysie du trijumeau, en rapport en général avec des lésions méningées.

Enfin si l’atrophie unilatérale du temporal accompagne cerlaines fractures de la branche montante, elle ne s'observe pas à l’état isolé, et par conséquent ne peut être responsable de syndrome de latéro-déviation alterne.

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8) Latéro-déviations par excès.

Réserve faite de l’action légèrement diductrice du massélier c’est par un mécanisme absolument analogue à celui que nous avons envisagé pour le masséter, que la contracture unilatérale du temporal entraîne l’apparition de la Latéro-déviation homonyme. Les cicatrices fibreuses sont ici, nous l’avons dit, particulièrement denses au niveau de la région du ten-

! don d'insertion et dans la région rétro-zygomatique, les causes signalées comme pouvant provoquer l’hypertonicité musculaire du masséter sont sensiblement les mêmes au niveau du temporal : projectiles inclus, ostéite de la fosse temporale, esquilles de la même région, etc. ; nous n'avons pas à y revenir, pas plus que sur les modalités de cette contracture inflammatoire ou fonctionnelle. Nous avons signalé les fractures anciennes de l’apophyse coronoïde (obs. XVI et XVI).

Dans ces cas de contracture ou de fibrose du temporal, il y a lieu de noter qu'il ne s’agit pas en général d’une latéro-déviation simple du côté lésé, bien que, conformément à la physiologie normale du muscle temporal, cette déviation latérale s’accompagne en même temps d’un certain degré de rétropulsion (déviation disto-latérale), et cette remarque est intéressante au point de vue du diagnostic et du traitement.

C) PTÉRYGOÏDIEN INTERNE.

Ce musele, moins superficiel que les précédents, et bien protégé par la branche montante en dehors est moins rarement lésé que les précédents, à moins qu'il

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